Les diplomates participant au séminaire
La République populaire de Chine entretient un dispositif diplomatique dense couvrant l’Afrique et le monde arabe depuis 70 ans exactement. Pour célébrer les progrès enregistrés au cours de ces sept décennies, un important séminaire a été organisé le mardi 17 juin 2026 à Pékin autour du thème : « Bâtir ensemble une communauté d’avenir partagé ».
Au cours de ce séminaire, des autorités chinoises, des diplomates et des responsables d’institutions diplomatiques et de recherche ont échangé et partagé leurs expériences, en donnant un aperçu global de la coopération entre la Chine, l’Afrique et les pays arabes.
A l’ouverture des travaux, le vice-ministre des Affaires étrangères de la République populaire de Chine, M. Miao Deyu, a rappelé la nature de la coopération stratégique globale qui lie les trois parties. Selon lui, la Chine soutiendra l’Afrique et le monde arabe sur toutes les questions de développement. Il affirme que l’amitié solide entre la Chine et ses partenaires est une relation ancrée dans l’histoire. « La Chine travaillera avec ses partenaires africains et arabes pour bâtir une communauté d’avenir partagé pour l’humanité, et donner un nouvel élan à la paix et au développement mondiaux » a-t-il déclaré.
Au cours des 70 dernières années, la Chine, l’Afrique et les pays arabes ont mis en place des mécanismes de coopération solides et durables. Deux plateformes majeures structurent aujourd’hui ce partenariat à savoir le Forum sur la coopération Chine-Afrique, FOCAC, et le Forum de coopération Chine-Arabie. Ces cadres institutionnels ont permis d’approfondir les relations dans des domaines variés dont le commerce, la finance, l’éducation, l’énergie, les infrastructures, la santé, l’agriculture, la technologie et bien d’autres.
Le vice-ministre a insisté sur les progrès réalisés dans plusieurs secteurs clés. Il a notamment mis en avant les programmes de formation professionnelle, les bourses d’études, les échanges universitaires et le transfert de compétences. M. Miao Deyu a également évoqué une mesure d’actualité forte : la nouvelle politique chinoise de “Zéro tarif douanier” appliquée aux produits en provenance des pays les moins avancés d’Afrique. Cette mesure vise à faciliter l’accès des produits africains au marché chinois et à rééquilibrer les échanges commerciaux.
Ils étaient nombreux, les acteurs des institutions publiques chinoises, africaines, arabes et diplomatiques, à partager leur vision sur cette coopération entre la Chine, l’Afrique et les pays arabes. Parmi eux, SE. Mamina Cyprien Sylvestre, ambassadeur de la République de Congo en Chine, co-président du FOCAC, a fait ressortir les points saillants et les multiples avantages tirés de cette coopération dans toutes ses dimensions. « Les relations entre la Chine, l’Afrique et les pays arabes portent des résultats concrets » a-t-il déclaré.
Des réflexions pour renforcer les partenariats
Pour l’ensemble des acteurs, le constat des relations entre la Chine, l’Afrique et les pays arabes est unanime. En effet, le partenariat a évolué dans une logique de partenariat gagnant-gagnant en apportant des résultats concrets. Les projets d’infrastructures financés et réalisés par des entreprises chinoises en Afrique et dans le monde arabe illustrent cette évolution. Routes, ports, chemins de fer, centrales énergétiques, ports, zones économiques spéciales, hôpitaux, écoles sont entre autres réalisations de la Chine dans les pays partenaires pour répondre à des besoins de développement concrets et créer des emplois locaux.
Pour renforcer ce partenariat, le rendre plus solide et tourné vers l’avenir, plusieurs intervenants ont rappelé qu’il doit poursuivre sa trajectoire sur les piliers fondamentaux, notamment l’esprit de gagnant-gagnant, la solidarité, le soutien et le respect mutuel, l’unité du Sud global, les échanges culturels et la résilience face aux défis.
Les intervenants ont également insisté sur un point essentiel notamment l’avenir de cette coopération. Pour eux, l’avenir de ces relations ne dépend pas seulement des gouvernements, mais aussi des peuples. Les étudiants, les entrepreneurs, les femmes, les jeunes portent cette amitié Chine-Afrique-monde arabe au quotidien. Toujours en rapport avec ce point jugé essentiel, les intervenants ont témoigné que sous la direction du Parti communiste chinois, la Chine a avancé quatre initiatives majeures notamment sur les questions de développement, de sécurité, de civilisation et de gouvernance mondiale. Récemment, à Pékin, l’initiative pour la gouvernance mondiale a été réaffirmée. Dans ce cadre, la Chine renforce ses liens avec les pays africains et arabes pour plaider en faveur d’une réforme des institutions internationales et des règles du commerce mondial.
Ainsi, à travers ce séminaire, les différentes parties partagent la conviction que le système international doit refléter les réalités du moment. La voix de l’Afrique et du monde arabe doit compter davantage. Le Sud global doit avoir plus de poids dans la prise de décisions. Ce qui a été accompli au cours des sept dernières décennies est la preuve d’une relation diplomatique solide qui a su résister aux changements géopolitiques. « L’avenir exige d’investir dans l’humain et la connaissance. Il exige de travailler ensemble pour un développement durable qui répond aux besoins du présent sans compromettre ceux des générations futures. La Chine, l’Afrique et les pays arabes avancent dans ce sens, avec la même détermination. Il n’y a aucun modèle qui peut être appliqué dans le monde. Mais sur les questions en rapport aux relations diplomatiques entre la Chine et ses partenaires, il y a deux leçons à enseigner au monde » a souligné M. Laurent Caromba, chercheur senior de l’institut de réflexion stratégique de Mapungubwe.
Pour les participants, ce séminaire prouve à suffisance que l’amitié entre la Chine, l’Afrique et le monde arabe est fondée sur des bases profondes caractérisées par des projets, des échanges, de la confiance et du respect mutuel.
Abdoul-Aziz Ibrahim à Pékin
