La commission N° 5 s’est penchée sur un nouveau système juridique de protection des Droits humains
Au troisième jour des Assises Nationales pour la Refondation du Niger, la Sous-Commission n°5 « Justice et Droits de l’Homme » poursuit ses discussions au Palais des Congrès de Niamey sous la présidence de Dr. Dagra Mamadou, Enseignant-Chercheur à l’Université Abdou Moumouni de Niamey. Hier, lundi 17 février 2025, les membres de cette Commission ont débattu sur plusieurs points relatifs à la refondation de la justice.
Au cours de cette journée, les participants ont pu finaliser les travaux du deuxième axe de la thématique Justice et Droits de l’Homme qui était consacré au nouveau système juridique de protection des droits humains. C’est ainsi qu’ils ont abordé la dernière thématique qui est consacrée à la refondation de la justice, quel type de justice nous devons avoir à l’avenir ? Quel système de protection des droits de l’homme nous devons avoir ? Des propositions intéressantes ont été formulées par les représentants de la population nigérienne pour qu’à l’avenir, le Niger ait une justice crédible, à laquelle les citoyens ont confiance, une justice égale pour tous et qui tient compte des réalités de notre pays.
En ce qui concerne les recommandations ou propositions, elles se sont focalisées autour de la modernisation du système judiciaire. Cela suppose des actions concrètes, notamment l’amélioration des conditions de vie et de travail des juges en les dotant avec les moyens nécessaires. Pour les participants, la modernisation de la justice passe nécessairement par le respect du justiciable à travers l’humanisation des conditions de détention en respectant les normes internationales. Cela nécessite aussi la construction de maisons d’arrêt pour alléger la souffrance des détenus, tout en insistant sur l’apprentissage de certaines activités, ce qui permettra au détenu de s’insérer dans la société, après avoir purgé sa peine.
Cette démarche de refondation de la justice passe nécessairement, selon les participants, par la construction des tribunaux. Tout en saluant les efforts consentis par l’Etat, la plénière encourage le gouvernement à continuer les efforts allant dans le sens de rapprocher le justiciable de la justice à travers la création de tribunaux communaux. Les participants aux assises ont également souligné la nécessité de promouvoir la justice à la base à travers la prise en compte de nos réalités socio-culturelles, l’implication des chefs traditionnels ainsi que le renforcement de leurs capacités.
La refondation de la justice passe aussi par le changement de comportement et des mentalités. A ce sujet, le Niger aura à s’inspirer des autres pays comme le Burkina-Faso qui a amorcé son changement depuis l’époque du Président Thomas Sankara. A ce niveau également, les acteurs ont reconnu que la cellule familiale a un rôle à jouer car ce qui se manifeste en public n’est que la traduction de l’échec de certains parents. L’éducation des enfants est fondamentale. Une éducation qui prend en compte nos réalités socio-culturelles. Mieux, notre religion nous recommande non seulement de respecter les droits de l’homme, mais aussi ceux des animaux.
Enfin, les débats ont également souligné la nécessité de créer des centres d’écoute pour permettre aux jeunes d’exposer leurs préoccupations, la digitalisation de ce pilier de la bonne gouvernance et du développement qu’est la justice, la promotion de l’indépendance judicaire, la révision de la question de mandat de dépôt où un citoyen peut être detenu inutilement pendant plusieurs années, la simplification des procédures, la promotion de la justice sociale, la valorisation de la conciliation, la promotion de la transparence, l’harmonisation des textes avec ceux des pays membres de la Confédération des Etats du Sahel.
Abdoulaye Mamane (ONEP)
