Moustapha Alou
Coup sur coup, l’Etat du Niger, à travers le gouvernement réuni en Conseil des ministres sous la présidence du Président de la République, Chef de l’État, Président du Conseil des ministres, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, adopte un projet d’ordonnance portant dispositions spécifiques applicables aux sociétés minières d’Etat en matière fiscale et de marchés publics, crée, en lieu et place de la Société des Mines de l’Air(SOMAIR) nationalisée depuis quelques mois, une société d’Etat dénommée Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA ), puis transfère le patrimoine de la SOMAIR à la nouvelle société d’Etat TSUMCO.
Dans la même foulée, le gouvernement annule la concession d’Arlit octroyée, le 17 janvier 1968, au Commissariat à l’Energie Atomique(CEA), crée, ensuite, un Etablissement Public à caractère Scientifique, Culturel et Technique dénommé Ecole des Mines de l’Air Chef de Bataillon Sani Souna Sido, EMAIR S .S. Sido en hommage « à ce patriote visionnaire, à l’initiative de la création de cette école en 1975 alors qu’il était ministre chargé des Mines », et approuve les statuts de l’Ecole des Mines de l’Air Sani Souna Sido.
En créant la nouvelle société d’Etat TSUMCO SA en lieu et place de la SOMAIR ,filiale du groupe français Orano et en annulant purement et simplement ,pour ne pas dire carrément ,la concession d’Arlit octroyée à la CEA ,les responsables de la Nation viennent, d’une part, de parachever la réappropriation complète de l’uranium enfoui dans le sous-sol d’Arlit et de ses environs et ramener dans le giron national ,le patrimoine national pour ainsi dire, l’exploitation de cette ressource nationale stratégique ,d’autre part.
Dans le sillage de l’affirmation de l’identité nationale et la promotion des valeurs dans tous les secteurs, la nouvelle société d’Etat prend la dénomination « Teloua » en référence à cette nappe aquifère souterraine sur laquelle se trouvent les installations de la mine de la COMINAK exploitée, surexploitée, dégradée, dénaturée de 1978 à 2021 par le groupe français Areva qui deviendra Orano, avec comme on le sait des impacts désastreux et dramatiques sur les sols, les eaux naturellement, la biodiversité et les écosystèmes sahariens d’Arlit et ses environs.
Au demeurant, Teloua demeure un des symboles de la grande criminalité environnementale organisée, planifiée et perpétrée par la France au Niger, d’où la détermination et l’engagement de l’Etat du Niger à poursuivre en justice les auteurs de cette entreprise criminelle.
S’agissant spécifiquement de la concession d’Arlit, le gouvernement nous informe qu’en réalité, en application de la réglementation minière, Orano Mining était assujettie au paiement de la redevance superficiaire sur le périmètre de la concession non amodié et, qu’à ce titre, un état de liquidation lui avait été transmis le 14 avril 2025, suivi d’une mise en demeure pour non-paiement à la date du 25 septembre 2025.
Au terme du délai de six(6) mois à compter de la mise en demeure, l’Etat du Niger est fondé à annuler cette concession.
La concession étant à présent annulée, les terrains de la concession d’Arlit se trouvent donc libérés de tous droits qui en résultent et Orano mining demeure redevable de ses obligations fiscales et environnementales au titre de la convention.
Toutes ces décisions prises, lundi dernier, par le gouvernement, sont en phase avec la dynamique du Niger nouveau qui avait exigé, absolument, dès le début du processus dans le secteur minier, que d’autorité, et en toute responsabilité, l’Etat du Niger affirmât et marquât sa souveraineté sur la gestion, l’exploitation et la commercialisation de l’uranium extrait des entrailles du sous-sol d’Arlit.
« Nous avons repris notre uranium et nous l’avons restitué à la Nation ; l’uranium appartient désormais au peuple nigérien ! Cette richesse est la nôtre, pas celle de quelqu’un d’autre ! », disait d’ailleurs et comme de juste le Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, le 12 novembre 2025 à Agadez.
Moustapha Alou (ONEP)
