Visite de la Secrétaire d’Etat Parlementaire allemande au CNRFO de Niamey : Dr Bärbel Kohler s’enquiert du progrès de la prise en charge des femmes fistuleuses après un financement de 1 million d’euros

Société

Dans le cadre d’une visite officielle au Niger, la Secrétaire d’Etat Parlementaire auprès du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), Dr Bärbel Kohler a effectué une visite, hier matin au Centre National de Référence de la Fistule Obstétricale (CNRFO) de Niamey. La secrétaire d’Etat, à la tête d’une forte délégation s’y est rendue pour s’enquérir des progrès de la lutte que mène le ministère de la Santé publique, de la population et des affaires sociales, contre les fistules obstétricales au Niger, en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et avec le soutien financier du BMZ pour un montant d’un million Euros (1.000.000 euros) pour la période 2021 2022.

Cette visite du donateur au CNRFO constitue une opportunité pour montrer les résultats du projet de lutte contre la fistule obstétricale et de mobiliser des ressources additionnelles. Et c’est avec un chant d’espoir que des femmes guéries de la maladie ont accueilli la délégation allemande dans ledit centre. Durant plus d’une heure d’horloge, la Secrétaire d’Etat Parlementaire auprès du BMZ, Dr Bärbel Kohler s’est entretenue avec les responsables du CNRFO et les patientes guéries, en présence des responsables du ministère de la Santé publique et ceux de l’UNFPA.

Ainsi, après la présentation du centre et les échanges sur le mécanisme de prise en charge, quelques patientes ont livré leurs témoignages. C’est le cas notamment de Safaraou, une jeune femme de 26 ans originaire de Matamèye qui souffrait de la fistule suite à un accouchement difficile, il y’a 5 ans de cela. «J’ai contracté ma grossesse à l’âge de 20 ans, 6 mois après mon mariage. Quand la grossesse est arrivée à terme, j’ai eu un long travail de trois jours à la maison avant d’être amenée à l’hôpital de Matamèye où j’ai accouché suite à une opération. C’est après que j’ai constaté les urines couler incessamment. Désespérée, je pleurais. J’ai été ensuite évacuée à l’hôpital de Zinder où j’ai subi deux interventions sans succès», raconte Safaraou guérie aujourd’hui après s’être référée au CNRFO de Niamey. Abandonnée par son mari, lors de cette dure épreuve, comme beaucoup des femmes fistuleuses, Safaraou a, pendant son séjour au centre, suivi une formation au métier de tricotage. «Ici, on nous a appris divers métiers, de la couture à la machine, du tricotage manuel, la fabrication de l’encens et de détergeant liquide. Après mon séjour je suis retournée chez mes parents un temps avant de revenir pour le contrôle. C’est là que j’ai bénéficié d’un fonds pour me lancer dans l’une des activités génératrices apprises», a-t-elle confié.

En effet, les résultats obtenus en 2021 grâce au financement allemand sont appréciables. Les responsables du ministère de la Santé publique citent entre autres 525 femmes victimes de la fistule obstétricale traitées dont 493 opérées et 32 traitées par sonde. Selon la note d’information de la direction générale de la population et de la santé de reproduction, 551 Femmes victimes de FO ont bénéficié d’une réinsertion socio-économique et la capacité d’accueil et d’hébergement est renforcée avec 45 lits supplémentaires (Zinder 10 lits, Maradi 20 lits et Tahoua 15 lits) et un hangar de 50 places à Tahoua. Aussi 5 médecins ont été formés en «réparation» de la fistule obstétricale et viennent s’ajouter au répertoire des 23 chirurgiens actifs dans ce domaine.

«Pour nous, la situation des femmes est très importante. Nous sommes convaincus qu’aucun développement positif n’est possible dans un pays sans les femmes. Elles sont au centre de ce développement. C’est pour cela que leur santé, leur insertion économique, et leur bien-être dans l’ensemble nous préoccupent tant. Et je suis là pour voir le progrès qui est fait pour l’amélioration de la situation des femmes fistuleuses», a expliqué la Secrétaire d’Etat Parlementaire allemande, Dr Bärbel Kohler.

En perspective, au titre de l’année 2022, le ministère en charge de la Santé publique entend tenir une journée parlementaire avec l’Assemblée Nationale, pour l’élaboration d’une nouvelle stratégique nationale d’élimination de la FO pour la période 2022-2028.

Ismaël Chékaré(onep)