Moustapha Alou
Après plusieurs mois d’incertitudes, d’incompréhension, de doute, qui ont mis sens dessus-dessous l’aire diplomatique dans laquelle évoluent le Niger et le Bénin, nous voici dans une nouvelle ère dans laquelle souffle un air de décrispation, pleine d’espoir, empreinte d’espérances, sous un air de déjà vu car la coopération entre les deux pays, les relations entre les deux peuples, sont aussi vieilles que la terre, comme qui dirait.
Ainsi donc, sur invitation du Président de la République, Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, le Président de la République du Bénin, Romuald Wadagni, vient d’effectuer une visite d’amitié et de travail dans notre pays, brisant, de ce fait, le mur de glace érigé entre nos deux Etats par des contingences exogènes.
De Cotonou à Niamey, cette visite a été unanimement saluée tant au niveau des responsables des deux nations que des populations, témoignant ainsi leur attachement aux vertus cardinales du dialogue et leur volonté de respecter cette solidarité agissante, cette amitié séculaire qui ont toujours uni les deux pays.
Assurément, les échanges francs entre le Général d’Armée Abdourahamane Tiani et son hôte, les concertations sincères entre les deux parties qui ont rythmé cette visite augurent des lendemains meilleurs pour les deux pays.
Ce déplacement historique du nouveau Président béninois et les activités qui l’ont entouré constituent, sans nul doute, les jalons de cette coopération relancée, ces relations dynamisées, ce voisinage renforcé, cet esprit de fraternité rasséréné, cette coopération bilatérale revigorée.
D’ailleurs, le communiqué final qui a sanctionné la fin de cette visite, vient confirmer l’enthousiasme qui a animé et anime encore les populations des deux pays à l’annonce de cet événement qui relève de la tradition d’échanges et de consultations entre Etats voisins et témoigne de la volonté commune de consolider davantage les liens d’amitié, de fraternité et de coopération agissante qui unissent le Niger et le Bénin.
Dans un climat de grande cordialité, plusieurs sujets d’intérêt commun ont été abordés par les deux Chefs d’Etat qui ont eu un entretien en tête-à-tête et au cours de la séance de travail élargie aux membres des deux délégations.
« Les échanges se sont déroulés dans un climat de grande cordialité et, ont permis de faire un examen approfondi des défis auxquels les deux pays sont confrontés, ainsi que les sujets majeurs qui font l’actualité, aux plans sous-régional et international », lit-on dans le communiqué final.
Aussi, au cours de leurs échanges, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani et Romuald Wadagni se sont-ils félicités des relations anciennes de fraternité, d’amitié et de coopération qui lient le Niger et le Bénin et ont réaffirmé leur commune volonté de dynamiser la coopération bilatérale, pour la hisser à la hauteur de leurs ambitions et surtout des attentes légitimes des populations qui aspirent à la paix, à la sécurité et au développement.
Sur le plan sécuritaire, les deux Présidents ont évoqué la menace terroriste au Sahel et en Afrique de l’Ouest et ont réaffirmé leur engagement à unir leurs forces pour combattre le fléau du terrorisme et du banditisme qui sévit depuis plusieurs années dans la sous-région et qui compromet la mise en œuvre effective de tous les programmes de développement initiés par le gouvernement de leurs pays.
C’est pourquoi, convaincus de la nécessité de renforcer la coopération au plan politique, économique, culturel et scientifique entre le Niger et le Bénin, les deux Chefs d’Etat sont convenus d’accroitre les échanges mutuels à tous les niveaux, notamment à travers la tenue régulière de la commission mixte de coopération nigéro-béninoise.
Au cours de leurs échanges, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani et Romuald Wadagni ont exprimé leur volonté et leur engagement à œuvrer à la levée de tous les obstacles au renforcement de la coopération entre les deux pays, notamment la réouverture de la frontière Benin-Niger.
A propos de la réouverture de cette frontière justement et sur bien d’autres sujets d’intérêt commun soumis à des écueils et obstacles, un comité ad ‘hoc chargé de recenser et de lever lesdits obstacles a été mis en place.
Dans quinze (15) jours, ce comité d’experts présentera son rapport aux deux Chefs d’Etat et gageons que les conclusions qui y seront contenues répondront aux aspirations des deux peuples, condamnés, au demeurant, à vivre ensemble.
Moustapha Alou (ONEP)
