Lors de la conférence de presse à Pékin
Les relations bilatérales entre la Chine et les pays africains franchissent un nouveau cap avec l’entrée en vigueur, le 1er mai 2026, d’une mesure dite « droits de douane zéro » au profit de 53 pays africains. Dans le cadre de cette politique temporaire de deux ans, la Chine supprime l’ensemble des taxes, charges fiscales et droits de douane sur 9 000 lignes tarifaires de produits originaires des pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques.
Pour les autorités chinoises, cette suppression constitue un atout majeur pour la coopération sino-africaine à l’aube d’une nouvelle ère. Elle se veut un levier puissant pour un développement durable et mutuellement bénéfique.
Pour présenter cette initiative, une conférence de presse s’est tenue le mardi 19 mai 2026 au Xianhe Hall du Beijing International Club. Co-animée par M. Liu Yuxi, Ambassadeur pour les Affaires du Forum sur la Coopération Chine-Afrique (FOCAC), et M. Yusong Chen, Directeur général adjoint du Département des traités et du droit du Ministère du Commerce de la République populaire de Chine. Elle a permis aux journalistes du programme CIPCC 2026 et à leurs confrères chinois de faire le point sur cette nouvelle mesure.
Pour M. Liu Yuxi, les droits de douane zéro représentent un sujet d’intérêt commun majeur entre la Chine et l’Afrique. Cette décision trouve son origine en février dernier, lorsque le Président Xi Jinping, dans un message au 39e sommet de l’Union africaine, a annoncé l’application pleine et entière de cette politique à compter du 1er mai pour les 53 pays africains concernés. « Loin d’être une initiative spontanée, cette politique s’inscrit dans la continuité de l’amitié traditionnelle entre la Chine et l’Afrique », a souligné M. Liu Yuxi. « Nos relations ont résisté aux turbulences internationales et ont forgé des bases solides de confiance mutuelle et de développement partagé », précise-t-il.

Depuis 2005, la Chine appliquait déjà des droits de douane zéro sur 190 lignes de produits en provenance de 25 pays africains. « L’objectif historique de la suppression des droits de douane sur près de 9 000 lignes tarifaires pour 53 pays est désormais atteint », s’est félicité M. Liu Yuxi. L’instauration de cette mesure coïncide avec le 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique. Elle intervient aussi dans un contexte marqué par la montée de l’unilatéralisme et du protectionnisme, alors que certains pays érigent des barrières commerciales au détriment de leurs partenaires.
Selon les statistiques officielles, la mesure commence déjà à stimuler les échanges commerciaux sino-africains. La Chine demeure le premier partenaire commercial de l’Afrique depuis 17 années consécutives, et la part de ces échanges dans le commerce extérieur du continent ne cesse de croître.
Depuis la mise en œuvre, en décembre 2024, de droits de douane nuls pour les pays les moins avancés, les échanges sino-africains ont atteint un record de 348,08 milliards de dollars en 2025. Au premier trimestre 2026, ils ont progressé de 26,8 % sur un an, soit près de 9 points de pourcentage de plus que la croissance globale du commerce extérieur chinois.
Le marché chinois, fort de 1,4 milliard d’habitants et de plus de 400 millions de consommateurs à revenu intermédiaire, offre ainsi de nouvelles opportunités aux exportateurs africains.
Le 1er mai à minuit, 24 tonnes de pommes fraîches d’Afrique du Sud ont été la première cargaison à bénéficier de l’exemption de droits de douane, via le port de Shenzhen. Le même jour, des avocats du Kenya, des oranges d’Égypte, du gypse marocain et des granulés d’os de bœuf nigérians sont arrivés respectivement à Guangzhou, Shanghai, Jingmen et Dalian.
Des rives de la mer de Chine méridionale à la mer de Bohai, la politique d’exemption de droits de douane accélère l’entrée de produits africains de qualité sur le marché chinois, renforçant la confiance des opérateurs économiques.
Les Petites et Moyennes Entreprises nigériennes sont invitées à consulter les sites web du ministère des Affaires étrangères et du ministère du Commerce de Chine pour connaître les modalités d’accès à cette mesure. Des produits agricoles nigériens, comme l’oignon, reconnu pour sa qualité, le haricot et d’autres filières, peuvent désormais rivaliser avec ceux d’autres pays sur le marché chinois.
Abdoul-Aziz Ibrahim à Pékin
