Bassirou Gourmou « mai gyaran tabzi »
De son vrai nom Bassirou Zakari, plus connu sous le sobriquet de « Bassirou Gourmou », l’homme âgé de cinquante-six (56) ans, originaire de Bouza, père de quatorze (14) enfants et marié à trois femmes, est depuis sa naissance une personne à motricité réduite. Ainsi, après avoir passé plusieurs années dans la mendicité internationale, notamment au Nigeria et au Bénin, Bassirou Gourmou, handicapé des deux membres inférieurs, s’est enfin décidé à abandonner cette pratique qu’il juge humiliante et malsaine afin de se lancer dans la confection, la réparation de chapelets et de téléphones portables.
Installé depuis trente-quatre (34) ans dans la ville de Niamey, Bassirou Gourmou exerce son métier sur un espace d’environ un mètre carré à droite de la porte de la grande mosquée du grand marché de la ville de Niamey. Il raconte qu’après ses études coraniques au Nigeria et après quelques années de mendicité, il est revenu à Niamey pour aider son père qui était boucher à l’abattoir et a finalement pris une autre direction auprès de celui qui fut son tuteur, Malan Abdoulaye Zakirou, qui lui a appris les bases du métier grâce auquel il nourrit aujourd’hui sa famille.
Avec l’évolution des métiers et l’inclusion des personnes en situation de handicap défendue par plusieurs organisations nationales et internationales, le handicap n’est plus une situation qui condamne à la mendicité. Les personnes les plus déterminées s’attachent à leur fierté, se forment, et réalisent des œuvres ou des produits aussi bien ou encore mieux que celles qui sont sans handicap. Pour Bassirou Gourmou, qui fut pendant sept (7) longues années roi des mendiants à Cotonou et connaît les affres de la pratique et les risques, notamment pour les femmes et les jeunes filles qui mendient hors du pays, il les a exhortés à renoncer à cette pratique et à se trouver des activités génératrices de revenus adaptées à leur handicap afin de s’affranchir de l’humiliation. « Dieu merci, car avec cette activité, j’arrive à répondre au besoin de ma famille. Même si je sors de la maison sans rien laisser, avant 14h, j’arrive à envoyer quelque chose à la maison. J’ai un de mes enfants à qui j’apprends le métier pour qu’il puisse s’en sortir également par ses propres moyens», dit-il.
Au cours de ses nombreuses années de pratique, M. Bassirou Gourmou raconte qu’il a rencontré des difficultés qui l’ont marqué, dont, entre autres, l’égarement d’un chapelet d’un client qui lui a imposé un remboursement d’une somme de vingt mille (20 000) francs CFA et une affaire d’achat de téléphone qui lui a valu une convocation devant le juge. « J’avais acheté un téléphone portable qui s’est avéré être volé et cette situation m’a conduit devant la police qui avait porté l’affaire devant le juge. La justice a été clémente envers moi à cause de mon état et m’a encouragé davantage en me donnant des conseils pour éviter d’acheter des téléphones auprès des enfants ou des voleurs », a-t-il retenu de sa mésaventure.
Hamissou Yahaya (ONEP)



