Lors de la visite du ministre de la Justice à Daïkaina
Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, chargé des relations avec les institutions, M. Alio Daouda, a visité le mercredi 12 août 2026, le Centre pénitentiaire de production de Daïkaina, dans la région de Tillabéri. Dix-huit mois après sa mise en service, l’établissement développe des activités de formation et de production destinées aux détenus. La visite s’est déroulée en compagnie du gouverneur de la région de Tillabéri, le Colonel Maïna Boukar, des chefs coutumiers, des responsables administratifs et militaires, ainsi que l’administrateur associé du PNUD, M. Haoling Xu, et l’ambassadeur du Royaume des Pays-Bas au Niger, SEM André Carsten.
La visite a permis au ministre et à sa délégation de prendre connaissance des différentes activités menées au sein du centre. Le centre dispose d’une unité avicole de 5 000 poules pondeuses et d’un espace dédié aux activités agricoles auxquelles participent les détenus. Ces activités concourent à couvrir les besoins alimentaires de l’établissement. À ces activités de production s’ajoutent plusieurs filières de formation professionnelle. L’objectif est de permettre aux détenus d’acquérir des compétences pratiques susceptibles de faciliter leur insertion professionnelle dans la vie post-carcérale.
La visite a été marquée par les témoignages d’anciens détenus ayant bénéficié de ces formations. Certains ont expliqué que les compétences acquises à Daïkaina leur ont permis, après leur libération, de développer leurs propres activités. Deux anciens bénéficiaires sont aujourd’hui devenus employeurs. L’un fait travailler deux personnes, tandis que l’autre emploie onze autres.
Pour le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, ces expériences montrent l’importance de maintenir les activités de formation et de production dans les établissements pénitentiaires. « Ils doivent être des centres où, lorsqu’on y arrive malheureusement, on doit sortir avec un professionnalisme, avec une activité, avec une éducation, avec quelque chose de positif qui lutte contre la radicalisation », a-t-il déclaré.
Le ministre a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de poursuivre l’accompagnement des bénéficiaires après leur libération. Il a proposé au directeur de l’administration pénitentiaire d’étudier la création d’une coopérative regroupant les anciens détenus formés à Daïkaina. Une telle structure pourrait permettre de maintenir le contact avec les bénéficiaires, de faciliter leur accompagnement et de mieux suivre leur évolution après leur sortie du centre. Dans la même perspective, le ministre a annoncé le lancement d’un avis d’appel d’offres pour le financement du Centre de production pénitentiaire de Mayahi, afin de poursuivre la dynamique dans d’autres établissements.
Les autorités locales qui ont pris part à la visite, ont insisté sur la nécessité d’associer directement les communautés à l’identification de leurs besoins et à la conception des projets qui leur sont destinés. « On ne peut pas travailler pour nous sans nous », ont-elles rappelé, estimant qu’un programme ne peut être véritablement adapté aux réalités locales sans la participation des populations concernées. Cette approche devrait, selon elles, permettre de mieux déterminer les priorités et d’orienter les interventions vers les besoins réellement exprimés sur le terrain.
Adamou I. Nazirou
ONEP Tillabéri
