Daouda Karimou dit Don D la machine
Il suffit qu’il prenne le micro pour que l’ambiance change. Avec son humour, son énergie et sa proximité avec le public, Don D la machine sait transformer une simple émission en un véritable partage d’expériences. Pour lui, animer c’est créer de la joie tout en faisant connaître l’expertise des artistes Nigériens à l’échelle internationale.
Surnommé Don D la machine parce que la machine ne s’arrête jamais, M. Daouda Karimou captive toujours le public à travers son éloquence. « Je ne me fatigue pas. Les gens m’ont surnommé aussi ‘’Agogo’’, parce que la montre est toujours opérationnelle. Quand la montre s’arrête, c’est qu’il y a un problème », a-t-il dit avec un air souriant.
Détenteur d’un master en Droit des Affaires, l’infatigable Don D a emprunté le chemin de l’animation depuis son jeune âge. « Quand on était au collège, on faisait des kermesses. Moi, dans le temps, on m’appelait DJ Mastadi. Donc, déjà l’amour d’animer avait commencé un peu plus tôt. J’ai appris pratiquement tout dans la rue. J’ai commencé dans une petite radio dans mon quartier qui a ouvert en 2004, 2005 et s’appelait Espoir FM. C’était une radio qui se trouvait juste derrière nos maisons. On a vu l’opportunité s’offrir à nous, et on s’est lancé », s’est-il rappelé.
Quelques années plus tard, Don D a décidé de faire de la promotion de la musique nigérienne son cheval de bataille à travers l’animation de plusieurs émissions. « Dans le temps, j’ai animé du hip hop à la Radio et Télévision Ténéré. Et après, je me suis retrouvé à Dounia, où j’ai commencé aussi une émission qui s’intitulait Télé Matin et qui fait beaucoup la promotion de la musique nigérienne. Ensuite, j’ai été sollicité au studio Kalangou, où j’ai animé une émission intitulée Tous à la FADA pour la jeunesse nigérienne. En même temps, je faisais le maître de cérémonie, je faisais un peu le tour du Niger avec les compagnies téléphoniques. J’ai aussi été sur les grands événements à l’international, avec des grands artistes comme Wizkid, Davido. », a-t-il précisé avant d’affirmer que dans le cadre de ‘’Labu sanni’’, il s’est aussi investi aux côtés de la population en proposant des animations spéciales durant plusieurs nuits au rond-point Escadrille.
Par ailleurs, Don D a indiqué que sa navette entre le Niger et l’extérieur lui a non seulement offert beaucoup d’opportunités, mais aussi a permis aux artistes qui vivent à l’étranger de s’exprimer, d’avoir la même chance, la même visibilité que ceux qui sont sur place. « J’ai fait des grands concerts, des grands événements organisés surtout par les Nigériens de la diaspora. Mon premier trophée, je l’ai pris en 2014. Et en dehors de ça, en 2022, j’ai eu un trophée du meilleur présentateur live par Diobla Productions. Ensuite, j’ai eu un autre trophée en 2023 lors d’un événement organisé par des Nigériens de la diaspora. Et j’ai pris un autre trophée en 2025, celui du meilleur maître de cérémonie africain à Dubaï. En 2026, j’ai pris un autre trophée du meilleur maître de cérémonie de la diaspora, des mains du promoteur de KLF Events de la nuit du Niger. J’en ai plein c’est quelques-uns que je peux citer », a-t-il cité.
Pour être en contact avec ses fans l’infatigable Don D a créé sa propre chaine TV en 2022, dénommé DOODALE TV. Ce nom désigne le feu autour duquel le savoir est transmis. « Avec cette web tv, j’ai créé plusieurs émissions consacrées à la jeunesse dont ‘’Mumatassa’’, ‘’Mata Adon gari’’, j’ai créé pas mal d’émissions pour faire des contenus vidéos sur la toile », a-t-il expliqué.
En termes de difficultés, M. Don D déplore la mauvaise vision des gens de l’animation. Il regrette le fait que les gens ont tendance à ne pas trop respecter l’art, la musique. « Quand on parle de toi en tant qu’animateur, les gens ont tendance à avoir des préjugés du métier. Nous, aujourd’hui, on nous traite de tous les noms qui puissent exister en mal. Le métier n’est pas du tout respecté », a-t-il notifié.
Malgré qu’il ait tout gagné dans l’animation, Don D la machine fait du business afin de fortifier ses revenus. « Quand je gagne, j’ai tendance à faire autre chose. Parce que ma vie ne se limite pas seulement à l’animation. Je vends des caméras, des ordinateurs, des voitures et aussi de la friperie », a-t-il dit.
Enfin, Don D appelle la jeunesse Nigérienne à se battre pour ce qu’elle veut. « Les gagnants, comme j’ai l’habitude de le dire, ce n’est pas ceux qui ne sont jamais tombés, mais plutôt ceux qui ont su se relever après la chute. Moi, j’ai fait un parcours avant d’être là où je suis. J’ai animé à zéro franc, à 5 000, à
10 000. Aujourd’hui, je peux dire que j’ai atteint le seuil de 2 500 000 FCFA sur la scène. Aujourd’hui, j’ai un âge un peu avancé, mais je me mets dans la peau des jeunes qui ont 20 ans qui me suivent en termes de style, pour donner l’impression à celui qui me regarde de se retrouver », a-t-il exprimé avec fierté.
Salima H. Mounkaila (ONEP)
