M. Himadou Amadou
La guerre médiatique menée depuis l’étranger par certains partisans de l’ancien Président Bazoum relève davantage de l’illusion d’un retour au pouvoir que d’une véritable lecture des réalités politiques du Niger.
Ils semblent avoir du mal à accepter leur éloignement et du succès de la refondation.
On se rappelle déjà que la candidature de Mohamed Bazoum avait été sponsorisée par des puissances occidentales et imposée au parti au pouvoir d’alors. C’est pourquoi sa page a été vite tournée à l’avènement du CNSP.
Mais à y regarder de près, tous les acteurs qui s’agitent et qui se réclament partisans du président déchu n’étaient pas bien connus à l’époque, à fortiori ne jouissaient pas d’une certaine crédibilité. C’est un groupe de jeunes arrogants et irrespectueux vis-à-vis des sages qui a manœuvré pour créer la zizanie au sein de leur propre parti, avec les conséquences qui ont suivi.
L’ex-Président Bazoum et sa femme résident ensemble au Palais. Son épouse a même été autorisée à partir, mais elle a préféré rester. Ce sont des mesures conservatoires qui tiennent compte de la géopolitique actuelle et pour des raisons d’État, vu les fonctions occupées, contrairement à la polémique entretenue.
On se demande d’ailleurs pourquoi certains pays hostiles veulent lui accorder l’asile ?
Mamadou Tandja et Mahamane Ousmane ont, tous deux, été des présidents démocratiquement élus avant d’être renversés par des coups d’État militaires. Tandja a même été incarcéré à la prison civile de Kollo en janvier 2011. Diori Hamani a connu 13 longues années d’éloignement à Zinder. Mais jamais le Niger n’a connu une telle animosité, de tels comportements des prétendus opposants tendant à détruire leur propre pays.
Lorsque des responsables ou leurs soutiens établis à l’étranger multiplient les campagnes contre leur ancien pays, tout en bénéficiant de soutiens politiques extérieurs, il est certain que la France et ses complices sont à la manœuvre pour revenir par la petite porte par le biais de ces nouveaux harkis nigériens.
Les harkis, souvenez-vous, sont des Algériens qui ont servi comme supplétifs dans l’armée française pour combattre leur propre pays afin de bénéficier de certains avantages.
Le Niger d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier. Depuis 2023, une nouvelle dynamique politique s’est affirmée autour de la souveraineté nationale et de la coopération entre les États de l’AES. Avec le Mali et le Burkina Faso, le Niger dispose d’importants potentiels humains, agricoles, énergétiques et miniers. L’enjeu est désormais de transformer ces ressources en développement, en emplois, en sécurité et en prospérité pour les populations.
Sous le leadership du Général d’Armée Abdourahamane Tiani, du Général d’Armée Assimi Goïta et du Capitaine Ibrahim Traoré, l’AES entend construire une nouvelle trajectoire, en diversifiant ses partenariats stratégiques et en renforçant son autonomie.
Les peuples de l’AES ne sont plus disposés à accepter que leur avenir soit décidé ailleurs. Ils veulent être acteurs de leur propre destin.
La manipulation médiatique, les campagnes d’intoxication et les appels à l’intervention extérieure ne remplaceront jamais les réalités du terrain.
Le combat des harkis nigériens ne se gagnera ni dans les salons étrangers ni sur les réseaux sociaux. Les actions concrètes au Burkina, au Mali et au Niger suscitent espoir en Afrique et font peur aux impérialistes.
Ceux qui rêvent d’un retour à l’ancien ordre doivent comprendre une chose : le changement de mentalité est déjà profond et le choix politique irréversible.
Himadou Amadou
Spécialiste en Communication
