Siradji Sanda
Les événements qui frappent la France, en particulier la contestation des lycéens et des étudiants ces derniers temps, font penser à ceux de mai 68. Toutefois, si en mai 68 les étudiants contestaient l’enseignement traditionnel et l’autorité, aujourd’hui les lycéens et étudiants contestent les conditions d’étude et l’incapacité du gouvernement Macron à les améliorer.
Cependant, l’actuel mouvement des lycéens est en train de fédérer d’autres forces. En effet, les lycéens sont rejoints par les étudiants, des syndicats d’enseignants, d’avocats, mais aussi leurs parents et certains hommes politiques. Bref, le mouvement gagne petit à petit la sympathie du ‘’bas peuple’’, celui-là même qui a du mal à s’en sortir, qui est infantilisé et à qui la bande à Macron ment constamment.
Devant l’ampleur que prend le mouvement et face à son incapacité à apporter une réponse aux vrais problèmes des jeunes français, le gouvernement Macron file du mauvais coton en versant dans la diversion, la fuite en avant et la délation en accusant le parti La France Insoumise, l’Islam et la migration. Une posture dans laquelle Donald Trump et Elon Musk ont apporté de l’eau au moulin du gouvernement français.
Si à la suite du mouvement de mai 68, le général De Gaule avait en son temps dissout l’Assemblée nationale pour organiser des élections qu’il remporta d’ailleurs, aujourd’hui Macron n’a pas la trempe et l’aura de De Gaule. Il avait déjà fait l’amère expérience en dissolvant l’Assemblée le 9 juin 2024 pour perdre ensuite la majorité. Ce qui a donné lieu à des gouvernements éphémères. Il lui a fallu négocier des arrangements politiques boiteux et user presque quotidiennement de 49.3 à l’Assemblée nationale pour arriver à un semblant de stabilité politique et imposer un gouvernement inefficace.
Avec ces mouvements scolaires, s’achemine-t-on vers un mai 68 bis ? Il est peut-être très tôt de l’affirmer, mais ce qui est sûr, chaque jour qui passe l’impopularité de Macron ne fait qu’augmenter face à l’incapacité de son gouvernement de répondre aux attentes des Français. Et, d’autres rassemblements sont déjà programmés.
Siradji Sanda (ONEP)


