Une vue des journalistes des pays membres lors de la seance d’echanges sur le role des medias dans la criminalité financiere
Le GIABA est un organisme régional créé pour mettre en œuvre les recommandations du Groupe d’Action Financière (GAFI). À ce titre, il poursuit plusieurs objectifs majeurs : protéger les économies des États membres contre le blanchiment d’argent, intensifier les efforts de lutte contre les produits du crime en Afrique de l’Ouest et devenir un acteur de référence dans la création d’alliances contre la criminalité transnationale organisée.
Les échanges ont également permis de rappeler les conséquences du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme (BC/FT). Ces phénomènes portent gravement atteinte à l’économie, à la paix, à la sécurité et à la stabilité politique des pays. Face à ces menaces, les États sont appelés à renforcer leur coopération afin de démanteler les réseaux criminels et de protéger leurs systèmes financiers.
En ce qui concerne le parcours de l’institution, les responsables du GIABA ont mis en avant plusieurs réalisations depuis sa création en 2000. En 2006, l’organisation est devenue un Organisme régional de type GAFI (ORTG), avant d’accéder, en 2010, au statut de membre associé du GAFI. Elle a également accompagné l’ensemble de ses États membres dans l’adoption de législations relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Toutefois, ces progrès demeurent confrontés à plusieurs contraintes, notamment une volonté politique parfois insuffisante, un financement limité des programmes, un déficit de capacités humaines et institutionnelles, ainsi que des insuffisances dans les cadres juridiques nationaux et une coopération régionale et internationale encore perfectible.
Dans cette perspective, une partie importante des échanges a été consacrée au renforcement des capacités des journalistes. Deux axes principaux ont été abordés. Le premier portait sur la maîtrise du jargon technique afin de permettre aux professionnels des médias d’utiliser avec précision les concepts liés à la lutte contre la criminalité financière. Le second était consacré au journalisme d’investigation. À travers un panel de discussion, les participants ont exploré les méthodes d’enquête, les outils disponibles et l’importance d’une collaboration étroite avec les autorités compétentes pour mieux traiter les affaires de blanchiment de capitaux.
Enfin, le GIABA a rappelé que l’efficacité de sa mission repose sur l’engagement de l’ensemble de ses parties prenantes. Les médias, en informant le publiac avec rigueur et en contribuant à la sensibilisation sur les risques liés à la criminalité financière, constituent des partenaires indispensables dans cette lutte.
Oumar Issoufou,
Envoyé spécial à Dakar
