Une cherté liée à l’approvisionnement du marché selon les commerçants
Sur les marchés de Niamey, certains produits maraîchers connaissent une hausse modérée de leurs prix ces dernières semaines. Au marché de Dolé et au Petit Marché, réputés pour l’approvisionnement en légumes, les consommateurs font face à des difficultés d’accès à des produits tels que la tomate, la carotte, le poivron, le piment frais, le concombre, le chou ou encore l’aubergine. Selon les commerçants, cette situation s’explique principalement par une offre moins abondante en cette période, les prix variant également en fonction de la provenance et de la qualité des produits.
Depuis quelques mois, les consommateurs traversent une période difficile en raison de la hausse des prix de certains légumes, des produits indispensables à la cuisine nigérienne. Rencontré le lundi 29 juin 2026 au marché de Dolé, Idrissa Moumouni, vendeur de légumes en détails, confirme que plusieurs produits phares de la consommation locale, notamment la tomate, le chou, la carotte, le poivron et le piment frais, connaissent une augmentation de leurs prix. « Actuellement, nous recevons surtout des produits en provenance du Nigeria. Les prix varient en fonction de leur qualité et de leur provenance », précise-t-il.
Les légumes n’ont pas de prix fixes. « Le sac de 50 kilogrammes de piment frais, qui coûtait 25 000 FCFA, se négocie aujourd’hui à 50 000 FCFA. Quant à la caisse «Killa» de tomates, elle se vend actuellement à 50 000 FCFA, contre 20 000 FCFA il y a quelques semaines. En revanche, le prix de l’aubergine a baissé, le sac est passé de 20 000 FCFA à 10 000 FCFA. Le sac de 50 kilogrammes de chou est actuellement vendu à 18 000 FCFA, contre 20 000 FCFA auparavant. Le sac de 50 kilogrammes de carottes est vendu à 18 000 FCFA », ajoute-t-il.
Pour ce revendeur, la principale cause de cette cherté est la rareté des produits, dont l’offre ne parvient plus à satisfaire la demande des consommateurs. Le commerçant souligne également que cette activité est confrontée à plusieurs difficultés. Les vendeurs privilégient d’abord les produits issus de la production nationale lorsqu’ils sont disponibles. « Ce n’est qu’en cas de rupture de stock que nous nous approvisionnons dans les pays voisins. Si la production nationale parvient à couvrir les besoins de la population, les prix resteront abordables. L’importation des marchandises entraîne des coûts supplémentaires liés au transport et aux nombreuses tracasseries routières. Nous dépensons beaucoup d’argent tout au long du trajet. Nous sommes contrôlés à plusieurs reprises, comme si nous transportions des produits illicites », se plaint-t-il.
Souleymane Issa, également revendeur de légumes au Petit Marché, partage le même avis. Selon lui, l’irrégularité des approvisionnements joue un rôle déterminant. « Si les produits n’entrent pas tous les jours, cela entraîne automatiquement une hausse des prix sur les marchés. Le sac d’oignon, coûtait 8 000 FCFA au départ d’Agadez, mais aujourd’hui celui de Tahoua se négocie à 12 000 FCFA. Quant au poivron, le sac de 100 kilogrammes était à 8 000 FCFA, avec des variations selon la qualité, il se négocie à 30.000 FCFA aujourd’hui » explique le revendeur.
Pareil pour l’ail. Issiakou Issa, vendeur rencontré au Petit Marché spécialisé dans la vente de ce produit, indique que les prix ont également augmenté. « Je me ravitaille au marché Dolé. Le sac d’ail, en provenance d’Agadez, m’a coûté 58 000 FCFA, la vente se fait ensuite au détail : la tasse se négocie entre 4000 FCFA et 5 000 FCFA. Pour s’adapter au pouvoir d’achat des clients, je propose parfois de petits tas à 50 ou 100 FCFA. L’ail se fait rare même au niveau du lieu d’approvisionnement. Cette rupture aussi peut provoquer une augmentation de prix », a-t-il confié. Cependant, avec la hausse des prix, ce commerçant constate un ralentissement des ventes. « Nous avons des difficultés d’écoulement, il faut faire plusieurs jours avant de vendre un sac. Les clients se font rares », déplore-t-il.
Abdoul, un autre commerçant rencontré au marché Dolé, évoque également l’évolution des prix de concombre. Selon lui, le sac de concombre produit au Niger se vendait à 7500 FCFA, mais aujourd’hui, il est à 18 000 FCFA.
Du côté de la pomme de terre, M. Abdoul Rachid, indique que la marchandise provient principalement d’Algérie. « Nous achetons le sac de 50 kilogrammes entre 40 000 FCFA voire 50 000 FCFA, pour revendre en détail à 800 FCFA le kilo. La rareté de ses produits est liée à la période », indique-t-il. Au petit marché de Niamey, M. Oumarou Bawa, fait le même constat concernant les légumes. « Nos clientes ont parfois du mal à comprendre cette hausse qui est vraiment liée à la période. La caisse de tomate est à 50.000 FCFA et le sac de poivron coûte 35 000 FCFA », a-t-il annoncé.
Mme Mariama, une cliente venue se ravitailler au petit marché se plaint de la cherté des légumes. « Je quitte le quartier Harobanda pour venir payer mes condiments, cette fois ci je trouve vraiment que les légumes sont très chers, j’ai du mal à remplir mon panier. La tomate est devenue plus chère au point où je ne l’utilise plus dans mes préparations », se lamente-t-elle.
Rabi I. Guero (ONEP)
