Ibrahim Bako, sur son exploitation avec notre reporter
Au village de Kouka, dans le département de Tibiri (région de Dosso), Ibrahim Bako s’impose comme un exemple inspirant d’entrepreneuriat agricole. Sur une exploitation de trois hectares, ce jeune agriculteur développe une approche innovante basée sur l’agriculture intégrée, combinant le maraîchage, la culture fourragère, l’élevage, l’aviculture et la pisciculture.
Sa ferme, située à deux kilomètres dudit village, illustre parfaitement la complémentarité entre les différentes activités agricoles. Il y pratique le maraîchage, la production fourragère et l’élevage. « Au début, le maraîchage était ma principale activité. Je produisais du moringa, de la tomate, de la pastèque et de l’oignon. Avec le temps, je me suis rendu compte que le maraîchage et la culture fourragère vont de pair, car on ne peut pas faire l’un sans l’autre. Tant qu’on n’a pas de fumure organique, on ne peut pas réussir le maraîchage. La fumure organique est très essentielle pour le maraîchage», déclare-t-il.
Précisant qu’il pratique la culture fourragère pour nourrir ses animaux, ceux-ci à leur tour produisent de la fumure organique qu’il utilise pour enrichir le sol. « Actuellement, pour la fumure organique, je suis autosuffisant grâce aux animaux que j’élève notamment des petits ruminants et des bovins », explique Ibrahim Bako. Les différentes variétés de fourrage qu’il produit dans sa ferme sont le maralfalfa (communément appelé « herbe à éléphant »), le pois d’Angole et les doliques. « Pour la culture du maralfalfa, j’ai commencé avec quelques pieds, qui ne dépassaient pas 20 plants il y a trois ans. Aujourd’hui, j’en produis beaucoup. Au début, l’idée de la production fourragère, c’était pour aller à la vente, mais avec le nombre d’animaux que je possède dont 32 mâles, 47 brebis et 10 bovins, je préfère les nourrir avec ce fourrage. En retour, ils produisent une importante quantité de fumure que j’utilise dans le maraîchage », souligne-t-il.
Au-delà de la culture fourragère et du maraîchage, le jeune Ibrahim Bako pratique également l’aviculture. Ainsi, il possède actuellement environ 225 volailles, avec l’objectif d’étendre sa production à l’élevage de poussins. « Pour bien mener cette activité, j’ai reçu plusieurs formations dans ce domaine. J’arrive à gérer toute la prophylaxie en place sans l’intervention de quelqu’un. J’ai actuellement des poussins de trois jours que j’ai amenés du Nigeria. Au début, ils étaient au nombre de 500 poussins. J’en ai vendu beaucoup », explique-t-il fièrement.
Insuffisance de moyens d’irrigation pour accroître la production
Malgré sa détermination à accroître sa production pour contribuer à la sécurité alimentaire, Ibrahim Bako fait face à des difficultés liées à l’insuffisance de moyens d’irrigation. Ceci limite son rendement et sa capacité de production. « Dans ma ferme, je ne dispose que de deux motopompes et deux puits, et c’est insuffisant pour une grande production. C’est uniquement pendant la saison des pluies que j’arrive à exploiter les 3 hectares à cause du manque de système d’arrosage. Par exemple, pour faire le maraîchage sur 1 hectare, il faut au moins avoir en possession 4 puits. Donc pour mes 3 hectares, il me faut normalement 12 puits et beaucoup de motos pompes », a-t-il indiqué.
Dans cette localité, le jeune Ibrahim Bako incarne un modèle louable d’agriculture intégrée. Malgré les défis qu’il affronte, sa ferme démontre comment la diversification des activités agricoles peut transformer un espace en un écosystème productif et durable, inspirant d’autres jeunes entrepreneurs.
Yacine Hassane, Envoyé spécial
