Le gouverneur de Tahoua prononçant son discours devant ...
Le Comité pour la Paix et la Sauvegarde de la Souveraineté du Niger (CPASS-Niger) a organisé, le samedi 24 janvier 2026, un forum sur la paix, la sécurité et la cohésion sociale à Intalliwene, un village de la commune rurale de Kao, département de Tchintabraden. L’ouverture des travaux du forum a été présidée par le gouverneur de la région de Tahoua, le Colonel-major Souleymane Amadou Moussa, en présence des autorités locales, des leaders coutumiers et de plusieurs invités.
L’ambiance était chaleureuse en ce samedi 24 janvier 2026 au village de Intalliwene qui a accueilli une foule immense à l’appel du CPASS-Niger. Outre les chefs traditionnels, chefs de villages, de tribus et de groupements, des associations de jeunes et de femmes, des membres d’ONG se sont donné rendez-vous à ce cadre d’échanges qui a pour but de renforcer la paix, la sécurité et la cohésion dans cette partie du Niger.
Le gouverneur de la région de Tahoua qui présidait la cérémonie d’ouverture du forum, a salué cette initiative du CPASS-Niger qui cadre avec la vision des plus hautes autorités du pays. Le Colonel-major Souleymane Amadou Moussa a souligné que, dans le contexte actuel de refondation du pays, la contribution de toutes les composantes et de tous les citoyens est nécessaire pour faire face aux défis et menaces sécuritaires. C’est pourquoi, le gouverneur a invité les participants au forum à des débats constructifs et à des propositions pertinentes à même de renforcer la paix, la sécurité et la cohésion sociale non seulement au niveau de la région, mais aussi à l’échelle du pays.
Pour l’administrateur délégué de la commune rurale de Kao, l’Officier de police Ayouba Ibrahim Abarchi, ce forum est « une opportunité majeure pour consolider nos acquis, partager nos expériences locales et définir ensemble des actions concrètes en faveur de la paix, de la sécurité et de la cohésion sociale entre nos différentes communautés ».
Le coordonnateur national du Comité pour la Paix et la Sauvegarde de la Souveraineté du Niger, M. Alassane Raliou, a souligné que le CPASS-Niger est conscient des défis sécuritaires et impérialistes qui assaillent le Niger. Il a salué les initiatives des coordinations locales d’Irbakate, commune rurale d’Akoubounou, et d’Azaye pour les actions qu’elles ont menées. Face à ces défis, le CPASS a salué la pertinence de la décision des autorités de créer un Haut Conseil de la Chefferie Traditionnelle et de décréter la mobilisation générale.
Le Coordonnateur national du CPASS d’ajouter que la tenue de ce forum s’inscrit dans le cadre de la mobilisation générale décrétée par les plus hautes autorités. Il s’agit en effet, à travers ce forum, de contribuer à renforcer la paix, la sécurité et la cohésion sociale au Niger d’une part, et de contribuer à relever le niveau de compréhension de la citoyenneté d’autre part.
Ainsi, peu après la cérémonie officielle d’ouverture du forum, les participants ont suivi deux grandes conférences. La première, animée par Dr Agga Alhatt, a pour thème ‘’Paix, sécurité et cohésion sociale dans l’Azawagh dans le contexte de la refondation’’. Dans cette communication, Dr Agga Alhatt est revenu sur le contexte actuel du Sahel, soulignant les défis auxquels nos pays font face. Il a également rappelé les initiatives passées dans le cadre de la promotion de la paix et de la sécurité. Parmi les points évoqués, l’on retient le rôle de la chefferie traditionnelle et de l’éducation, la promotion des valeurs culturelles, l’écriture de l’Histoire du Niger, la gouvernance et la justice sociale, le rôle de la jeunesse dans la promotion de la paix.
La deuxième communication animée par Dr Alikhmad Madalo, enseignant-chercheur vacataire à l’Université Abdou Moumouni de Niamey, a porté sur le thème ‘’La cohésion sociale : quelles stratégies pour son affirmation au Niger, notamment dans l’Azawagh’’. Il s’agit à travers cette thématique, explique le conférencier, « d’analyser comment nous pouvons transformer nos diversités en une force motrice, afin de faire de la cohésion sociale le moteur du développement et de la sécurité dans notre espace ».

Pour ce faire, Dr Alikhmad Madalo a défini les piliers et objectifs de la cohésion sociale. Parmi les facteurs qui la favorisent, le conférencier cite la pacification, la solidarité organique, l’équité, l’inclusion politique et la résilience communautaire. Pour lui, les acteurs de la cohésion sociale sont l’Etat et le gouvernement, les autorités traditionnelles et religieuses, les ONG et les partenaires, et enfin la jeunesse et les médias.
Pour atteindre cet objectif, Dr Alikhmad recommande, entre autres, le développement inclusif, la justice de proximité, l’éducation à la citoyenneté, l’autonomisation des jeunes et un dialogue communautaire permanent. « La cohésion sociale ne se décrète pas, elle se construit jour après jour. C’est un processus exigeant qui demande le courage de pardonner et la volonté de bâtir ensemble. Notre diversité doit être notre bouclier et non notre faiblesse », a-t-il conclu.

Chaque communication a donné lieu à des échanges entre les conférenciers et les participants, avec des contributions et des recommandations pour renforcer les bases de la cohésion sociale dans cette partie du Niger et dans le pays en général.
Siradji Sanda (ONEP)
