Des visiteurs émerveillés par les installations du Langyuan Station
La Chine est une référence en matière d’industrie culturelle. Cette réalité se reflète à travers Langyuan Station, un parc industriel culturel situé dans le district de Chaoyang à Pékin. Anciennement entrepôt textile bâti dans les années 1960, il s’étend sur plus de 13 hectares. En 2023, il a été désigné Parc de démonstration de l’industrie culturelle et ruelle touristique et de loisirs au niveau municipal de Pékin.
Après sa rénovation, le site conserve des vestiges industriels tels que la voie ferrée dédiée et les entrepôts en briques rouges. Il regroupe un pôle de l’industrie cinématographique et audiovisuelle, le Centre d’Innovation de l’Industrie audiovisuelle AIGC, ainsi que des commerces atypiques, et adopte le modèle « boutique à l’avant, atelier à l’arrière ». Plus de 170 entreprises y sont implantées, spécialisées dans la production audiovisuelle, la culture numérique, les studios de design et d’autres secteurs. Il est bordé au sud par la rivière Liangma, au nord par la rivière Ba et à l’ouest par le parc Jiangfu.
En effet, au fil des années, le lieu est devenu un espace riverain reliant le quartier commerçant des ambassades et combinant écologie, culture et commerce. Un réseau de voies piétonnes est également en aménagement. Aujourd’hui encore, ce parc poursuit la même mission : valoriser le patrimoine industriel et mettre en place un écosystème industriel intégré.
Le centre est un véritable modèle de préservation de l’environnement. Sur le trajet menant à la porte principale, la végétation et la beauté des arbres protégés émerveillent les milliers de visiteurs que le centre enregistre chaque jour.
A l’intérieur du parc, les officines sont aménagées et catégorisées par secteur culturel. Chaque quartier a ses spécificités. Certaines zones du parc sont construites à l’image de certaines villes chinoises pour permettre aux acteurs de jouer des scènes sur place comme s’ils étaient dans l’espace réel, avec reconstitution de forêts, danse des bassins géants comme une mer, etc. Et les productions sont réalisées comme dans un espace naturel.
L’IA et l’écosystème de la création cinématographique et télévisuelle
Pour suivre la tendance, ce parc s’est bien adapté à la pénétration de l’intelligence artificielle dans l’industrie culturelle et celle de l’audiovisuel. A cet effet, plusieurs services sont créés pour accompagner les acteurs. L’intégration de la science et du cinéma insuffle une nouvelle vitalité à l’expérience audiovisuelle numérique.
Selon Mme Meling Weiqiang, responsable au parc et l’une des guides lors de la visite, l’intelligence artificielle transforme l’écosystème de la création cinématographique et télévisuelle à une vitesse sans précédent. Du tournage virtuel à la génération intelligente, en passant par l’interaction humaine numérique et les films en réalité virtuelle, la création, la forme et le support des contenus audiovisuels sont en pleine mutation.

A l’avant-garde de la transformation de l’industrie cinématographique et télévisuelle, les responsables du parc suivent de près la tendance actuelle. Pour en convaincre, un film réalisé à 100% à l’aide des outils de l’IA a été projeté aux journalistes participant au programme CIPCC 2026. Ce film a laissé les visiteurs sans voix et a suscité des interrogations sur l’avenir de ce secteur et de ses acteurs. « On tente de suivre la tendance entre le cinéma, la télévision et la technologie. Nous sommes convaincus que l’IA révolutionne les processus de production, redéfinissant la chaîne de valeur et le système de répartition des profits. Avec l’expansion de l’industrie cinématographique et télévisuelle vers l’audiovisuel, les contenus audiovisuels trouvent de nombreuses applications dans des domaines tels que le tourisme culturel, le e-commerce en direct, l’éducation, la sécurité et l’intelligence empathique, formant ainsi un marché de plusieurs millions de dollars. La production de contenus audiovisuels numériques est devenue le cœur de l’industrie audiovisuelle et pourrait même constituer la nouvelle infrastructure de la Chine numérique », a-t-elle expliqué.
Cependant, Mme Meling Weiqiang a mis l’accent sur l’opportunité offerte par la restructuration de l’écosystème de l’industrie audiovisuelle, où le district de Chaoyang à Pékin promeut activement l’intégration des technologies audiovisuelles et de l’intelligence artificielle. Il collabore avec des entreprises technologiques et culturelles de premier plan, des parcs industriels clés, des universités et des instituts de recherche pour créer le Centre d’innovation de l’industrie audiovisuelle AIGC de Pékin. « Promouvant activement l’intégration sectorielle et adhérant aux principes d’ouverture, de co-construction et de partage, le centre exploite pleinement les vastes ressources de données et les nombreux cas d’application de l’intelligence artificielle à Pékin afin d’explorer des voies efficaces pour que l’AIGC contribue à la modernisation et à l’expansion de l’industrie audiovisuelle et accélère sa transformation », a-t-elle ajouté.
Elle encourage les sociétés de production cinématographique et télévisuelle à collaborer avec les entreprises technologiques afin de développer conjointement des outils de production intelligents, améliorant ainsi l’efficacité et la qualité de la création de contenu. « Il est plus que nécessaire que les acteurs unissent leurs efforts pour partager les mêmes valeurs, intégrer activement l’intelligence artificielle et promouvoir le développement de l’industrie audiovisuelle numérique grâce à la mise en commun des compétences technologiques intersectorielles. Que la lumière de la technologie illumine la beauté de l’art et que les récits chinois s’épanouissent d’un charme nouveau à l’ère numérique », a-t-elle déclaré.
Entre briques rouges du passé, les modèles de quartiers reconstitués et les algorithmes du futur, Langyuan Station prouve qu’à Pékin, l’industrie culturelle ne se contente pas de préserver l’histoire, elle la réinvente avec plus d’opportunités pour le secteur et ses acteurs.
Abdoul-Aziz Ibrahim à Pékin
