Entretien avec M. Abdoulrazak Abdou Rafa, président de l’Union des Associations des Supporters du Mena sur le CHAN 2023 : «Avec la motivation, le talent des joueurs, et l’appui de l’Etat, le Mena pourrait faire mieux qu’en 2011»

Société

M. le président, le 3 septembre dernier à Cotonou, le Mena A’ s’est qualifié pour le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN 2023) en étrillant les Eperviers du Togo sur le score de 3 buts à 1. Quelles sont les impressions qui vous animent à l’issue de cette belle qualification ?

Merci pour cette occasion que vous m’offrez de me prononcer par rapport à cette qualification du Mena A’ le 3 septembre dernier à Cotonou. Comme tout nigérien, c’est un sentiment de satisfaction qui m’anime. En tant que président de l’union nationale des supporters, je suis plus heureux encore. Comme vous le savez, à chaque déplacement du Mena, nous essayons d’aller pousser l’équipe à la victoire. Nous nous débrouillons pour envoyer un grand nombre de supporters, même si par ailleurs ce n’est pas suffisant compte tenu des difficultés financières. Je peux vous dire donc que, c’est vraiment un sentiment de satisfaction qui m’anime, et au-delà de ma modeste personne, l’ensemble du peuple nigérien qui est content de cette prouesse. Si vous vous rappelez, le CHAN est, à sa septième édition, et nous sommes à notre quatrième participation. Incha Allah, nous allons continuer à être contents de la prestation que, le Mena fera en Algérie.

Il ya eu beaucoup de supputations à l’occasion du match aller perdu par le Mena locaux à Lomé. Pouvez-vous nous dire ce qui s’est réellement passé?

Le point d’orgue de la défaite du Mena à Lomé, n’est rien d’autre que, l’exclusion des joueurs pour cause de COVID-19. Huit joueurs étaient concernés dont quatre titulaires. Donc c’était une aubaine pour l’équipe togolaise qui malgré tout, n’a pas pu nous battre comme elle l’aurait voulu. Nonobstant l’absence de ces huit joueurs, c’était un score étriqué d’un but à zéro. Mais depuis Lomé, nous avions bel espoir que le Mena allait remonter parce que, les tests anti- COVID se feront à Cotonou d’une manière commode, responsable, avec des cabinets responsables. Vous avez vu que ce qui s’est passé à Lomé ne s’est pas passé à Cotonou. Et puis le problème à Lomé, est que, comment comprendre que huit de nos joueurs aient été testés positifs, alors qu’aucun joueur Togolais ne l’était. Donc, ce sont ces genres de supputations qui ont émaillé la rencontre- aller au Togo. Mais, cela n’a pas empêché à nos vaillants ambassadeurs de se battre pour chercher un match nul. Compte tenu de tout ce qui s’est passé, je pense que le score de 1 but à 0, était un bon score pour nous. Vous avez vu qu’au match retour, nous avons pu rapidement remonter le score et les battre par 3 buts à 1.

M. le président, quel a été l’apport de votre association dans le succès du Mena à l’issue de cette double confrontation ?

L’apport des supporters est un apport ordinaire. Comme dit l’adage, le public c’est le douzième homme. A ce titre, nous essayons à chaque fois que, le Mena joue, de nous mobiliser en tant que supporters et d’aller lui prêter main forte. C’est un apport conséquent parce que quand nous supportons depuis les tribunes, ils nous entendent, et ils nous suivent. C’est vrai que, les déplacements sont un peu difficiles, mais à ce niveau l’Etat met la main à la poche à travers la fédération, qui nous a toujours épaulés pour nous faire déplacer. Ce n’est pas suffisant parce que le nombre de supporters n’est pas très important, mais je pense qu’avec les échéances qui arrivent, l’Etat va prendre cet aspect en compte, et essayer de nous appuyer pour faire déplacer beaucoup de supporters.

Le regroupement d’Algérie nous attend, et je remercie le Président de la République SE. Mohamed Bazoum qui n’a pas hésité à mettre les moyens derrière cette équipe. Il faut dire que depuis son avènement au pouvoir, il fait de bonnes choses dans le domaine du sport en général et pour le football en particulier. A trois reprises, il s’est rendu au stade Général Seyni Kountché. Ce qu’on n’a pas vu depuis une vingtaine d’années. Cela veut dire qu’il y a indubitablement un regain d’intérêt pour le sport au plus haut niveau de l’Etat. Je pense qu’il va continuer de supporter l’ensemble du sport nigérien, et en l’occurrence le football qui est le sport le plus populaire et qui peut hisser le Niger au firmament des nations africaines.

Le Niger sera l’année prochaine à sa 4ème participation au CHAN après celles de 2011 au Soudan, 2016 au Rwanda et 2021 au Cameroun. Comment votre association entend-elle préparer le tournoi d’Algérie qui se tiendra du 13 janvier au 4 février 2023 ?

L’année prochaine on va se déplacer en Algérie. Nous entendons être présents à ces phases finales pour aller supporter le Mena. Nous allons nous préparer conséquemment. Nous sommes en train de nous organiser pour voir comment pouvons nous, en dehors de l’Etat et de la fédération, à notre niveau, mobiliser des ressources qui nous permettront d’aller supporter le onze national. Il ne faut pas toujours attendre tout de l’Etat et de la fédération. Nous sommes une association et nous saurons comment faire pour amener les bonnes volontés à travers un cadre approprié à nous aider et en contrepartie vendre l’image des sociétés et institutions qui voudront bien nous appuyer. Voilà comment nous comptons procéder. C’est vrai nous sommes au Niger, les gens sont un peu sceptiques par rapport au sport en général, mais le sport c’est un levier pour la promotion d’un pays.

Etes-vous optimiste pour Alger 2023, après les quarts de finale de Khartoum 2011 ?

C’est vrai depuis Khartoum 2011, pendant les deux éditions qui ont suivi, nous n’avons pas fait bonne mine. Je pense qu’en Algérie nous devons essayer de faire mieux que Khartoum 2011. En 2011, le Mena était sorti en quart de finale après les tirs au but contre le pays hôte qui est le Soudan. Mais cette fois-ci avec la motivation, le talent des joueurs, et l’appui de l’Etat, le Mena pourrait mieux faire qu’en 2011. C’est ça mon souhait et celui de l’ensemble des Nigériens. Je pense qu’on peut le faire.

Propos recueillis

par Oumarou Moussa(onep)