Articles vestimentaires fabriqués par des apprenantes formées dans divesrses activités
Au quartier Bassora de Niamey se trouve une maison qui paraît simple et ordinaire. Mais derrière les quatre murs de cet immense espace siège le foyer Naney Yarda. Dans ce centre dirigé par Mme Moussa Bibata Boureima, de jeunes filles et femmes franchissent les portes avec l’espoir d’apprendre un métier qui leur permettra plus tard d’entreprendre afin de joindre les deux bouts. Chaque jour, dans ce lieu du donner et du recevoir, sept formatrices viennent former environ 128 élèves dans diverses activités.
Sous une tente ouverte aux quatre vents, dont le haut est à moitié couvert de paille, des rayons de soleil se dessinent sur les vêtements des jeunes dames assises sur des nattes. La plupart d’entre elles sont des femmes au foyer et des filles déscolarisées qui se forment dans la couture, le recyclage, la transformation agroalimentaire, la cuisine, le perlage, etc. Sur cette portion de terre, les formatrices transmettent aux apprenantes l’idée que rien ne se perd, tout se transforme.
Depuis quatre ans, Mme Moussa Bibata Boureima s’est fixé pour objectif de transmettre son savoir à ses sœurs et à ses filles afin que chacune d’entre elles puisse, à l’avenir, se prendre en charge. Son foyer est un centre qui forme gratuitement des élèves. « Nous avons des orphelines, des filles déscolarisées qui n’ont pas eu la chance de poursuivre leurs études ainsi que des femmes mariées. Notre but est de leur donner une seconde chance », a-t-elle fait savoir.
Avec l’appui de ses collaboratrices, Mme Moussa Bibata Boureima initie les apprenantes au recyclage qui consiste à transformer des objets anciens, usés et jetés en nouvelles matières afin de réduire la pollution et préserver l’environnement. Il s’agit d’une opération de valorisation des déchets tels que le plastique, le verre, le papier et autres. « Elles apprennent la couture pour femmes et enfants ainsi que le tricotage qu’elles pratiquent d’ailleurs avec passion. Le complet pour enfant est vendu à 6 000 FCFA. Nous tricotons également sur commande pour les adultes », a-t-elle précisé.
Dans le centre, les céréales comme le mil, le sorgho et le maïs sont soigneusement travaillées et transformées en farine, bouillie, couscous et autres aliments. « Nous produisons du fromage, du yaourt, des gâteaux et des biscuits de manière traditionnelle parce que nous n’avons pas les moyens d’acheter un four », a-t-elle ajouté. Ce qui rend difficile l’exercice de ces dames est l’insuffisance de moyens financiers et de matériels de travail, à laquelle s’ajoute la rareté des clients. Déterminée, la promotrice du foyer ne perd pas espoir et se démène malgré tout pour que les activités du centre perdurent. « Depuis que j’ai commencé, je n’ai jamais reçu une quelconque assistance. C’est pourquoi nous appelons les autorités et les bonnes volontés à nous appuyer afin qu’ensemble nous puissions offrir à ces femmes la possibilité de savoir quoi faire de leurs dix doigts », a-t-elle lancé.
Assise avec ses camarades, tricot en main, Charifa Mahamadou, une jeune femme d’une vingtaine d’années, s’est tournée vers l’apprentissage des petits métiers après avoir quitté l’école en classe de troisième. « Cette année est ma toute première expérience de formation. Depuis mon arrivée jusqu’à aujourd’hui, j’ai appris beaucoup de choses comme le tricotage, les mélanges pour fabriquer du savon liquide et d’autres activités que j’arrive désormais à réaliser moi-même. Vu que j’ai abandonné l’école, je me suis dit qu’il serait intéressant d’apprendre quelque chose et mes aînées m’ont encouragée », a-t-elle confié.
Mère au foyer, après les travaux ménagers, Mme Zara Kalilou se rend chaque jour dans cet espace d’apprentissage pour assister la promotrice. Son passe-temps est la production d’encens. « Je forme les apprenantes dans le foyer depuis sa création. Nous avons commencé sous l’ombre d’un arbre. Nous faisions du porte-à-porte pour chercher des élèves et les motiver », a-t-elle expliqué. Chaque semaine, un programme spécifique est présenté afin de faciliter la compréhension aux élèves. « Je suis aussi dans le domaine de la transformation agroalimentaire. Je fais ce travail avec amour et gratuitement, car notre objectif est d’aider les jeunes filles et les jeunes femmes mariées à trouver une activité utile dans leur vie au lieu de rester sans rien faire », a-t-elle conclu.
Fatiyatou Inoussa (ONEP)
