Farmo M.
A la lecture de la résolution adoptée le 12 mars 2026 par le Parlement européen, on ne peut s’empêcher d’évoquer le traité de Carlo Maria Cipolla : « Les lois fondamentales de la stupidité humaine »
Comment peut-on en effet exiger d’un pays résolu à se soustraire de l’hégémonie colonialiste et impérialiste de l’Europe, d’un pays qui, contre la soumission et la servilité a choisi l’indépendance et la souveraineté, de libérer « le principal partenaire des forces européennes au Sahel » et « l’allié clé de l’Europe » ?
Dans quelle catégorie de la stupidité : le crétinisme ou le banditisme, faut-il placer la démarche consistant à exiger « le rétablissement de l’ordre démocratique, y compris la réintégration des partis politiques et l’organisation d’élections libres et équitables », au regard des décisions prises à l’issue des Assises nationales pour la Refondation, notamment la suppression des partis politiques et la durée de la Refondation fixée à 5 ans ajustable en fonction de la situation sécuritaire et de l’agenda de la Confédération de l’AES.
Pourquoi obtempérerions-nous à des injonctions d’outre-mer ? Pour restaurer une hégémonie en déclin, un système politique décrié, un système économique cannibale ? Pour mettre notre destin entre les mains d’une classe politique servile et d’hommes politiques soumis, partenaires principaux et alliés clés de l’Europe ? Ou encore, pour faire plaisir à la belle Europe, fille d’Agénor et de Téléphassa, pour nous dédire, et mettre fin à la marche révolutionnaire entamée le 26 juillet 2023 ?
Allons donc !
Si l’ingratitude est une maladie non transmissible à l’homme, selon les dires de Macron, la stupidité elle non plus n’est pas une maladie transmissible à l’homme.
L’Europe et son parlement doivent se rendre à l’évidence : ici, au Niger, ils ne jouissent d’aucune autorité ni d’aucune compétence ; leur crédibilité est nulle et leur réputation n’est que risée. Nous avons débouté leur droit inique et répudié leurs valeurs décadentes. Nous refusons leur immixtion intempestive dans nos affaires, et opposons à leur insolence notre dignité imperturbable.
La stupidité dont il est question ici ne se limite pas au sens trivial, c’est une catégorie dont la caractéristique essentielle est la capacité de nuisance. « Le potentiel d’un être stupide, dit Cipolla, est lié à la position de pouvoir ou d’éminence qu’il occupe dans la société. Parmi les bureaucrates, les hommes politiques, on trouve sans peine de superbes exemples d’individus fondamentalement stupides ». Assurément, Christophe Gomart porteur de la résolution et les 523 autres eurodéputés qui ont voté en faveur de la résolution, le parlement européen lui-même, qui l’a adoptée, peuvent entrer dans cette catégorie.
En ces temps de rareté énergétique, marquée par les difficultés d’approvisionnement en pétrole et en gaz venant du Moyen-Orient et de Russie, la présidente de la commission européenne, Ursula von der Leyen traitant récemment du nucléaire, a déclaré que « l’Europe a fait une erreur stratégique en tournant le dos à une source d’énergie fiable, économique et peu émettrice ». Elle s’est sans doute souvenue que la fission d’un gramme d’uranium 235 produit autant d’énergie que la combustion de deux tonnes de pétrole.
Mais l’Europe n’a pas d’uranium, elle n’en produit point. Pour s’en procurer ailleurs, elle doit activer sa capacité de nuisance. Le maître américain a ouvert la voie du rapt énergétique en Amérique latine (Venezuela) et au Moyen-Orient (Iran), l’Europe, sa vassale, considérant l’Afrique comme sa chasse gardée, compte bien lui emboîter le pas.
Le théâtre de la mise en œuvre de la capacité de nuisance européenne est tout indiqué : le Niger, contrée dans laquelle pendant longtemps, quand la France ne subtilisait pas l’uranium, elle achetait le kilogramme pour trois fois rien c’est-à-dire à 0,73 euros (480 F CFA), pendant qu’elle déboursait 200 euros (131.000 F CFA) pour acquérir la même quantité d’uranium au Canada.
Le modus operandi, lui non plus n’est pas secret.
Accroître l’insécurité, créer une instabilité en armant davantage les groupes terroristes qui opèrent au Sahel et en leur fournissant des informations ;
Offrir les plateaux de radio-télévision aux heimatlos, aux nègres de maison et autres ennemis de l’indépendance et de la souveraineté du Niger ;
Mentir honteusement comme le fait Christophe Gomart, en déclarant « de nombreuses attaques meurtrières contre des minorités religieuses », prétexte fallacieux évoqué pour justifier les bombardements américains au Nigeria voisin, et grotesquement repris par l’eurodéputé mythomane ;
Renverser le régime de Niamey comme le maître tente de renverser en vain le régime de Téhéran ;
Remettre en selle les hommes politiques et les partis politiques stupides qui ouvriront grandes les mines d’uranium du Niger, mais aussi celles des autres matières premières critiques et stratégiques à leurs pendants européens.
Le sceau de l’urgence portée par la résolution de l’Union européenne : date de la fin d’un mandat écourté et oublié par les Nigériens, renvoie à l’acuité de l’incertitude économique provoquée par la nationalisation des ressources de l’Alliance des Etats du Sahel et la rupture dans l’approvisionnement en matières premières (uranium et or en particulier).
Que l’Europe entende et retienne.
Nous sommes sortis de la colonisation, nous n’y retournerons pas. L’Europe ne décidera plus pour nous. Nous savons que l’hiver noir arrive, nous nous préparons par la Mobilisation générale, à l’affronter
« L’échec grave » que l’Europe redoute sera son tribut.
Wend yoodo !
Ala togo la !
Wallaye !
Farmo M.
