Au Niger, les animateurs et artistes jouent un rôle essentiel dans la vie culturelle, contribuant à la création, à la diffusion et à la valorisation des expressions artistiques et culturelles. Ils œuvrent dans divers domaines, de la musique et du théâtre aux arts plastiques et à l’animation socioculturelle. Mais de nos jours, on constate la disparition de certains éléments culturels notamment les valeurs et traditions qui sont de plus en plus remplacées malheureusement par des valeurs importées qui, généralement, ne riment pas avec les réalités du pays.
Ils sont nombreux ces jeunes nigériens très talentueux et très motivés qui servent de piliers pour l’essor de plusieurs types de scènes, des fois sans être trop en vue, malgré leur rôle déterminant dans la réussite des spectacles. Ce sont notamment les Maitres de Cérémonie (MC) et les Disk Joker (DJ). Parmi eux, aujourd’hui, figure au 1er rang Abdoul Razak Hamidou dit Leyo Razak, deux fois consécutives lauréat du prix du meilleur MC de l’année 2023, puis 2024 aux Awards Tarmamun Mu. Évoquant la question de la culture de nos jours, journaliste de formation, M. Abdoul Razak Hamidou dit Leyo Razak, réaffirme que les animateurs font tout pour ne pas baisser les bras malgré les difficultés. « La culture nigérienne va mal. Les acteurs sont souvent délaissés. Nous qui sommes un peu plus dans le monde Hip-Hop, chaque jour qui passe, nous pensons pratiquement à jeter l’éponge. On pense aux plus jeunes et c’est ce qui nous fait rester encore un peu, sinon on a l’impression que réellement ce pays n’aime pas ce que nous faisons », a-t-il ajouté.
« Il faut que notre travail soit respecté et apprécié à sa juste valeur », Leyo Razak, MC

« Les animateurs ne sont pas bien payés. Il n’y a pas d’avantages et même quand ces animateurs essaient de s’en sortir en faisant un peu de promo ou de pub sur leur émission pour qu’ils puissent au moins gagner quelque chose, les gens pensent qu’ils sont en train de ramasser des millions et là on leur met des bâtons dans les roues. On se doit de garantir un minimum de visibilité sur les artistes et on se doit de faire la promotion de ces artistes, c’est-à-dire communiquer sur eux-mêmes. Mais on ne peut pas le faire tant qu’un certain nombre de conditions ne sont pas réunies. Il faut que notre travail soit respecté et apprécié à sa juste valeur. Il faut qu’on soit payé déjà pour bien faire la promo à la télé et aussi à la radio. Il faut aussi qu’on soit respecté, considéré, ce qui n’est pas le cas pour l’instant », dixit le MC, par ailleurs animateur télé et radio.
« Notre musique ne se vend pas… beaucoup de choses sont à revoir », DJ Soul

Quant à Souleymane Moussa Idrissa alias DJ Soul, il indique qu’au Niger la culture ne va pas du tout bien et les acteurs font de leur mieux, mais ils ne sont pas encouragés dans ce qu’ils font. « Beaucoup se débrouillent par leurs propres moyens, mais avec tout ça, rien n’avance », a-t-il confié.
Pour les concerts, poursuit-il, d’abord, il faut avoir des grands moyens pour faire la promotion sur les radios, les télévisions et les sponsors. « Beaucoup d’artistes ne travaillent pas comme il le faut et notre musique ne se vend pas hors de notre pays parce que beaucoup de choses sont à revoir. Maintenant, les DJ ne font plus la promotion de la musique nigérienne et il n’y a que dans quelques maquis rares où tu vas écouter la musique nigérienne. On ne parle même pas des boîtes de nuit. Je dois être le seul DJ qui a eu le témoignage de satisfaction par l’orchestre Tal et je suis le premier qui a imposé notre musique aux Nigériens en boîte de nuit », a dit DJ Soul.
« Nos frères nigériens n’aiment pas ce qui vient de chez eux », DJ Sisko

Pour DJ Sisko, « en vrai, la plus grande, partie des concerts de nos jours, sont voués à l’échec pour de nombreuses raisons à savoir l’organisation, la promotion, le manque de sponsors. Nos frères nigériens n’aiment pas ce qui vient de chez eux », a-t-il déclaré.
DJ Sisko El Capo a toutefois souligné que si tout marche pour les artistes, tout marchera en même temps pour tous les autres métiers qui tournent autour comme celui des DJ, des animateurs, des présentateurs, des managers, des promoteurs. «Changeons nos façons de faire et tout réussira surtout aux artistes. Cela leur permettra de jouir de leur art », a-t-il conclu.
Abdoussalam K. Mouha (ONEP)
