Atelier CENI Niger-RESAO : Créer et développer un département genre et inclusif au sein des organes des élections de l’Afrique de l’Ouest

Société
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Le vice-président de la Commission électorale Nationale Indépendante du Niger (CENI), M. Aladoua Amada, a procédé hier matin à l’ouverture des travaux de l’atelier régional sur la création et le développement d’un département genre et inclusion au sein des organes des élections de l’Afrique de l’Ouest. Cet atelier a été organisé par le RESEAO. En effet, dans le cadre de ses initiatives pour une participation accrue des femmes, des jeunes et des personnes vivant avec un handicap aux processus électoraux en Afrique de l’Ouest et tenant compte des recommandations de l’Etude sur la prise en compte du genre par les organes de gestion des élections de l’espace CEDEAO et de la déclaration d’Abuja à l’issue du symposium sur la promotion de l’inclusion dans les élections dans la région de la CEDEAO, le RESAO  a réuni les différents participants pour échanger les expériences et savoir-faire sur la création et le développement d’un département en charge du genre et de l’inclusion au sein des organes de gestion électorale.

Dans son discours d’ouverture, le vice-président de la CENI a relevé qu’en ce qui concerne le Niger, il est constaté une évolution législative significative dans la promotion du genre. Ainsi,  la loi n°2000-008 du 7 juin 2000 instituant le système de quota dans les fonctions électives, au gouvernement et dans l’administration de l’Etat, modifiée et complétée par les lois n°2014-64 du 5 novembre 2014 et n° 2019-69 du 24 décembre 2019, stipule en son article 3 (nouveau) que : « lors des élections législatives ou locales, les listes présentées par parti politique , groupement de partis politiques ou regroupement de candidats indépendants doivent comporter des candidats de l’un et de l’autre sexe. Toute liste présentée par un parti politique, regroupement de partis politiques ou regroupement de candidats indépendants doit comporter au moins 25% de candidats de l’un ou de l’autre sexe. Le quota de 25% doit être respecté lors de la proclamation des résultats par circonscriptions électorales et par liste ».

Suite à l’application de ces textes, a poursuivi M. Aladoua Amada, aussi bien par les juridictions intervenant dans le processus des élections que par les autorités politiques, les élections locales et générales 2020-2021 ont permis de constater une nette progression de la participation politique et électorale des femmes et des jeunes ainsi que leur représentation dans les institutions et les instances de décision. A titre d’exemple, d’une seule députée en 1999, à l’issue des élections locales et générales 2020-2021, l’Assemblée Nationale comprend aujourd’hui cinquante (50) femmes députés.

Selon le vice-président , cette représentation progressive de ces groupes  importants de la société découle de l’engagement des autorités politiques certes,  mais aussi et surtout de la          CENI du Niger qui a pris toutes les dispositions nécessaires en collaboration avec les partenaires aux élections  en vue de l’inscription des femmes, des jeunes et des personnes vivant avec un handicap sur le fichier électoral biométrique ainsi que leur mobilisation pendant les élections. C’est à cause de cet  engagement résolu que les statistiques sur ce fichier électoral biométrique révèlent qu’il est constitué de 54% des femmes et 65% des jeunes et que leur participation aux élections était très significative.

La représentante résidente de la CEDEAO au Niger, Mme Liliane Alapini, a pour sa part rappelé que le Réseau des structures de gestion électorale en Afrique de l’Ouest (RESAO) a été créé en février 2008 sur l’initiative des chefs d’Etats et de gouvernements de la CEDEAO. Pour la Commission de la CEDEAO, et dans le cadre des avancées  démocratiques dans la région, a martelé Mme Liliane Alapini, il était devenu nécessaire de donner aux Commissions électorales de la région une plate-forme pour échanger des expériences, connaissances et bonnes pratiques, dans un esprit de collaboration et de solidarité.

Elle a ensuite fait savoir que la Commission de la CEDEAO, comme beaucoup d’organisations inter-gouvernementales du continent, œuvre depuis quelques temps pour l’inclusion en général, pour la prise en compte du genre dans ses activités et pour la place faite aux femmes dans la gestion des affaires publiques. C’est  pourquoi, elle s’est réjouie de cette initiative du RESAO sur la création et le développement d’un département  genre et inclusion au sein des organes de gestion

Par Rahila Tagou(onep)