Mme Assoumane Mourjanatou
Bonjour Mme la Directrice Générale. Que peuvent retenir les lecteurs de vous quand il s’agit de vous présenter ?
Bonjour et merci de l’opportunité que vous m’offrez pour m’exprimer dans le cadre de la fête du 13 Mai. Ce que je dois faire savoir aux lecteurs c’est que je suis une femme, une mère et un cadre de l’État. Mme Assoumane Mourjanatou est inspectrice principale du trésor en fonction depuis novembre 1991 et j’ai fait carrière au sein du Ministère de l’Économie et des Finances avant d’être nommée Directrice Générale de la Caisse des Dépôts et d’Investissements (CDI) en janvier 2024.
Parlez nous de vos missions essentielles ici au niveau de la Caisse de Dépôt et d’investissement ?
La Caisse des Dépôts et d’Investissement est un organisme public, crée par ordonnance N°-2024-55 du 15 novembre 2024 en lieu et place de la CDC.
Elle est investie d’une mission d’intérêt général. Elle est chargée de collecter, de recevoir et de conserver des fonds publics et privés prévus par la loi et en assurer la gestion, de participer efficacement à la mise en œuvre des politiques publique conduites par l’État et les collectivités territoriales.
La caisse est un peu mal connue du grand public, parlez nous de vos activités essentielles, de vos réalisations, de vos ambitions pour faire bouger les lignes ?
C’est une réalité que la Caisse des dépôts et d’Investissements (CDI) soit méconnue du grand public, en ce sens que les activités proprement dites de la Caisse n’ont pas été mise en œuvre depuis sa création à cause notamment de l’insuffisance du cadre juridique et de la faible mobilisation des ressources.
Nos principales activités sont le financement du logement social et l’appui au PME-PMI elle participe également au financement des infrastructures des collecte (voirie, assainissement des centres urbain, écoles, centre de santé, ouvrage hydraulique).
Journée Nationale de la Femme Nigérienne, parlons-en, quelle appréciation faites-vous aujourd’hui de la place de la femme dans notre société ?
En Afrique et particulièrement au Niger, la femme a toujours occupée une place importante dans la société, représentant plus de 57% de la population, le développement économique et social d’un pays ne peut être véritable sans la participation de la femme et ce dans tous les domaines de l’éducation familiale en passant par l’école, la femme est présente et joue son rôle d’éducatrice.
Elle veille aussi sur la santé de ses enfants, de son mari et son foyer. Bref elle assure l’équilibre au sein de la société.
En tant que femme qui dirige cette structure, quels sont vos leviers d’actions, quelles sont les astuces pour créer une émulation ?
En tant que femme dirigeante, les facteurs clés permettant d’améliorer la performance au sein de ma structure c’est d’abord la discipline au travail, l’engagement total, la communication transparente avec les partenaires en les mettant en confiance.
Pour vous qu’est ce que la femme peut apporter de plus que l’homme quand elle a un poste de responsabilité ? Doit-on, selon vous, juste les traiter différemment ?
Une femme a un poste de responsabilité peut apporter énormément, non pas parce qu’elle est supérieure à l’homme mais parce qu’elle peut offrir des qualités, des expériences et des approches complémentaires. Bien sûr, cela dépend surtout de la personnalité et des compétences de chacun, mais plusieurs études et expériences montrent souvent chez les femmes dirigeantes :
– Une grande capacité d’écoute et d’attestation aux autres ;
– Une gestion plus collaboratrice et inclusive ;
– Une forte intelligence émotionnelle dans les relations professionnelles ;
– Une bonne attitude à gérer plusieurs responsabilités à la fois ;
– Plus de sens de suivi et de détail ;
– Une capacité à apaiser les tensions et favoriser le dialogue ;
– Une approche parfois plus prudente et stratégique dans la prise de décision.
Comme on le dit souvent : une société avance mieux quand les talents des femmes et des hommes travaillent ensemble plus qu’en opposition
Nous sommes à l’ère de la refondation, nous sommes à l’ère de l’engagement citoyen, quel message souhaiteriez-vous faire passer au sujet de la place de la femme ?
J’en appelle aux femmes à plus d’engagement dans la vie socio-professionnelle pour se faire sa propre place que de se contenter d’un hypothétique quota. Aux décideurs de donner plus de chance aux femmes pour pouvoir faire leurs preuves
Dévoilez nous vos projets, vos rèves pour la Caisse de Dépôt et d’Investissement ?
Je souhaite voir la Caisse des dépôts et d’Investissements se hisser au rang des caisses qui impactent les économies de leurs pays. Pour ce faire je m’emploie inlassablement à apporter ma pierre à l’édifice, en jetant les base d’une Caisse qui soit véritablement dans son métier d’investisseur. Un premier pas a déjà été franchi avec l’adoption de l’ordonnance n° 2024-55 PRN/MEF du 15 novembre 2024 qui a été institué la CDI en lieu et place de la CDC.
Propos recueillis par Aissa Abdoulaye Alfary (ONEP)
