20ème Journée Africaine de la Médecine Traditionnelle : Bilan des progrès réalisés en deux décennies de célébration de la Journée

Société

La salle des réunions de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Niger (CCIN) a servi de cadre, hier matin, pour la tenue d’une cérémonie organisée dans le cadre de la célébration de la 20ème Edition Africaine de la médecine traditionnelle, commémorée le 31 août de chaque année. L’édition 2022 marque deux décennies de célébration de la Journée africaine de la médecine traditionnelle. Une médecine traditionnelle qui constitue une source de soins de santé acceptables et accessibles à un coût abordable pour les populations africaines dont les statistiques disponibles à ce jour, montrent qu’environ 60 à 80 % d’entre elles font recours à la médecine traditionnelle pour répondre à leurs besoins sanitaires essentiels. C’est le ministre de la Santé Publique, de la Population et  des Affaires Sociales, Dr Idi Illiassou Mainassara qui a présidé cette cérémonie en présence de la Représentante de l’OMS au Niger, Dr Anya Blanche, du président du collectif des tradipracticiens de santé et de plusieurs invités et acteurs de la médecine traditionnelle.

Intervenant au cours de cette cérémonie, le ministre en charge de la Santé Publique a rappelé l’importance du thème de cette édition, qui a-t-il dit «est une invitation aux différents pays concernés pour faire le point sur les avancées enregistrées dans ce domaine après deux décennies de célébration». Pour Dr Idi Illiassou Mainassara, la médecine traditionnelle constitue pour l’Afrique en général et pour le Niger en particulier un patrimoine riche qui contribue à son développement économique. C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, la valorisation des plantes médicinales constitue une préoccupation majeure de nombreux chercheurs et responsables des pays concernés.

Le ministre a ensuite évoqué les progrès enregistrés au Niger, en matière de la médecine traditionnelle. Il cite entre autres les formations des tradipraticiens de santé sur Les bonnes pratiques de cueillette et de séchages, sur le VIH, le diabète, l’hypertension artérielle et  le paludisme ; l’élaboration d’un Manuel de médecine traditionnelle qui sera intégré dans le curricula de formation dans les écoles et instituts de santé ; l’attribution d’autorisation d’exercice à titre privée pour les tradipraticiens de santé ; la révision d’un lexique de plantes médicinales du Niger ; la supervision des activités des tradipraticiens dans les 8 régions du pays, etc.

Dans la même lancée, a déclaré  le ministre, l’OMS AFRO a engagé un processus visant à impliquer davantage la médecine traditionnelle dans la riposte à la pandémie de la COVID-19. «L’OMS pour l’Afrique a mis en place un comité régional d’experts sur la médecine traditionnelle pour la COVID-19. Ce comité a, entre autres, la charge d’approuver les protocoles pour les essais cliniques, une charte et des termes de référence pour la mise en place d’un conseil de surveillance des données et de la sécurité des essais cliniques de phytothérapie», a précisé Dr Idi Illiassou Mainassara, ajoutant qu’en Afrique et au Niger, les deux médecines (traditionnelle et moderne) se côtoient et chacune au mieux de sa compétence essaye de combattre les maladies.

Pour sa part, la Représentante de l’OMS au Niger, Dr Anya Blanche a indiqué que, depuis l’instauration de la Journée de la médecine traditionnelle africaine en 2003, l’OMS a soutenu la mise en œuvre, sur le continent, des stratégies régionales de l’OMS pour la promotion et le renforcement du rôle de la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé. «La célébration de cette journée nous donne l’occasion de susciter des réflexions sur les progrès accomplis par le pays en matière de promotion de la médecine traditionnelle, la culture et la transformation de plantes médicinales, la formation des tradipraticiens et leur collaboration avec leurs collègues de la médecine conventionnelle» a-t-elle déclaré.

Dr Anya Blanche a enfin encouragé et exhorté les autorités sanitaires à renforcer davantage la collaboration entre les institutions scientifiques, technologiques et d’innovation avec les tradipraticiens, afin d’accélérer la recherche-développement et la fabrication locale de traitements issus de la médecine traditionnelle pour la santé et le bien-être des populations nigériennes.

Peu après le lancement de cette journée, s’en est suivi un défilé des membres de l’Association des Tradipraticiens du Niger à savoirs les herboristes, les rebouteurs, les pécheurs, les coiffeurs traditionnels et les chasseurs invulnérables au fer. La cérémonie officielle a pris fin par la visite des stands aménagés pour l’occasion par les tradipracticiens. Notons que l’exposition-vente des produits de la médecine traditionnelle continuera jusqu’au 29 septembre à la devanture de la grande mosquée Kadhafi de Niamey.

 Aminatou Seydou Harouna(onep)