Lors de la clôture du colloque
Après trois jours de communications, d’échanges et de débats entre enseignants-chercheurs et chercheurs venus de douze (12) pays, le colloque scientifique international « regards croisés sur la mendicité au Sahel » organisé par la faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Abdou Moumouni de Niamey, a pris fin le jeudi 26 mars 2026. Lors de la cérémonie de clôture, le colloque a présenté des propositions, des recommandations et des résolutions pour répondre de manière adéquate aux défis posés par la mendicité. La cérémonie s’est déroulée en présence de la ministre de la Population, de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale, Pr Sidikou Ramatou Djermakoye Seyni.
Le colloque a, au terme des échanges et réflexions, recommandé de maintenir l’initiative de l’atelier de dissémination dont la tenue est prévue à Maradi 3 mois après ; mettre en place un programme de recherche fondamentale et appliquée afin de cerner de manière holistique la problématique de la mendicité, mettre en place un observatoire sur la problématique de la mendicité au sahel à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) de l’Université Abdou Moumouni de Niamey ; transformer les politiques publiques pour mieux gérer le phénomène de la mendicité au sahel en général, et au Niger en particulier.
Le colloque a aussi recommandé la mise en place d’une stratégie nationale de gestion durable de la mendicité au Niger à travers des campagnes de sensibilisation communautaire sur les causes profondes de la mendicité ; la promotion des récits de réinsertions réussies et d’initiatives locales qui soutiennent les personnes sortant de la mendicité ; la mise en place d’un dispositif de sécurité sociale efficace permettant de prendre en charge les personnes vulnérables et la mobilisation communautaire pour la promotion d’actions locales encourageant les bonnes pratiques en matière de la gestion de la mendicité.
Dans un communiqué final, le colloque scientifique a souligné que la mendicité demeure un phénomène complexe, multiforme et en constante évolution, lié notamment à la pauvreté, aux sécheresses, à la monétarisation accentuée de l’économie, à l’effritement des valeurs sociales, à l’ignorance, à la disparition des formes de protection sociale traditionnelles, à la crise sécuritaire, à l’échec des politiques publiques de développement. Il a aussi ajouté que certaines formes de mendicité révèlent des situations de vulnérabilité accrue, notamment chez les enfants, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap ; l’insuffisance de politiques de protection sociale efficaces, le refus de l’effort, la recherche du gain facile et la mauvaise répartition des richesses qui contribuent à la persistance du phénomène. Cet état de fait s’explique par ailleurs, selon le colloque scientifique, par la mauvaise perception sociale de l’islam qui contribue à amplifier le phénomène en faisant de la mendicité une menace pour la sécurité collective dans la mesure où les mendiants constituent une couche vulnérable de la société susceptible d’être recrutée par les groupes armés non étatiques.
Le doyen de la faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Abdou Moumouni de Niamey, Pr Dambo Lawali, a indiqué qu’avec ces pistes de solutions, il ne reste plus qu’à faire un appel à une mobilisation de tous les acteurs pour soutenir davantage cette initiative jusqu’à la mise en œuvre effective des recommandations issues de ce colloque. « Pour ma part, je mettrai tout en œuvre pour donner suite à ce colloque en faisant le travail de dissémination et d’édition des actes du présent colloque qui constituent la dernière étape de ce processus pour aller vers la mise en place d’un programme de recherche fondamentale et appliquée, et à la création d’un observatoire spécialement dédié à la mendicité », a-t-il promis.
Hamissou Yahaya (ONEP)



