Moustapha Alou
A l’occasion de la rentrée 2025-2026 des Cours et Tribunaux du Niger, le Président de la République, Chef de l’Etat, Président du Conseil Supérieur de la Magistrature, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, s’est adressé au corps judiciaire.
« Je vous invite donc à saisir cette opportunité de la Refondation pour réformer notre justice en profondeur, lui donner une nouvelle vie, en phase avec les aspirations du peuple au nom duquel elle est rendue », dira le Général d’Armée Abdourahamane Tiani pour qui, avec humilité et en dignes agents publics assermentés, les professionnels de la justice doivent répondre à des questions et questionnements qui peuvent susciter la réflexion.
Ces questionnements sont entre autres la confiance entre la justice et les citoyens, les réformes et les changements de culture nécessaires à la prise en charge du nouveau paradigme qui a pour finalité de donner à la justice toutes ses lettres de noblesse, les responsabilités nouvelles pour la justice, la défense des intérêts nationaux et de la souveraineté.
Aussi, au cours de cette rentrée judiciaire, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani a-t-il profité de l’occasion pour partager avec les acteurs de la justice sa vision de la justice, ce qu’il pense de la justice, selon son intime conviction.
Le Président de la République, Chef de l’Etat est convaincu, et il l’a dit, que la justice est, d’une part, une question d’Homme et une question d’Homme dans ses rapports avec la vérité, le droit et la société, d’autre part. Selon l’intime conviction du Chef de l’Etat, chaque décision rendue par la justice à titre individuel ou collectif doit refléter les réponses claires et précises aux questionnements sur la justice et la société, la justice et la vérité, la justice et le droit. « La justice sera d’abord et surtout telle que vous voulez qu’elle soit : dénoncée et décriée ou respectée et saluée », déclara ce jour-là le Chef de l’Etat.
Au cours de l’entretien radiotélévisé, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani est largement revenu sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire et surtout sur le comportement de certains acteurs et non des moindres. « Nous avons des textes qui ont été plusieurs fois toilettés ; même si c’est la peau qu’on enlève tant que le mental ne change pas, tant qu’on aura des malades au sein de notre appareil judiciaire nous aurons à observer des comportements déviants », répondra-t-il. Pour le Chef de l’Etat, « la justice n’est pas malade, ce sont des acteurs qui sont chargés de conduire cette justice qui sont les malades ».
D’ailleurs, a révélé le Chef de l’État, certains de ces acteurs aux comportements déviants frisant le secret d’alcôve puisque il y a eu des faits divers, des affaires à l’eau de rose comme le cas de ce magistrat « qui a eu maille à partir avec un concurrent chez une copine et qui parle d’outrage à magistrat », ou encore lorsqu’un magistrat fort de son « pouvoir » « pense qu’il peut prendre son véhicule et écraser un concurrent », qui a eu le malheur de s’amouracher avec une compatriote sur laquelle le magistrat a jeté son dévolu. « Il n y as pas d’outrage à magistrat en dehors du palais de justice, il n y as pas d’outrage à magistrat chez une copine. Ça c’est fini ! », clamera le Chef de l’Etat.
Et le Général Tiani de conclure : « Donc, tant que nous fermerons les yeux, tant que les Nigériens vont croire que les acteurs de la justice sont au-dessus de la loi, les membres du gouvernement ou autres sont au-dessus de la loi, nous n’irons nulle part ».
Moustapha Alou (ONEP)
