La table de séance à l’ouverture de l’atelier
La secrétaire générale du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, Mme Amina Abdourahamane, a présidé, le jeudi 8 octobre 2026 à Tahoua, la cérémonie d’ouverture de l’atelier de réflexion sur la mise en place d’un système de suivi post-carcéral et la création d’indice de réinsertion sociale des détenus au Niger. Cet atelier a pour objectif général de contribuer à la mise en place d’un système national de suivi post-carcéral et à la conception d’un Indice de Réinsertion Sociale (IRS) dans le cadre du Programme de Renforcement du Système Pénitentiaire du Niger (PRESPEN).
Présidant la séance inaugurale, la secrétaire générale du Ministère de la Justice a rappelé que le ministère de la Justice, dans le cadre de l’exécution de son plan d’actions prioritaires 2025-2027, a connu des avancées significatives en matière d’amélioration des conditions de détention, de réinsertion socio-économique des détenus et de gouvernance pénitentiaire. Selon elle, ces initiatives ont permis de former et d’employer des détenus dans des activités productives.
Cependant, Mme Amina Abdourahamane a déploré l’absence d’un système structuré de suivi post-carcéral permettant de mesurer durablement la réinsertion effective des ex-détenus, l’impact des formations et activités économiques et la prévention de la récidive. Elle a aussi fait savoir que, dans ce contexte, le ministère de la justice, avec l’appui du PNUD à travers le PRESPEN, prévoit la mise en place d’un Indice de Réinsertion Sociale (IRS), outil composite permettant d’évaluer la trajectoire des ex-détenus après leur libération. La phase pilote de cet indice ciblera prioritairement les détenus ayant bénéficié de formations ou d’un emploi dans le cadre du PRESPEN afin de mesurer l’efficacité des interventions et d’orienter les politiques publiques.
Pour elle, « cet atelier constitue une étape clé pour passer d’une logique d’activités à une logique d’impact, mesurer la réussite réelle des programmes de réinsertion et poser les bases d’un système national de suivi de la récidive et de la réinsertion ».

Après avoir remercié particulièrement ses partenaires du PNUD et le Royaume des Pays-Bas, qui techniquement et financièrement, à travers le projet PRESPEN, ont permis la réalisation de cette activité, Mme Amina Abdourahamane a encouragé l’équipe de la DGASP/R qui n’a ménagé aucun effort pour que cette formation se tienne.
Soulignant l’importance de cette rencontre qui est inscrite dans le plan de travail annuel 2026 du PRESPEN et dans le plan d’actions prioritaires du Ministère de la justice et des droits de l’homme, Mme Amina Abdourahamane a indiqué que « cette activité a une importance capitale aussi bien dans le cadre de la mise aux normes standards des établissements pénitentiaires, de l’humanisation du milieu carcéral que de la mise en place d’un dispositif de suivi post carcéral et la création de l’indice de réinsertion sociale des détenus au Niger ».
Pour sa part, le gouverneur de la région de Tahoua, le Colonel-major Souleymane Amadou Moussa, a souligné l’importance accordée collectivement par les autorités et les partenaires à la réinsertion « des personnes ayant été en conflit avec la loi et, plus largement, à la consolidation de la paix, de la cohésion sociale et de la stabilité dans notre pays ». La question de la réinsertion, a-t-il poursuivi, ne saurait être considérée comme relevant uniquement de l’administration pénitentiaire ou du secteur de la justice.
Quant au Représentant résident du PNUD au Niger, M. Mamadou N’daw, il a exprimé la reconnaissance de son institution, au Gouvernement du Niger, et particulièrement au ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, pour son leadership et pour sa volonté de placer la réinsertion au cœur de la politique pénitentiaire. Il a également remercié le Gouvernement du Royaume des Pays-Bas pour son appui constant aux questions relatives à l’état de droit et de stabilité.
Par ailleurs, M. Mamadou N’daw a déclaré que lorsqu’une personne sort de détention sans perspective, sans activité, sans accompagnement et sans possibilité réelle de retrouver sa place dans sa famille et dans sa communauté, sa vulnérabilité devient un risque pour la communauté et pour la société tout entière. « Former pendant la détention ne suffit pas si nous ignorons ce que devient la personne après sa libération ; produire aussi dans les établissements ne suffit pas si les compétences acquises ne génèrent pas ensuite des revenus durables ; préparer la sortie ne suffit pas si la communauté, les collectivités, les services publics et les acteurs économiques ne prennent pas le relais ».
M. Mamadou N’daw a, par la suite, précisé que le dispositif national devra accorder une attention particulière aux femmes, aux jeunes et aux personnes en situation de vulnérabilité spécifique dont les obstacles à la réinsertion appellent des réponses adaptées. Ce dispositif devra aussi garantir la confidentialité, la dignité et la protection des données personnelles. « Le suivi post-carcéral doit accompagner la personne vers l’autonomie. Il ne doit jamais prolonger la peine au-delà de la prison par une surveillance permanente ou une nouvelle forme de stigmatisation », a-t-il insisté.
Tsahirou Abdoua
ONEP Tahoua



