Autorités administratives, coutumières et religieuses ...
La commune Rurale de Tabelot, dans le département de Tchirozérine, a organisé du 11 au 16 avril 2026, en collaboration avec les conseils départemental et communal de la jeunesse, une caravane de mobilisation et de sensibilisation d’envergure. Placée sous le parrainage de l’administrateur délégué de la commune, le Commissaire principal de police Ibrahim Kemil, cette initiative a sillonné plusieurs localités du territoire communal avec pour axes principaux le chef-lieu de la commune et les villages de Tatkakit, Abardeck, Amerig, Bagzan N’Amas, Tewart, Atkaki, Ilialan, Anouzagren, Afassas, Nabaro Ouest et Ebey. Chaque étape a servi de cadre de regroupement pour les populations des villages et hameaux environnants.
Les différentes communications ont été axées sur les thématiques d’actualités nationales, notamment la mobilisation générale, les valeurs cardinales de la Refondation et les défis sociaux locaux. Ainsi, il est important de le rappeler, cette caravane intervient, d’une part, dans un contexte national marqué par la mise en œuvre du Programme pour la Refondation de la République (PRR) et la Mobilisation générale pour la Défense de la Patrie et, d’autre part, un contexte local caractérisé par des défis sociaux multiples tels que le renforcement de la cohésion sociale, la paix et la culture civique.
En effet, répondant à l’appel des autorités du pays relatif à la vulgarisation des valeurs de la Refondation de la République et à la Mobilisation générale pour la Défense de la Patrie, les initiateurs de cette caravane d’envergure ont voulu créer un cadre de communication de proximité, de sensibilisation, de dialogue et d’échanges permettant d’outiller la population, notamment les jeunes afin qu’ils deviennent des acteurs engagés de la refondation nationale.

C’est pourquoi, des objectifs ont été fixés pour l’initiative, dont celui général qui est de rehausser l’engagement local en faveur de la refondation. Quant aux objectifs spécifiques, ils portent sur la sensibilisation à la mobilisation générale, la promotion de la tolérance, le renforcement de la cohésion sociale, l’encouragement du civisme et du patriotisme ainsi que la valorisation de l’éducation, de la santé et des services sociaux.
Les différentes interventions ont permis de présenter les objectifs de ladite caravane, ainsi que les thématiques qui ont été abordées à toutes les étapes. Les initiateurs ont mis en avant une approche participative favorisant les échanges directs avec les communautés afin de les écouter sur leurs principales préoccupations, d’une part, mais aussi pour recueillir leurs avis, suggestions et recommandations, sur toutes les questions touchant la vie nationale et communautaire, d’autre part.
Une mobilisation multi-acteurs au service d’un message commun
Cette caravane s’est distinguée par la diversité des acteurs impliqués. En effet, aux côtés de l’administrateur délégué se trouvaient notamment le conseiller au Conseil Consultatif de la Refondation au titre de la Commune, M. Mohamed Djibrilla dit Abbaka, les responsables des conseils départemental et communal de la jeunesse, les représentants du sultan de l’Aïr, le représentant des leaders religieux, les responsables de l’état civil au titre de la commune, le représentant de l’UNVP, ainsi que les acteurs des secteurs sociaux de base.
Les messages délivrés ont couvert un large éventail de thématiques. Les responsables de la jeunesse ont insisté sur le rôle central des jeunes dans la refondation, appelant à un engagement constant et structuré. Le conseiller au Conseil Consultatif de la Refondation a rappelé le caractère inclusif et patriotique de la refondation, insistant sur le rôle et la mission du CCR tout en invitant chaque citoyen à jouer pleinement sa partition dans cette dynamique nationale de la Refondation.
L’administrateur délégué a orienté spécifiquement toutes ses interventions, pour sensibiliser la population, sur la cybercriminalité, les comportements à risque et le respect des règles de la circulation.
Quant au responsable de l’état civil, il a particulièrement mis en exergue l’importance des documents administratifs et du civisme fiscal. Les leaders religieux ont appelé à la prière pour la paix, tandis que les autorités traditionnelles ont insisté sur l’unité, le respect des chefs et la nécessité d’une organisation communautaire renforcée.
A chaque étape, les activités ont été menées sous forme de discussions ouvertes, permettant aux populations de s’exprimer librement, de partager leurs préoccupations et de formuler des recommandations. Cette approche a favorisé une forte appropriation des messages et une implication active des participants. Une innovation majeure a été enregistrée à l’étape des villages situés sur le Mont Bagzan, où une session de formation a été organisée à l’intention des chefs traditionnels sur leurs missions et prérogatives, renforçant ainsi leurs capacités dans la gestion des communautés.

La caravane a permis de toucher un large public, avec des centaines de participants par site. Selon les statistiques de l’évaluation de cette caravane, environ 2 448 personnes ont été sensibilisées. Par ailleurs, 14 chefs traditionnels ont bénéficié d’une formation spécifique.
Sur le plan qualitatif, l’initiative a contribué à une meilleure compréhension des valeurs de la Refondation, à un renforcement de la cohésion sociale et à une mobilisation accrue des acteurs locaux. Elle a également permis des avancées concrètes, notamment la réconciliation entre les villages d’Ilialan 1 et 2 autour de la gestion du CSI et de l’école, ainsi que le règlement d’un différend lié à un point d’eau à Nabaro Ouest. Des comités de gestion consensuels ont été mis en place, illustrant une dynamique de gouvernance participative.
Les échanges ont également permis de mettre en lumière plusieurs préoccupations majeures des populations. Parmi celles-ci figurent la pénurie d’hydrocarbures, les besoins en encadrement et en insertion des jeunes, la formation des chefs traditionnels, l’implication des femmes dans les instances décisionnelles ainsi que les défis sécuritaires liés à l’étendue du territoire.
D’autres secteurs clés ont été évoqués, notamment l’éducation (manque d’infrastructures et de personnel), la santé (besoin de transformation de certaines cases de santé en CSI), l’élevage (accès aux intrants et aux services vétérinaires), l’agriculture (accès à l’eau et aux techniques modernes), l’environnement (prolifération de prédateurs), et l’orpaillage (problèmes liés à l’attribution des permis).
Au-delà des résultats immédiats, cette caravane se distingue par son approche de proximité et son caractère inclusif. En allant au contact direct des populations, elle a permis de créer un espace de dialogue constructif favorisant l’émergence de solutions locales adaptées. Ainsi, les différentes communautés visitées ont exprimé le vœu de voir ces genres d’initiatives se tenir régulièrement afin de maintenir les contacts et les échanges. L’initiative constitue ainsi un modèle innovant de mobilisation communautaire, reposant sur la participation active des acteurs locaux et la prise en compte des réalités du terrain.
Ali Maman, ONEP Agadez
