Coup de gueule : Plus jamais ça

Société
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La triste nouvelle a plongé toute la ville de Niamey, et au-delà, tout le Niger dans un profond émoi. Comment cela a-t-il pu arriver en pleine journée, et dans un quartier aussi populaire que celui de «Pays-bas», avec comme voisin un autre quartier archi populaire, celui de «Talladjé» ? Comment une vingtaine de  jeunes écoliers peuvent-ils mourir dans un incendie alors qu’à deux pas de là des centaines des personnes se pavanent allègrement ? Nul n’a pu répondre à ces interrogations que tout le monde pouvait légitimement se poser. Le Commandant du Groupement des Sapeurs Pompiers qui a intervenu, a évoqué une «rapide propagation du feu» qui a maintenu prisonniers une grande partie des enfants dans les flammes dévastatrices. Même si le feu a pu être maitrisé avec promptitude par les pompiers, il reste que les pertes humaines dépassent l’entendement : plus de vingt enfants ont perdu la vie dans ce qui était au début leur salle de cours, mais qui s’était très vite transformée en  un brasier incandescent. De mémoire d’homme, un tel drame ne s’est jamais produit au Niger dans une école. Certes, en cette période où souffle l’harmattan, la moindre étincelle est porteuse de danger pour des écoles à classes en paillotes. Mais il faut reconnaître que dans la conception même de ces classes en paillotes les moindres précautions de sécurité sont très souvent foulées au pied. Et lorsque l’irréparable se produit comme ce fut le cas mardi dernier à l’école Pays-bas, on se rend compte qu’on a pêché par imprudence. Ce drame repose sur le tapis, la lancinante problématique des classes en paillotes en milieu urbain. Car quoi qu’on puisse dire, l’utilisation des classes en paillotes dans nos villes comporte des dangers réels. Et de manière générale, elle est nuisible aussi bien pour la qualité de l’enseignement, que pour la sécurité des apprenants. Car il ne se passe pas une seule année sans que des incendies se déclarent dans nos écoles à classes en paillotes. La récurrence de ce phénomène est indubitablement une source de hantise et d’angoisse pour les enfants. Dans le programme de renaissance III, le Président de la République, Mohamed Bazoum envisage de «travailler à un programme performant de construction de salles de classe en matériaux définitifs dans les deux cycles de Base pour remplacer progressivement les classes en paillotes car la paillote constitue un facteur défavorable aux apprentissages en raison de son impact négatif sur le temps scolaire». C’est  assurément cela la réponse idoine et urgente à l’épouvantail «paillote» qui commence à endeuiller nos familles.

 Oumarou Moussa(onep)