Lors de l’entretien
A la tête du ministère du Tourisme et de l’Artisanat depuis le 9 août 2023, Mme Guichène Kari Aghaichata était, le mercredi 11 juin 2026, l’invitée de la Radio-Télévision du Niger (RTN) pour dresser le bilan annuel de son département ministériel. Elle a expliqué point par point les réformes entreprises pour faire de l’artisanat et du tourisme des leviers du développement économique et social du Niger. La ministre Guichène Kari Aghaichata a aussi évoqué les différentes activités menées dans le cadre de la valorisation des produits locaux à l’international.
Malgré un contexte international complexe, estime la ministre de l’Artisanat et du Tourisme, Mme Guichène Kari Aghaichata, son département ministériel a poursuivi avec engagement, détermination et professionnalisme les renforcements des capacités et la valorisation des ressources potentielles dans les secteurs du tourisme et de l’artisanat. Selon elle, l’adoption de plusieurs textes de règlementation, la promotion de nouveaux sites touristiques et le renforcement de la coopération internationale sont tant de facteurs qui ont pu maintenir ces deux secteurs. Ainsi, afin d’inciter davantage les Nigériens à connaître leur pays, à accroître les sentiments d’appartenance nationale, la ministre a indiqué que durant le mois de janvier 2026, une caravane touristique a été organisée au cours de laquelle plus de 100 Nigériens ont eu à découvrir le Grand Nord et des sites de renommée, à savoir les peintures rupestres de Dabousse, le mont Tamgak, les oasis de Timia, le grand désert de Chariot. « Toujours parlant du tourisme intérieur, nous pourrions aussi citer comme exemple des activités que nous menions presque chaque année au niveau du ministère. Nous pourrions citer comme exemple le festival des civilisations du fleuve dans la région de Tillabéri, le festival de l’Arewa dans la région de Dosso et le festival de l’Aïr dans la région d’Agadez », a-t-elle rappelé.
S’agissant de l’artisanat, ajoute la ministre, la chambre des métiers de l’artisanat du Niger constitue l’interface entre le ministère, les pouvoirs publics et les partenaires. Le Niger est un pays qui consomme le local. « Avec l’organisation de différentes foires que nous organisons, que ce soit dans le cadre de la lutte traditionnelle ou bien les grands événements comme le SAFEM, le festival de l’Aïr, nous arrivions à maintenir le cap et permettre aux artisans de pouvoir écouler leurs produits. Nous avons déployé une soixantaine d’artisans pour participer au salon international de l’artisanat de Ouagadougou, pour lequel ils ont réalisé un grand chiffre d’affaires, 180 429 700 francs CFA », a-t-elle évoqué.
Les défis du secteur de l’artisanat et du tourisme
Parlant des défis au niveau de l’artisanat, il s’agit surtout de l’amélioration des conditions de travail des artisans et du renforcement des capacités techniques entrepreneuriales et managériales des artisans. Pour cela, plusieurs machines ont été installées dans différents villages artisanaux. « Nous avons, en collaboration avec les institutions rattachées au ministère à savoir le salon de l’artisanat pour la femme et la chambre des métiers de l’artisanat, organisé plusieurs formations pour renforcer la capacité des artisans, les amener à une meilleure production de leurs produits et aussi leur apprendre comment écouler leurs produits à travers des formations en marketing digital », a-t-elle souligné.
Par ailleurs, la ministre déplore le manque de base de données des artisans nigériens. « Aujourd’hui, si nous, au niveau de l’État, on avait un chiffre exact du nombre d’artisans qui travaillent dans ce domaine, et si on avait une idée de ce qu’ils apportent dans l’économie nationale, il serait facile pour moi de négocier des choses pour ces artisans. Mais dans la mesure où c’est dans l’informel, il est difficile de dire les besoins », a-t-elle confié.
Quant au secteur du tourisme, ajoute la ministre, le principal défi auquel il est confronté est l’insécurité. A titre illustratif, quand le tourisme international était beaucoup plus présent, le circuit Timia – Iférouan-Djado se faisait en 7 jours. Mais, aujourd’hui, compte tenu du contexte sécuritaire il est devenu de moins en moins pratiqué. Le second défi, c’est comment combattre la concurrence déloyale et renforcer davantage les capacités managerielles des professionnels du tourisme. Pour répondre à ces défis, le ministère a entrepris plusieurs actions à travers le ministère de l’intérieur afin d’inciter les différents acteurs de ce domaine au respect strict de la réglementation en vigueur. « Nous pourrions dire que pour l’année 2025-2026, 763 professionnels du tourisme ont bénéficié de formations dans les cadres que ce soit de l’accueil, au niveau des hôtels, de la restauration et en tout cas pour tout ce qui est faîtières du métier du tourisme », a-t-elle mentionné.
Mettre à contribution les nouvelles technologies pour promouvoir les produits nigériens dans le monde
Pour le développement du marketing digital à l’échelle internationale, un comité a été mis en place avec Niger Post pour permettre aux artisans de savoir surtout manipuler les téléphones. Pour la plupart, ce ne sont pas des gens habitués à l’utilisation de certains outils. « Nous avons lancé le compte satellite du tourisme qui va nous permettre de dire avec exactitude l’apport du tourisme à travers les entrées et sorties. Et aussi, ça va nous permettre de recenser le nombre d’artisans dans le pays. La mission principale du ministère est de faire en sorte que les artisans arrivent à maintenir le savoir-faire authentique qu’ils ont, puisque c’est des personnes quand même qui arrivent à vendre l’histoire du Niger à travers leurs œuvres », a déclaré la ministre.
Générer des ressources pour l’État à travers l’organisation des salons
La ministre a détaillé que durant la 13è édition du SAFEM, 4 000 femmes artisanes ont été accompagnées, 28 000 bénéficiaires indirects dans les 8 régions du Niger. Et pour le chiffre d’affaires, il s’est élevé à 1 milliard 120 millions de francs CFA. « Il faut savoir que c’est vraiment une des grandes vitrines des salons de l’artisanat pour la femme en Afrique. C’est un salon qui nécessite beaucoup de moyens pour son organisation. Mais cette année, je tiens à informer l’opinion nationale que nous avons acquis un terrain au niveau du ministère de l’Urbanisme. Notre projet est de construire un site d’exposition pour le SAFEM », a dit la ministre.
En effet, le SAFEM est toujours financé à hauteur de 50% par l’État et les partenaires « mais il faut savoir que le projet que nous avons pour l’édition prochaine est de faire en sorte que nous n’ayons pas besoin de l’appui de l’État. Que nous puissions faire en sorte que ce site génère des revenus, non seulement pour le SAFEM, mais pour d’autres foires à l’avenir », a-t-elle souhaité.
De plus, la ministre a indiqué que dans le cadre de l’artisanat, un mémorandum d’entente a été signé à Ségou sur la promotion et le développement de l’artisanat au sein de la région AES. Pour ce qui est du tourisme, un salon international qui va regrouper tous les pays de l’AES est en voie d’être organisé.
En définitive, Mme Guichène Kari Aghaichata a de belles perspectives pour l’Artisanat et le Tourisme au Niger. « Nous visons la finalisation d’un projet d’appui au développement de l’artisanat rural, l’aménagement des sites touristiques, la modernisation administrative, le renforcement des infrastructures, la promotion du tourisme durable et l’expansion des partenariats nationaux et internationaux », a-t-elle énuméré.
En outre, la ministre invite tous les Nigériens à vraiment à découvrir leur pays, à connaître l’histoire de leur pays, à accroître les sentiments d’appartenance nationale. « Le tourisme et l’artisanat sont des secteurs stratégiques pour le Niger. Ils portent notre identité, notre histoire, notre créativité et notre capacité à bâtir un développement endogène », a-t-elle assuré.
Salima H. Mounkaila (ONEP)
