Le Chef de l’Etat avec son homologue turc
Depuis le 26 juillet 2023, le Niger poursuit de manière irréversible sa marche juste et vertueuse vers la souveraineté, son indépendance vraie pour la prospérité de son peuple. Ni les sanctions iniques, les embargos sauvages pris, ni mêmes les menaces d’agression agitées ne l’ont dissuadé de continuer sa marche sur le chemin qu’il s’est enfin choisi pour réaliser le bonheur de son peuple, un peuple longtemps spolié et dépossédé sous le couvert d’une coopération à sens unique, où seuls les intérêts de l’autre, le puissant, sont pris en compte. Mais pas que cela ! Dans sa marche d’avant, le Niger n’avait pas la possibilité de diversifier, comme il le souhaitait, ses partenaires. Sa diplomatie, ses choix lui étaient dictés ou parrainés. Cette situation pour le moins saugrenue, le Niger n’en a cure aujourd’hui. Sur le plan bilatéral et dans le cadre confédéral de l’Alliance des Etats du Sahel AES, le Niger s’est mis aujourd’hui sur une trajectoire de souveraineté diplomatique retrouvée et assumée.

En effet, depuis les événements du 26 juillet 2023, la corde, disons plutôt la chaine « esclavagisante » de l’impérialisme accrochée à son cou a été brisée par les autorités, des autorités qui ont fait le choix courageux, d’une part de rompre irréversiblement avec la mise sous tutelle et d’autre part de diversifier les partenaires. Elles ont aussi opté de jouer désormais la carte de la transparence avec ces derniers tant en ce qui concerne nos ressources naturelles, la défense et la sécurité, le partenariat économique, etc… Depuis plus d’un an, la carte diplomatique du Niger va en s’élargissant tant du point de vue bilatéral, multilatéral que dans le cadre de l’Alliance des Etats du Sahel. L’AES, cette organisation réunissant le Burkina Faso, le Mali et le Niger qui parle désormais d’une seule voix, sans cacophonie aucune, est aujourd’hui reconnue par les instances régionales africaines, internationales et s’affirme en tant qu’acteur majeur et même une référence.
Session du sommet des Chefs d’Etat : l’affirmation
En décembre 2025, le Président de la République, Chef de l’Etat le Général d’Armée Abdourahamane Tiani a participé au sommet des Chefs d’Etat de l’AES aux côtés de ses frères Assimi Goita et Ibrahim Traoré. Une session qui a, entre autres, en plus de l’approbation de certains textes règlementaires de l’organisation, consacré le lancement officiel de la Banque d’Investissement et de commerce de l’AES siégeant à Bamako, mais aussi la télévision confédérale de l’AES et plusieurs autres chantiers confédéraux. A l’international, lors des différents fora, l’AES parle désormais d’une seule et même voix, en témoignent les déplacements conjoints de chefs de la diplomatie des trois pays à l’occasion des rencontres régionales ou internationales.
Visite du Président de la République en Algérie
La période de juillet 2025 à juillet 2026 a été marquée par deux faits diplomatiques majeurs, les visites de travail et d’amitié effectuées par le Président de République, Chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani en Algérie et en Türkiye. Il s’agit de deux évènements importants qui marquent un tournant décisif dans la diplomatie nigérienne car, il s’agit de deux pays frères stratégiques pour le Niger dans la dynamique de la Refondation et le contexte sécuritaire du moment au Niger et plus globalement au sein de l’AES. En effet, les 15 et 16 février, le Président de la République, chef de l’Etat s’est rendu à Alger, la capitale algérienne à la tête d’une importante délégation composée de membres du gouvernement et d’opérateurs économiques notamment. L’accueil très fraternel et chaleureux réservé au Président Tiani par son homologue Tebboun témoignait à lui seul de la volonté commune de bâtir une nouvelle coopération sur des bases solides reposant sur un partenariat gagnant-gagnant dans plusieurs domaines. Le réchauffement des relations bilatérales séculaires, la relance des projets pétroliers miniers communs, les échanges économiques, la lutte contre le terrorisme ont été, entre autres, les sujets sur lesquels les deux chefs d’Etat Abdourahamane Tiani et Abdel Madjid Tebboun ainsi que leurs délégations respectives se sont penchées lors de la rencontre bilatérale des deux délégations et les rencontres sectorielles, tout au long des 48 heures qu’a durées ce déplacement du Chef de l’Etat. L’on retiendra qu’à la suite de cette visite, beaucoup a été fait comme le lancement du projet du gazoduc transsaharien, la visite des différentes délégations d’officiels algériens et des opérateurs économiques au Niger et vis-versa ayant permis des échanges fructueux sur les questions de ressources naturelles et la lutte contre le terrorisme. Tout cela a contribué à donner une dynamique nouvelle de coopération marquant la volonté des deux dirigeants de passer d’une coopération de principe de voisinage à une coopération des projets construite autour de résultats mesurables et durables.
Viste en Türkiye
Après la sortie remarquée du Président de la république en Algérie, l’offensive diplomatique du Niger a connu un tournant décisif important au courant de l’année 2026 avec la première visite officielle d’amitié et de travail du Chef de l’Etat en République de Türkiye, du 3 au 5 juin dernier. A la tête d’une importante délégation composée des membres du gouvernement et d’opérateurs économie, le Général d’Armée Abdourahamane a été accueilli à Ankara avec tous les honneurs par son homologue turc Recep Teyyip Erdogan avec qui il a eu un entretien en tête-tête, au sein de l’imposant complexe présidentiel turc, appelé aussi le Palais Blanc. Trois jours d’une intense diplomatie agissante au cours de laquelle les deux parties se sont rencontrées aussi bien en session bilatérale qu’en sessions sectorielles pour discuter et échanger sur des sujets de coopération d’intérêt commun aux deux pays. Les secteurs stratégiques de la défense et sécurité, de l’agriculture et de la santé, des mines et pétrole, de l’industrie et du commerce ont été largement évoqués. Et des accords ont été signés entre les deux parties dans les différents domaines sur lesquels ont porté les discussions. Cette visite du Chef de l’Etat a permis le réchauffement de la coopération turco-nigérienne, vieille de 60 ans, mais restée en hibernation pendant des décennies. En marge de cette visite, le conseil d’affaires Türkiye-Niger a tenu une session de travail pour parler des opportunités d’investissements pour les opérateurs économiques des deux pays.
De l’élargissement de la carte diplomatique
La première année de mise en œuvre du programme de la refondation fut une année des plus actives de ces dernières années. En témoigne le nombre des nouveaux ambassadeurs plénipotentiaires accrédités à Niamey ayant présenté leurs lettres de créances au Président de la République au cours de la période allant de juillet 2025 à juillet 2026. Pendant que certains pays et autres oiseaux de mauvais augure présentent le Niger comme un pays infréquentable, le Niger, courtisé voire adulé, élargit de plus en plus sa carte diplomatique sur les cinq continents. De nombreux pays ouvrent leurs ambassades ou envoient leurs représentants à Niamey. Actuellement 34 pays ont leurs ambassades ou consulats à Niamey ainsi que 35 organisations internationale. Et cela, grâce à une véritable offensive diplomatique active, décomplexée, discrète mais convaincante mise en œuvre par le chef de la diplomatie nigérienne, M. Bakary Yaou Sangaré. L’Italie, l’Espagne, le Saint Siège, l’Egypte, l’Algérie, la République Tchèque, la Mauritanie, le Bangladesh, la Guinée, le Maroc, la Türkiye, ce sont là entre autres quelques pays qui ont accrédité leurs ambassadeurs au Niger au cours des douze derniers mois. D’autres pays non des moindres tapent à la porte, même des pays qui n’avaient auparavant jamais eu une quelconque relation diplomatique avec le Niger. De plus, la voix du Niger, portée par son ministre des affaires étrangères et ses homologues de l‘AES résonne de plus en plus fort lors des fora internationaux. Lors de son entretien bilan, le ministre des affaires étrangères a évoqué les rapports qu’entretient le Niger avec les organisations sous régionales, régionales et internationales. A cet effet, Bakary Yaou Sangaré a souligné que le Niger est un pays attaché au bon voisinage. Dans le cadre de la coopération internationale, il a indiqué qu’il existe un dialogue entre le Niger et l’Union Africaine qui s’est renforcé ces derniers temps. Il se traduit par la désignation d’un envoyé spécial de l’UA pour le Sahel ainsi que la participation des représentants permanents de l’AES aux réunions techniques. Le Niger a également repris sa place au concert des Nations et siège aux travaux de l’Assemblée Générale et des autres organes des Nations Unies. Quant à la relation avec la CEDEAO, le ministre Sangaré a souligné qu’il y a une reprise progressive de dialogue entre les deux entités sous régionales, dans une approche pragmatique, mais sans remise en cause des positions de principe.
Zabeirou Moussa (ONEP)
