Issoufou Mamadou Souley alias Don César
Issoufou Mamadou Souley, âgé de 32 ans, incarne une nouvelle génération de créateurs nigériens à la fois passionnés, polyvalents et profondément engagés dans la valorisation de leur culture. Graphiste, vidéaste, créateur de contenus culinaires et cuisinier, il trace son chemin avec détermination dans un univers où la créativité et le savoir-faire se rencontrent.
Don César est un homme simple de teint noir, il mesure 1m73 ; célibataire et profondément engagé dans son travail, Issoufou se distingue par sa polyvalence. Mais derrière ce profil aux multiples casquettes, c’est avant tout un amoureux des saveurs et des traditions culinaires. D’après lui, c’est en 2016 que tout commence. Éloigné de son domicile et confronté à des difficultés pour se restaurer convenablement, Issoufou est contraint de trouver une alternative. Après une expérience peu concluante avec une vendeuse locale, il décide de prendre son destin en main. « J’ai commencé à cuisiner des petits plats au fur et à mesure ; je recherche chaque jour de nouvelles recettes à réaliser et manger seul ou avec les amis. Au fil du temps, je me suis trop attaché à la cuisine. Chaque jour je trouvais du temps pour faire quelque chose et j’ai compris que la cuisine n’était pas seulement un passetemps mais une passion que j’aimais faire », se remémore-t-il.
Don César se met à expérimenter, à rechercher de nouvelles recettes, à cuisiner pour lui-même puis pour ses proches. « Voir les autres manger et apprécier mes plats me procurait une immense satisfaction », confie-t-il. Au fil du temps, la cuisine s’impose comme une évidence. Il développe ses compétences et commence à structurer son activité. « Aujourd’hui, je propose un service de restauration à emporter, principalement axé sur des plats de midi, ainsi que diverses prestations culinaires », indique le cuisinier. Perçu comme un travailleur acharné, perfectionniste et débrouillard, il inspire une jeunesse en quête de repères. Chaque année, il organise également un événement culinaire d’envergure : le “Buffet de César”, un rendez-vous qui rassemble entre 200 et 250 convives autour d’un festin mettant à l’honneur son savoir-faire et sa créativité.
Parallèlement à ses activités culinaires, Issoufou Mahamadou Souley met à profit ses compétences en graphisme et en audiovisuel pour produire du contenu autour de la gastronomie. Une démarche qui lui permet de valoriser son travail tout en touchant un public plus large.
Derrière chaque contenu culinaire, explique-t-il, se trouve un travail réfléchi : écriture, conception, planification et tournage. Au-delà de sa réussite personnelle, Issoufou nourrit une ambition plus grande : promouvoir la richesse de la cuisine nigérienne à l’international. Animé par une vision claire, il ambitionne de porter la gastronomie nigérienne au-delà des frontières. Il souhaite faire connaître au monde des mets emblématiques comme le dambou, le kilichi, le kopto ou encore le bourabousko, et leur donner une reconnaissance internationale, à l’image du thiéboudiène sénégalais. Pour lui, la cuisine est bien plus qu’un métier : c’est un vecteur de culture, d’identité et de rayonnement.
Pour lui, ces plats méritent la même reconnaissance que d’autres spécialités africaines mondialement connues. « Aujourd’hui, tout le monde sait que le thiéboudiène vient du Sénégal, grâce à un travail de valorisation sur plusieurs générations. Nous devons faire de même pour notre gastronomie », affirme-t-il.
Son talent ne passe pas inaperçu. Issoufou a récemment participé au Festival international de la gastronomie et de l’identité culturelle de l’AES au Burkina Faso, où il s’est distingué en remportant trois distinctions ; une expérience qui renforce sa détermination à poursuivre son parcours à l’international. Plusieurs projets de voyage sont en préparation dit-il, dans l’optique de promouvoir la cuisine nigérienne.
Issoufou Mamadou Souley incarne la persévérance et la capacité à transformer les difficultés en opportunités. Aujourd’hui, il est perçu comme un modèle, un exemple vivant qui montre que le travail, la créativité et la détermination peuvent ouvrir les portes du succès. « La société me voit comme un bosseur, qui fait bien son travail, qui sait comment faire pour aiguiller les papilles, un peu trop perfectionniste mais un vrai débrouillard qui trouve toujours une manière pour s’en sortir dans la vie, quelqu’un qui ne lâche jamais », a-t-il exprimé.
Hafissatou Mounkaila (Stagiaire)



