Mme Boubacar Ganda Salima (à droite)
À une époque où les lignes bougent et les mentalités évoluent, les femmes s’imposent de plus en plus comme des actrices incontournables du monde sportif. Elles sont de plus en plus nombreuses à s’intéresser à la pratique sportive et s’orientent davantage vers les sports d’endurance, les activités artistiques et de souplesse. Elles occupent aujourd’hui les terrains, notamment les salles de gymnastique, les espaces dédiés au sport et les grandes artères de la capitale qui, autrefois, étaient réservés aux hommes.
Avec détermination, brisant les évidences et redéfinissant les normes, elles jouent un rôle fondamental dans le sport et dans la société. Qu’elles soient professionnelles ou amatrices, leur engagement dépasse la simple pratique du sport, il devient un symbole de courage, d’émancipation et de transformation sociale. Pour l’heure, continuons à les encourager, à croire en l’incroyable potentiel des femmes dans le sport.
Boubacar Ganda Salima est un coach sportif professionnel qui accompagne une personne ou un groupe de personnes dans une pratique physique. Elle évalue le niveau, crée des programmes sur mesure et motive ses clients afin d’atteindre des objectifs variés. Avant d’arriver à ce titre, elle a dû acquérir une expérience dans le domaine en travaillant dans plusieurs clubs de fitness tels que le Club All Fitness et MA Fitness. Forte de cette expérience, elle a décidé à son tour de créer son propre club de fitness.
Les raisons qui l’ont poussée à devenir coach ne sont autres que les malaises et maladies répétitifs, la fatigue générale, le surpoids, ainsi que plusieurs autres facteurs. « Pour pallier cette situation, je me suis inscrite au club “All Fitness Clubs” et après quelques jours d’entraînement, je me sentais déjà bien dans ma peau. Le professionnalisme, la motivation et le bon comportement de notre coach m’ont fait aimer le coaching. Lorsque le coach lui-même a remarqué ma motivation et mon engagement, il a décidé de faire de moi son assistante et j’y ai pris goût », confie-t-elle.
Boubacar Ganda Salima offre deux services aux adhérents, à savoir les exercices pour la perte de poids et ceux consacrés à la mise en forme. Mais selon ses dires, elle est plus engagée dans la perte de poids car la plupart de ses clients la sollicitent pour cette raison. Sa particularité est qu’elle promet, en trois mois, avec seulement trois séances d’entraînement par semaine, une perte de poids garantie, dont rêvent ses clients.
Grâce à une bonne organisation, elle parvient à bien gérer ses séances d’entraînement dans un petit espace situé dans le quartier Koubia, chaque mardi, jeudi et vendredi de 18 h à 20 h. Par ailleurs, elle propose également du coaching à domicile.
Parlant des tarifs, l’éducatrice précise que le coaching à domicile est fixé à 50 000 FCFA par mois, incluant les frais de matériel (un tapis et un poids d’un kilo pour effectuer les exercices), tandis que les séances en groupe sont facturées à 30 000 FCFA par mois.
Pour le moment, Mme Salima travaille en groupe avec quatre clients et accompagne deux autres à domicile. Elle précise que certains clients recherchent simplement une remise en forme afin de garder la forme et de se sentir bien dans leur peau.
Mlle Salima précise également que, pour perdre du poids, elle fait pratiquer à ses clients des exercices spécifiques, notamment le travail des abdominaux, du haut et du bas du corps. Pour la mise en forme, elle privilégie le cardio, l’aérobic et la marche afin de favoriser le bien-être physique. « Pour perdre du poids, il faut une alimentation équilibrée, accompagnée d’exercices. On ne peut pas perdre du poids en pratiquant uniquement du sport, il faut aussi contrôler son alimentation. Ce qui demande beaucoup d’endurance. Il faut un mental d’acier car le contrôle de l’alimentation est très difficile, surtout le premier mois », a-t-elle souligné.
