Ces dix dernières années sont devenues pour la zone sahélienne une période porteuse de menaces et d’insécurité chroniques.
Pour la Révolution populaire sahélienne actuelle, le danger est devenu une réalité quasi quotidienne sous forme d’attaques terroristes fréquentes. La Révolution nigérienne, à l’instar de celles du Burkina Faso et du Mali subit les mêmes menaces et attaques. Face a la persistance de cet obstacle, la plus Haute Autorité politique nigérienne, a, entre autres mesures, préconisé la contribution volontaire symbolique de cent (100) francs CFA par mois par chacun des 26 millions de Nigériens.
Ces cent francs par mois contribueront à renforcer les moyens de lutte des Forces de Défense et de Sécurité contre le fléau terroriste, facteur majeur d’insécurité et obstacle à la paix et à la tranquillité, du peuple laborieux. A propos d’obstacle, SAINT EXUPERY écrivait : « L’homme se découvre lorsqu’il se mesure avec l’obstacle.» Cent francs, seulement, pour la patrie, un moyen parmi d’autres, pour franchir l’obstacle qu’est le terrorisme.
Mais, qu’en est il de la mise en œuvre effective de ce concept de cent francs (100) francs pour la patrie? Cent francs (100) = une idée de génie ?
Le poète a écrit: «Ah frappe toi le cœur, c’est là qu’est le génie !». Un autre a écrit : «le génie n’a qu’un siècle, après quoi, il dégénère ». Un autre encore a écrit: « Deux hommes ont rayonné sur la terre comme de purs flambeaux de lumière, l’un représente le génie, l’autre la science ». Ainsi de suite, ainsi de suite….
Cent (100) francs pour la patrie ? il fallait y penser. Rarement une idée aussi simple n’a suscité un tel engouement populaire, une adhésion aussi massive, volontaire, sincère et libre, bref ce mot a fait fortune !
Des concitoyens aisés ou presque y sont adhéré et contribué; des compatriotes moyennement aisés ou presque y ont adhéré et contribué, des femmes sans fortune y ont adhéré et contribué, des enfants, comme ils jouent, y ont adhéré et contribué, des intellectuels aux revenus modestes y ont adhéré et contribué, des personnes en situation de handicap y ont adhéré et participé, des transporteurs et leurs chauffeurs y ont aussi contribué.
Des associations religieuses, des artistes, y ont aussi apporté leurs parts, des paysans, des éleveurs, pas forcément riches, y ont adhéré et apporté leurs parts de contributions, parfois en nature, des compatriotes de la diaspora, ont donné parfois sans compter, leurs parts de contributions. Des étudiants, puisant dans leurs maigres bourses d’études se sont sacrifiés en contribuant gaiement, les professeurs, les élèves, les écoliers et leurs maîtres ont également contribué, souvent avec enthousiasme. Les membres des Forces de Défense et de Sécurité, hommes et femmes y ont adhéré et contribué massivement, les chefs traditionnels se sont montrés exemplaires dans la manifestation de leur adhésion et contribution, des associations des femmes fortement mobilisées ont contribué de manière remarquable, les jeunes et leurs associations y ont adhéré et contribué en grand nombre souvent joyeusement, des sociétés et entreprises sans nombre ont montré leur adhésion en y apportant des contributions parfois très importantes. Et bien d’autre, encore et encore etc….
Enfin, pratiquement, tout le Niger, en particulier, le Niger profond des villages et des campements, a salué et répondu présent à cet appel de la patrie. Sincèrement, a priori, rares étaient les observateurs avertis, qui s’attendaient à une réaction aussi enthousiaste de la part du peuple, face à cette initiative. Pourquoi un tel enthousiasme populaire ? Mystère, mystère….
Le fait est là, comprenne qui pourra ! C’est donc une énigme. Cette énigme est en réalité le propre du génie. Parfois, dans la vie d’un peuple, une personnalité émerge et incarne l’âme de ce peuple, scellant ainsi un moment historique pour toujours. C’est probablement le cas ici, suivez mon regard !
Ces cent (100) francs pour la patrie, sont, selon un axiome révolutionnaire « le témoignage vivant, l’heureuse preuve, que la prise de conscience devient une force matérielle lorsqu’elle s’empare des masses ».
A l’appel lancé par l’Autorité Politique Suprême du pays le peuple Nigérien a répondu favorablement et avec enthousiasme, en donnant symboliquement les cent (100) francs en question. On ne dira jamais assez la puissance exercée par les symboles sur la nature humaine !
Au regard de ce comportement politique exemplaire du peuple, source de vérité, un vibrant hommage doit lui être rendu. Honneur donc au vaillant peuple Nigérien, fier et digne, profondément croyant, résistant et résilient.
Cent (100) francs seulement, petite chose s’il en est, un geste humble, mais comme l’enseigne la sagesse populaire, « parfois ce sont les choses les plus humbles qui nous en disent le plus long sur notre histoire.»
DR Yahaya TOUNKARA Alias Bozari
Niamey le 9 décembre 2025
