Ouverture de l’atelier de restitution et de diffusion des résultats de l’enquête STEPS Niger 2021: Pour la surveillance des Maladies Non Transmissibles les plus courantes et de leurs facteurs de risque

Société
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Le ministre de la Santé Publique, de la Population et des Affaires Sociales, Dr Idi Illiassou Maïnassara a présidé le 10 décembre dernier, au Palais des Congrès de Niamey, la cérémonie d’ouverture de l’atelier de restitution et de diffusion des résultats de l’enquête STEPS Niger 2021. Cette enquête a été réalisée par ledit Ministère avec l’appui technique et financier de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et du PASS ENABEL.

D’après le ministre en charge de la Santé Publique cette enquête vise à faire le point de la situation des Maladies Non Transmissibles (MNT), à combler le déficit en matière des données et d’informations fiables et sûres à même d’orienter la prise de décision et la planification des interventions dans ce domaine. Elle est aussi un véritable outil pour le cadre mondial de suivi des indicateurs et cibles volontaires pour la prévention et le contrôle des MNT. Dr Idi Illiassou Maïnassara a ensuite relevé les principaux résultats enregistrés à l’issue de cette enquête.
Ainsi l’enquête nous apprend que plus d’un Nigérien sur quatre à une pression artérielle élevée et que 89,7% d’entre eux n’étaient pas diagnostiqués. En outre plus de quatre Nigériens sur cinq consommaient insuffisamment des fruits et légumes, c’est-à-dire moins de 5 portions de fruits et légumes par jour tandis que 6,2% des Nigériens consommaient du tabac ; 12,6% ne pratiquaient pas une activité physique régulière ; environ un sujet sur 10 (9,8%) était en surpoids et environ un sujet sur 20 (4,9%) était obèse ; 84,3% avaient entre un à deux facteurs de risques des MNT et environ un sujet sur dix (9,8%) avait entre trois à cinq facteurs de risque des MNT. Ces résultats forts inquiétants, doivent, a dit le ministre en charge de la Santé, interpeller la conscience de tous (pouvoirs publics, managers et prestataires de santé, PTF, médias, société civile et l’ensemble de la communauté bénéficiaires).
Ces résultats doivent aussi, a-t-il soutenu, amener à placer les maladies non transmissibles à un niveau de priorité le plus élevé. Ils appellent également à des actions novatrices, concertées, intégrées et surtout bien coordonnées, de prévention intersectorielle. En effet, si rien ne se fait dans un avenir proche, les adultes nigériens même s’ils échappent à la menace de la pandémie de la COVID-19, n’auront pas de chance de vieillir dans de bonnes conditions, a prévenu Dr Idi Illiassou Maïnassara. Le ministre en charge de la Santé a enfin invité tous les partenaires techniques et financiers du secteur de la Santé à se joindre au gouvernement pour qu’ils puissent ensemble lutter efficacement et de manière coordonnée, contre ces maladies au Niger.
Selon la chargée du programme MNT à l’OMS Niger, Dr Gbaguidi Aïchatou Diawara, les MNT (Diabète, les maladies cardiovasculaires, les pneumopathies obstructives, le cancer et les maladies mentales) constituent un fléau mondial dont le Niger n’est pas épargné. Ces maladies constituent la cause de 71% de l’ensemble des décès dans le monde, tuant ainsi 41 millions de personnes chaque année. «En effet, selon le dernier profil pays 2018 des MNT établi par l’OMS, au Niger, on estime que les MTN sont responsables de 27% de tous les décès en 2018, avec 11% pour les maladies cardiovasculaires, 3% pour les cancers, 1% pour le diabète, 2% pour les maladies respiratoires chroniques et 10% pour les autres MNT», a rapporté Dr Gbaguidi Aïchatou Diawara. C’est dire que, a-t-elle soutenu, la transition épidémiologique des maladies infectieuses vers les MNT est déjà amorcée. «Et nous devons aussi renforcer le système de santé à faire face à cette nouvelle situation épidémiologique», a-t-elle déclaré. Pour la chargée du programme MNT à l’OMS Niger, la survenue de la pandémie à COVID-19 a largement démontré que les patients présentant les MNT sont ceux qui présentent un risque plus important d’hospitalisation ou de décès lorsqu’ils sont infectés par la COVID-19.
Pour sa part, Dr Vicente PARDO INIESTA, co-responsable du PASS ENABEL, a indiqué que c’est un ouf de soulagement d’arriver à la fin du processus avec des résultats très parlants sur la réalité de ces maladies dans le pays. Il a également fait une mention spéciale à toute l’équipe du Ministère de la Santé et du Programme National de Lutte contre les MNT, qui a mené à bien cette opération d’envergure nationale couvrant entièrement le système de santé dans les régions et les districts.
Aïchatou Hamma Wakasso(onep)