En ce qui concerne les difficultés qu’elle rencontre, coach Salima déclare que le principal problème est celui des clients qui veulent perdre du poids sans respecter leur régime alimentaire. Quelquefois, elle reçoit des clients qui n’aiment pas être exposés et d’autres qui souffrent de problèmes respiratoires ou articulaires et ces contraintes l’obligent à revoir son programme.
« Pour perdre du poids, il faut éviter les fritures (frites, poulets frits), privilégier les protéines (poissons, œufs, légumes) et limiter la malbouffe (sucreries, boissons gazeuses), surtout la nuit. De plus, manger tard favorise l’accumulation de graisse. C’est pratiquement la même chose pour la mise en forme », conseille-t-elle, tout en invitant la population, en particulier les femmes, à pratiquer une activité sportive, quelles que soient les conditions. « Rester sans bouger crée des problèmes de santé », indique-t-elle.
L’entraîneuse suggère aux personnes qui ont du mal à résister au grignotage d’opter pour des coupe-faim, surtout les graines de chia qui donnent aux consommateurs la sensation d’être rassasiés, leur permettant de limiter le grignotage. Pour ceux qui ne souhaitent pas en consommer, elle recommande de boire de l’eau citronnée et conseille également aux personnes ayant des envies de manger un fruit (pomme, orange ou banane) entre 16 h et 17 h. « Il faut faire des sacrifices lorsque l’on a un objectif à atteindre. Le premier mois est le plus difficile lorsqu’on commence le fitness, car il faut supprimer certaines habitudes comme la consommation excessive de sucre et surtout l’eau glacée. Sa consommation peut provoquer un essoufflement pendant les séances et diminuer progressivement l’endurance sans que l’on s’en rende compte. Si l’on veut réellement perdre du poids et être en forme, il ne faut pas tricher », a-t-elle conclu.
Selon Dr Souley Kimba, directeur national de la médecine du sport du Niger, la pratique du sport en loisir ou en compétition chez la femme possède certes des avantages mais n’est pas dénuée de risques qu’il faut savoir prévenir et guérir par une prise en charge adaptée. « Le sport offre des bienfaits supérieurs chez les femmes que chez les hommes. Il réduit le risque de maladies cardiovasculaires de 30 %, renforce la densité osseuse, diminue le risque de cancer du sein, renforce l’estime de soi et réduit le stress », ajoute-t-il.
La femme, poursuit-il, est un être humain caractérisé par les organes de gestation, par opposition à l’homme. Dans toutes les cultures, les attitudes masculines et féminines sont inculquées au moyen d’un processus de socialisation qui commence dès la naissance et aboutit à une bonne adaptation dans le milieu d’appartenance et dans la société en général. « Comparée à l’homme, la femme est différente de lui par rapport à son aspect physique, son anatomie, de même que son rôle dans la société. Depuis leur jeunesse, les femmes apprennent à adopter des comportements de façon à plaire aux hommes. Elles sont socialisées de manière à utiliser leur corps pour attirer l’homme. L’inconscient collectif voudrait que la femme soit agréable à regarder, gracieuse, souple et généreuse. Il lui est interdit toute possibilité d’expression physique en puissance, en agressivité et tout développement important de la musculature », confie le praticien.
Pour Dr Souley Kimba, le sport est un bon moyen de lutte contre la dépression et l’anxiété, pratiqué 3 à 5 fois par semaine. « Le résultat est extraordinaire dès la troisième semaine. Quand le sport est pratiqué en groupe, il permet de tisser des liens sociaux, renforce l’amitié et la cohésion sociale, ce qui constitue une nécessité de nos jours. Je conseille à nos mamans, grands-mamans, épouses, sœurs et filles de bouger. Il faut savoir qu’à tout âge, on peut pratiquer une activité physique et sportive afin d’améliorer sa qualité de vie et de préserver son autonomie », suggère-t-il.
Farida A. Ibrahim (ONEP)
