Le maître percussionniste jouant de la Douma ...
Né en 1967 à Soumarana Fadama, un village situé dans la région de Maradi, Oumarou Adamou Mai Douma est l’un des meilleurs percussionnistes que compte le Niger. A 59 ans, malgré le poids de l’âge qui commence à se faire sentir, ce tambourineur accompli, grand de taille et à la carrure robuste, continue de vivre sa passion et soutenir les jeunes artistes dans leur développement professionnel.
Marié et père d’une fille, Oumarou Adamou Mai Douma ou Baba Mai Douma est un musicien-percussionniste traditionnel de renom. En plus de la Douma, ce grand tamtam posé à même le sol qu’il joue à la perfection, le maître, comme l’appellent affectueusement les jeunes artistes et certains de ses fans, joue et maîtrise plusieurs autres instruments traditionnels de percussion comme le Kalangou, le Djembé, le Kazagai et le Kourkoutou. A travers ces outils, il s’adresse au public dans un langage codifié et fait vivre les héritages culturels de plusieurs communautés nigériennes.

Réduire Oumarou Mai Douma aux seules cadences envoûtantes de ces instruments, serait cependant lui faire insjustice. Mis à part le maniement de cet instrument, il confectionne et reste un raccommodeur incontournable des instruments de percussion traditionnels. Il doit sa popularité à sa longue et riche carrière aux côtés de plusieurs grandes figures de musique nigérienne telles que Maman Garba et Fati Mariko. L’artiste aimé du pays a commencé à apprendre la percussion avec son oncle à l’âge de deux ans seulement. Passionné, il gravit les échelons et enchaîne les prestations en solo à son adolescence à l’occasion d’évènements festifs. Il finit par rejoindre par la suite le groupe Abdoulaye Goriba, sa première équipe basée dans la ville de Maradi.
Aujourd’hui, Oumarou Mai Douma est un percussionniste accompli. Il est détenteur d’un prix international sur les instruments traditionnels obtenu en 1982 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Ses tournées en tant que percussioniste l’ont conduit dans de nombreux pays. « C’est grâce à ce métier de percussionniste que j’ai découvert l’Afrique du Sud, Toulouse, l’Angleterre et plusieurs pays européens et latino-américains », a-t-il fait savoir. Il a partagé un souvenir de 1994, où il a représenté le Niger à un autre festival consacré également aux instruments musicaux traditionnels dans lequel il a marqué les esprits en relevant le défi de jouer l’un après l’autre les instruments des autres participants avec maîtrise. Mais le moment venu pour les autres de manier son tambour, aucun n’a réussi à le faire correctement.
Aujourd’hui, cet artiste prodige met ses plus de quarante (40) années cumulées d’expérience à profit pour former la jeune génération sur les instruments traditionnels, dans une vision louable de préserver le patrimoine musical nigérien. « Mon ambition désormais après cette carrière, est de transmettre à autant de jeunes que possible mon savoir-faire. Je souhaite voir autant de jeunes s’intéresser à la culture et s’attacher à leur tradition », souligne-t-il. En sa qualité d’enseignant, Oumarou Mai Douma a invité les jeunes à apprendre leurs traditions. « Rien ne me tient à cœur plus que la préservation du patrimoine musical nigérien, menacé de disparition », dit-il.
Bachir Djibo (ONEP)
