Farmo M.
En psychologie, le transfert désigne le processus par lequel le patient projette sur une autre personne, des pensées, des émotions, des expériences, des désirs ou des émotions, souvent traumatisants, enracinés dans ses expériences du passé.
Au plan social, le transfert vient à signifier le processus par lequel, un pays, un Etat ou une société projette les expériences traumatisantes de son passé, sur d’autres pays, d’autres États ou d’autres sociétés.
1. Transfert du traumatisme monétaire et financier
Sous l’occupation de la France par le régime nazi, l’Allemagne hitlérienne impose à la France, afin de la dépouiller et de financer l’effort de guerre, un système monétaire caractérisé par une centralisation des réserves et un contrôle des changes.
En 1945, à la fin de la seconde guerre mondiale, la France libérée (notamment par des Tirailleurs africains), afin de financer sa reconstruction par le pillage des colonies, crée le franc des Colonies Françaises d’Afrique (CFA), système monétaire qui, à l’instar, de celui de la France de la France occupée, repose sur la centralisation des réserves et le contrôle des changes.
Nul besoin d’être expert en économie pour comprendre que la France du général de Gaule, en signant les accords de Breton Woods, le 26 décembre 1945, transférait sur les colonies africaines, le traumatisme monétaire que son pays avait subi.
En vérité, le franc a été pour les colonies françaises d’Afrique, et continue d’être pour les quatorze États africains de la Zone franc, ce que le franc de Vichy a été pour la France sous l’occupation allemande.
Incontestablement, la France, en agissant de cette manière, a introduit le nazisme en Afrique.
2. Transfert du traumatisme politique et idéologique
Si l’on considère le nazisme sous d’autres aspects, celui de la terreur, celui de la Shoah ou holocauste, on peut en dire autant.
La France a vécu sous la terreur de masse perpétrée par les groupes paramilitaires SS allemands. Elle a vécu la Shoah et l’holocauste sur sa terre, les camps de concentration et les fours crématoires, sous l’occupation allemande et le régime collaborationniste de Vichy.
Comment la France a-t-elle procédé pour transférer les drames, les malheurs, les calamités et les catastrophes de son passé, sur nous ?
En créant, en finançant, en soutenant les groupes dits djihadistes, organisations paramilitaires qui, comme les SS allemands, sèment la terreur dans nos contrées, la France transférait sur nous un traumatisme d’une autre nature.
La Shoah, selon son origine hébraïque signifie catastrophe ou anéantissement. L’holocauste, suivant son origine grecque désigne ce qui entièrement consumé par le feu. Or donc, de combien de catastrophes, d’anéantissements, et d’incendies criminels, ces groupes armés sont-ils coupables ?
Comme on le voit, la France n’est pas seulement la puissance tutélaire, celle qui se croit investie d’une mission civilisatrice, elle est aussi une entité qui porte des traumatismes, et qui, de manière plus ou moins consciente, les transfère sur autrui.
Le nazisme est une abomination, et le djihadisme, une ignominie.
La France et les vainqueurs de la seconde guerre mondiale ne se sont pas embarrassés de droits humains dans le procès qu’ils firent au nazisme, aux nazis et à leurs collaborateurs. Partout, en Italie, en Pologne, en Belgique, en Hongrie, aux Pays-Bas, en Russie, etc., il y a eu des représailles. À ces représailles, l’Europe, sans-gêne aucune, a donné le nom d’épuration.
En France, comme ailleurs, l’épuration a été d’abord sauvage, puis légale. Au pays des droits de l’homme, l’épuration sauvage a consisté en exécution de 10.000 collabos, sans procès, en humiliation de 20.000 femmes (tondues, application de goudron sur le crâne, exhibées nues), accusées de collaboration horizontale, c’est-à-dire d’avoir eu des relations intimes avec l’occupant allemand. L’épuration légale quant à elle, s’est soldée par des exécutions (1.500), des peines de prison, des condamnations aux travaux forcés, par des déchéances de droits civique et par des révocations. Fait notable : l’entreprise automobile Renault a été nationalisé en 1945, pour cause de collaboration de son propriétaire avec le régime nazi.
Telle est la manière dont vous avez réagi face au nazisme.
Et vous qui avez été si fermes, si intransigeants, voire impitoyables dans le châtiment du nazisme qui a détruit vos États, meurtri vos sociétés et dépeuplé vos pays, voulez que nous traitions son pendant, l’ignominie djihadistes, autrement ?
Des hordes armées égorgent nos pères, nos mères, nos frères, les criminels sont poursuivis, traqués, et neutralisés. Vos organisations de défense des droits humains n’ont d’yeux que pour les assassins. Elles placent plus d’humanité dans le meurtrier que dans la victime. Les nôtres, à vos yeux, ne valent pas plus que des animaux de boucherie.
Nos enfants, nos filles, nos femmes sont enlevées, torturés, violés et déportés. D’aucuns sont soumis au travail forcé, comme dans les camps de travail forcé, d’autres servent d’esclaves sexuels. Nos forces de défense et de sécurité ripostent, et font des morts parmi les kidnappeurs. Vos médias mensongers de masse font plus de cas des ravisseurs occis que des malheureux otages. Les nôtres sont trop noirs pour que l’Occident blanc s’émeuve sur leur sort.
Des villages entiers sont pillés et brûlés par des djihadistes. Des hommes, des femmes, des vieillards sont réduits en cendre, comme dans les fours crématoires nazis. La réplique fulgurante de nos armées met plusieurs dizaines de pyromanes hors d’état de nuire. Vous criez au crime de guerre, si ce n’est au crime contre l’humanité. Les nôtres sont assimilés à des ronds de bois.
Nous traiterons le djihadisme comme vous avez traité le nazisme. Si vous éprouvez quelques difficultés à me croire, accordez foi aux dires de Victor Hugo : « quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! insensé, qui croit que je ne suis pas toi ».
Farmo M.
