Travaux d’aménagement hydroagricole à Kessa (région de Dosso), l’un des chantiers les plus avancés du Projet.
26 juillet 2023 – 26 juillet 2026 | PACIPA : trois ans d’action publique au service de la souveraineté alimentaireIrrigation, élevage, recherche, infrastructures marchandes et financement : au 30 juin 2026, les investissements du PACIPA prennent corps dans les huit régions du Niger. État des avancées, défis et prochaines étapes.
Le PACIPA : produire davantage, mieux valoriser, mieux financer
Placé sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, le Projet d’appui au développement des cultures irriguées et à l’intensification de la production animale (PACIPA) est financé par un crédit de l’Association internationale de développement (IDA) d’un montant de 350 millions de dollars US. Approuvé en juin 2024 et entré en vigueur le 6 février 2025, il intervient dans les huit régions du Niger. Son ambition est claire : accroître la productivité agricole et animale, renforcer la résilience climatique et améliorer l’accès aux marchés et au financement. Il cible cinq filières stratégiques — riz, oignon, niébé, bétail-viande et lait — autour de trois leviers : produire de manière résiliente, mieux valoriser les produits et faciliter l’investissement privé.

Trois ans après le 26 juillet 2023, le PACIPA traduit en investissements la priorité accordée à la souveraineté alimentaire. À la fin du premier semestre 2026, plus de 12 milliards de FCFA ont été consommés. Les travaux de Kessa et Gataouani approchent 60 % d’exécution ; 14 crédits totalisant 880,8 millions de FCFA ont été soutenus par la Garantie partielle de portefeuille ; et 1 602 acteurs ont été sensibilisés au mécanisme CEG. Une même ambition relie ces avancées : faire de l’agriculture et de l’élevage des moteurs de sécurité alimentaire, d’emplois et de création de valeur.
Composante 1 — À Kessa, Gatawani et Ibohamane, l’irrigation retrouve son potentiel
L’irrigation constitue le premier socle de cette transformation. Dotée de plus de 40,5 milliards de FCFA au PTBA 2026, la composante 1 concentre l’essentiel des investissements productifs. À Kessa, Gataouani 1 et Gataouani 2, dans la région de Dosso, la réhabilitation des périmètres irrigués publics avance avec un taux d’exécution proche de 60 %. Canaux, stations de pompage, drainage et ouvrages connexes sont progressivement remis en état. Une fois achevés, ces travaux devront améliorer la maîtrise de l’eau, sécuriser les campagnes agricoles et accroître les revenus des exploitants.

À Ibohamane, dans la région de Tahoua, la réhabilitation de 750 hectares est engagée, avec des travaux de forage et d’intervention sur le déversoir et le barrage pour augmenter sa capacité de rétention. Au 30 juin, l’exécution reste encore à un stade initial, estimé à 20% ; ce qui appelle une accélération maîtrisée. Les compensations pour pertes de productions pendant la durée des travaux des personnes affectées ont été payées sur les sites concernés de Gatawani, Ibohamane, Boulangouri et Chétimari. Cette étape essentielle sécurise les droits des populations et facilite la poursuite des travaux, sous réserve des conditions techniques et sécuritaires propres à chaque site.
Composante 1 — Recherche agricole : des solutions adaptées au climat sahélien
Partenaire scientifique du PACIPA, l’Institut National de la Recherche Agronomique du Niger (INRAN) produit des semences de prébase et de base de variétés adaptées aux contraintes climatiques, notamment pour le riz, le mil, le sorgho et le niébé. Pour l’oignon Violet de Galmi, produit emblématique du Niger, les activités portent sur 15 tonnes de bulbes-mères et 50 kilogrammes de semences. Six programmes de recherche-action sont également conduits avec des institutions nationales et internationales, dont le CNRA et l’ICRISAT. L’enjeu est concret : mettre plus rapidement à la disposition des producteurs des technologies performantes, accessibles et adaptées aux réalités agroécologiques du pays.
Composante 1 — Production animale : préserver le potentiel génétique, sécuriser l’alimentation du bétail
À la Station Sahélienne Expérimentale de Toukounous, berceau de la race Azawak, le PACIPA soutient la sécurisation du domaine et la mise en place d’un périmètre irrigué de 20 hectares destiné à la production fourragère ainsi que la réhabilitation de 45 km de mur de clôture semi grillagé. Dans les Centres Secondaires de Multiplication du Bétail, notamment à Sayam, l’acquisition d’animaux à haut potentiel génétique et l’aménagement de 80 hectares de périmètres fourragers sur quatre sites sont engagés. Deux unités de production d’azote liquide, indispensables au développement de l’insémination artificielle, sont également en cours d’acquisition.

La santé animale progresse elle aussi. Les Services Vétérinaires Privés de Proximité utilisent les équipements de diagnostic acquis par le Projet, dont des échographes-scanners. D’autres acquisitions — géniteurs ovins et caprins performants, taureaux d’embouche et aliments du bétail — sont en préparation. Une attention particulière est accordée aux groupements féminins, afin que l’intensification de l’élevage se traduise aussi par davantage de revenus et d’autonomie économique pour les femmes rurales.
Composante 1 — Ressources naturelles : protéger les pâturages, préserver le fourrage
La résilience pastorale passe par la restauration des terres et la protection de la biomasse. Le PACIPA programme la récupération des dunes, la restauration de pâturages dégradés, la réhabilitation de couloirs de passage et l’ouverture de bandes pare-feux. À Sayam, la récupération des dunes est déjà engagée. Ces actions doivent réduire les pertes causées par les feux de brousse et préserver l’alimentation du bétail en saison sèche. Des travaux de conservation des eaux et des sols complètent le dispositif dans les Centres Secondaires de Multiplication du Bétail.

Cap sur le second semestre 2026. Les priorités sont l’achèvement des travaux de Kessa et Gatawani, l’accélération du chantier d’Ibohamane, la poursuite des opérations prévues à Kirtachi, Boulangouri et Chétimari, ainsi que l’engagement de la procédure de passation des marchés pour les travaux de 2 200 hectares de nouveaux aménagements hydroagricoles. Le programme prévoit aussi 35 petits périmètres irrigués communautaires totalisant près de 328 hectares et la préparation de 2100 ha d’aménagements communautaires dans la région de Tahoua. L’objectif n’est pas seulement de construire : il est de livrer des ouvrages fonctionnels, durables et effectivement mis en valeur par les producteurs.
Composante 2 — De la production au marché : bâtir les infrastructures de la valeur ajoutée
Produire davantage ne suffit pas : encore faut-il conserver, transformer et commercialiser dans de bonnes conditions. Dotée de près de 10,9 milliards de FCFA au PTBA 2026, la composante 2 porte cette ambition. À Maradi, le processus de passation des marchés pour le parachèvement de l’Abattoir frigorifique moderne (AFRIM) a franchi l’étape d’évaluation des offres. Les prochaines diligences réglementaires doivent permettre d’engager les travaux. En parallèle, une étude de marché et le recrutement d’un conseil en transaction doivent contribuer à définir un modèle d’exploitation viable et attractif. Trois camions frigorifiques sont également prévus pour appuyer la modernisation de la chaîne du froid.
Au Laboratoire Central de l’Élevage (LABOCEL) de Niamey, de premiers matériels et petits équipements ont été livrés en 2026, dont une étiqueteuse et des équipements de laboratoire. Cette première étape s’inscrit dans un programme plus large de modernisation visant à renforcer les capacités de diagnostic, de contrôle de la qualité et de sécurité sanitaire des denrées d’origine animale. La suite de l’appui fait l’objet d’un cadrage technique destiné à préciser les priorités, les résultats attendus et le phasage des investissements.
Le maillage commercial se prépare à changer d’échelle. Le programme porte sur des marchés à bétail à construire ou à réhabiliter, des centres de collecte et de transformation du lait, des magasins de stockage de riz, d’oignon et de niébé, ainsi que des mini-rizeries économes en énergie. Les procédures de passation des marchés sont, selon les lots, en préparation ou déjà engagées. Des équipements ont par ailleurs été remis à des groupements de transformation de viande en kilichi. Ces investissements visent un même résultat : réduire les pertes, améliorer la qualité, renforcer le pouvoir de négociation des producteurs et créer davantage de valeur au Niger.
Cap sur le second semestre 2026. Le Projet entend accélérer la contractualisation et le démarrage des infrastructures prioritaires : parachèvement de l’AFRIM, poursuite de la modernisation du LABOCEL, marchés à bétail, centres laitiers, magasins de stockage et mini-rizeries. La qualité des études, la maîtrise des coûts, le respect des sauvegardes environnementales et sociales et la préparation de modèles de gestion viables seront déterminants pour transformer ces investissements en services durables.
Composante 3 — Financement agricole : transformer le potentiel en projets bancables
Le mécanisme de Subvention d’Amélioration du Crédit (CEG), doté de 25 millions de dollars US, a franchi plusieurs étapes préparatoires : adoption et diffusion du manuel opérationnel, sensibilisation dans les huit régions et mise en place d’outils transitoires de gestion. Une première tranche de 4,93 milliards de FCFA avait été transférée pour sa mise en œuvre. À la suite de la réforme institutionnelle ayant affecté le dispositif initial, le Ministère et le PACIPA travaillent à sécuriser les ressources, les responsabilités et la continuité opérationnelle du mécanisme. Au total, 1 602 bénéficiaires potentiels — producteurs, coopératives et PME agro-sylvo-pastorales — ont été sensibilisés. L’enjeu du second semestre est désormais de convertir cette mobilisation en dossiers solides, instruits avec transparence et financés dans les meilleurs délais.
La Garantie Partielle de Portefeuille (GPP), mise en œuvre avec la SAHFI, produit déjà des résultats mesurables : 14 dossiers ont permis de mobiliser 880,8 millions de FCFA de crédits en faveur d’acteurs agro-sylvo-pastoraux dans cinq régions. En partageant une partie du risque avec les institutions financières, ce mécanisme contribue à lever un obstacle majeur : l’accès des producteurs et des PME rurales à des financements adaptés à leurs cycles d’activité.
Cap sur le second semestre 2026. Les priorités sont de finaliser le dispositif institutionnel du CEG, d’accréditer les institutions financières partenaires, de déployer une plateforme numérique intégrée et de lancer les premiers sous-projets, tout en élargissant le portefeuille de garanties du GPP. La réussite se mesurera à la qualité des projets financés, à leur viabilité et aux emplois et revenus qu’ils généreront.
Un cap : convertir les investissements en résultats durables pour les Nigériens
Des canaux remis en état à Kessa et Gatawani aux crédits agricoles garantis, en passant par la recherche semencière, la santé animale et la préparation des infrastructures de marché, le PACIPA met progressivement en cohérence les maillons essentiels des chaînes de valeur. Son apport à la dynamique engagée depuis le 26 juillet 2023 tient à cette approche intégrée : mieux maîtriser l’eau, renforcer les systèmes agricoles et pastoraux, réduire les pertes, améliorer la qualité sanitaire, connecter les producteurs aux marchés et faciliter l’accès au financement. Le défi demeure considérable : accélérer l’exécution sans compromettre la qualité, la transparence ni la durabilité. Le second semestre 2026 doit précisément marquer ce passage des procédures aux chantiers, puis des chantiers aux services effectivement rendus aux populations.
Le PACIPA en bref. Projet du Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage financé par un crédit IDA de 350 millions de dollars US, le PACIPA intervient dans les huit régions du Niger. Ses trois composantes opérationnelles portent sur la production agricole et animale résiliente, l’accès aux marchés et l’accès au financement. Filières prioritaires : riz, oignon, niébé, bétail-viande et lait.
