A l’ouverture des travaux de l’atelier
Le ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, le Colonel Mahaman Elhadj Ousman, a présidé, le vendredi 29 mai 2026 à Niamey, un atelier des parties prenantes du Compact Agriconnect Niger. Cette rencontre, conçue comme un cadre inclusif, vise à assurer la réussite des opérations du projet. Il a réuni autour du gouvernement plusieurs acteurs, parmi lesquels des partenaires techniques et financiers, ainsi que des représentants des organisations professionnelles et de la société civile.
Le « Compact Agriconnect Niger » est une initiative conjointe du gouvernement du Niger et du groupe de la Banque Mondiale pour transformer durablement les systèmes agroalimentaires à l’horizon 2030. Avec une enveloppe d’environ 2,1 milliards de dollars, Compact Agriconnect Niger est concentrée sur quatre filières prioritaires qui sont: l’oignon, le riz, le bétail, le niébé. Le projet envisage la création de près de 940 000 emplois tout en mobilisant un effet de levier de 4 à 5 dollars d’investissement privé pour chaque dollar public déployé en dérisquage.
Le ministre de l’Agriculture et de l’Elevage a rappelé le contexte nigérien en matière d’agriculture, qui contribue à 40% du Produit Intérieur Brut et fait vivre plus de 80% de la population active. Le Niger est reconnu comme premier exportateur d’oignon en Afrique de l’Ouest grâce au « Violet de Galmi », deuxième producteur de niébé de la sous-région et détenteur de l’un des plus importants cheptels d’Afrique. Mais malgré ces richesses, déplore le Colonel Mahaman Elhadj Ousmane, le pays demeure confronté à des défis majeurs tels que la faible productivité, l’insuffisance des infrastructures de stockage et de transformation, les difficultés d’accès au financement, la vulnérabilité climatique et la dépendance excessive aux importations alimentaires.
Le paradoxe reste, selon le ministre chargé de l’Agriculture, l’exportation souvent des matières premières à l’état brut et l’importation des produits transformés à des coûts élevés. Compact Agriconnect Niger, a-t-il souligné, vient en réponse à cette situation. C’est une plateforme stratégique de transformation agricole et pastorale qui s’inscrit pleinement dans l’Axe 3 du Programme de Refondation de la République relatif au développement des bases de production pour la souveraineté économique. Le ministre chargé de l’Agriculture a mis en évidence l’ambition du gouvernement qui est de « bâtir une agriculture moderne, productive, résiliente et créatrice d’emplois durables ».
Le gouverneur de la région de Niamey, le Général de Division Assoumane Abdou Harouna, a invité les intervenants à conduire les travaux vers l’atteinte de quatre objectifs principaux à savoir la présentation de l’architecture stratégique du Compact, son plan d’investissement et son phasage pour la période 2026-2030 ; l’alignement des interventions et la planification autour des priorités et géographie partagées ; l’identification des synergies et les opportunités de cofinancement, notamment pour combler le gap résiduel d’une valeur d’environ 1 milliard de dollars US ; et la mobilisation des engagements concrets et convenir d’une feuille de route opérationnelle pour la période 2026-2027.
Pour sa part, le représentant par intérim de la Banque mondiale au Niger, M. Ibrahim Garba, a mis en avant l’importance de la participation collective convergente pour garantir le succès du projet. « Il réussira par l’alignement, par la cohérence géographique des opérations le long des corridors, par la complémentarité des instruments financiers, par la convergence des calendriers, et par la qualité du dialogue politique que nous serons capables d’entretenir avec le gouvernement sur les réformes habilitantes. C’est tout l’enjeu de cet atelier : passer d’un portefeuille collectif d’opérations à une plateforme partagée d’engagements coordonnés », a-t-il ajouté.
Bachir Djibo (ONEP)
