Capitaine Roger Gabriel
Quelques jours après les événements malheureux du 29 août 2026, les langues commencent à se délier. C’est ainsi que dans un enregistrement diffusé le 1er septembre 2026 par la Radiotélévision du Niger (RTN), le capitaine Roger Gabriel, commandant de compagnie au sein du 1er bataillon parachutiste, donne le déroulement des événements. Il cite des noms de personnes, leurs positions, leurs actions ou réactions au moment des événements. Le capitaine Roger Gabriel révèle ainsi des complicités internes et externes, les tentatives de manipulations, etc. C’est en somme des révélations chocs sur les tentacules d’un complot ourdi contre le Niger, ses institutions et son peuple. (Lire ci-dessous l’intégralité des propos du capitaine Roger Gabriel)
«Je suis le capitaine Roger Gabriel, né le 25 décembre 1994 à Niamey, fils de Jean-Gabriel et de Watenikman Al-Ousseini. Je suis en service au 1er bataillon parachutiste en tant que commandant de compagnie. Titulaire d’un master en relations internationales, marié à une femme, père de deux filles, domicilié au Camp Bagaji. Sur mon implication dans les événements survenus la nuit du 28 au 29 août 2026 à la base 101, je n’ai pas participé à l’action qui s’est passée.
J’étais à mon domicile lorsque j’ai été réveillé par les tirs venant de la base 101. Après mon réveil, j’ai appelé mon commandant de bataillon, à qui j’ai dit qu’il y avait un événement qui se déroulait à la base 101. Une fois le compte rendu fait, j’ai reçu l’ordre de faire percevoir les armes à nos éléments afin de sécuriser le camp et attendre les ordres de la hiérarchie, parce qu’en ce moment, tout le monde s’attendait à une attaque terroriste.
Après la perception de l’armement, nous avons sécurisé le Camp Bagaji et ensuite reçu l’ordre du Comzone d’aller sécuriser le deuxième pont. De retour du deuxième pont, les éléments qui nous accompagnaient nous ont informé du passage de la Garde Présidentielle en direction de la base aérienne. Afin de m’enquérir de la situation, j’ai appelé le capitaine Moustafa de la Garde Présidentielle qui m’a dit qu’il était alors en mission à Toukounous.
Après m’avoir dit que le capitaine Maikibi était à Niamey, il m’a envoyé son numéro et je l’ai ensuite appelé. Le capitaine Maikibi m’a expliqué la situation et nous a donné conduite à tenir. Nous lui avons dit que nous avions déjà pris le deuxième pont et sécurisé notre camp.
Le capitaine Maikibi était, si j’ai bien entendu, en ce moment avec le général Ibroh, qui lui a demandé s’il s’agissait du bataillon parachutiste et qui lui a dit de nous donner l’ordre de bien tenir le deuxième pont en attendant l’arrivée des éléments de la Garde Nationale, ce qui fut fait. Un peu plus tard dans la nuit, j’ai été appelé par plusieurs officiers du BSR COS qui étaient en ce moment en train de prendre la base aérienne. Il s’agit notamment du capitaine Kader, le capitaine Nasser Nayoussa, le capitaine Abdel Fattah et le commandant Maihatsi qui nous ont demandé de les renforcer.
Initialement, ayant pensé que c’était une attaque terroriste, nous avons fait le compte rendu à notre commandant de bataillon comme quoi l’unité engagée sous le feu là-bas avait besoin d’un appui. Le commandant de bataillon nous a confirmé qu’il s’agissait bien d’un affrontement entre le BSR COS et la Garde Présidentielle. À partir de ce moment, nous avons repoussé intelligemment toutes les propositions faites par le BSR COS de les renforcer.
Ensuite, en début de matinée, j’ai reçu un appel d’un camarade tchadien, le colonel Hassane Adoum, qui m’a demandé si c’était une attaque terroriste qui se produisait à Niamey. Je lui ai répondu que tel n’était pas le cas. Il s’agissait d’un affrontement entre une de nos unités et la Garde Présidentielle à la base 101.
Il m’a ensuite rappelé une deuxième fois pour m’expliquer qu’une intervention serait en cours à partir de leur pays, pilotée par leurs autorités et les forces spéciales françaises, pour venir en soutien à ceux qui ont pris la base 101. J’ai ensuite reçu un appel des membres de la famille de l’ancien président Bazoum, dont Zazia et Salim, qui m’ont demandé la situation en me disant que certains partenaires étaient prêts à intervenir au profit de ceux-là qui étaient là-bas. Ils parlaient notamment du président béninois qui était en déplacement vers la Côte d’Ivoire et qui est revenu au Bénin pour mettre en place une cellule de crise et être éventuellement appuyé par la Côte d’Ivoire et les forces spéciales françaises présentes en Côte d’Ivoire.
Il disait également avoir tous les feu verts et accords au niveau de la CEDEAO pour intervenir. J’ai entre autres été contacté par plusieurs numéros de la France, de Dubaï et de la Belgique auxquels je n’ai pas répondu, ayant pris conscience de la situation. Ensuite, j’ai reçu des messages sur WhatsApp de M. Hamid Ngadé me demandant la situation et assurant que les partenaires français étaient prêts à intervenir pour appuyer l’unité qui est engagée à la base 101.
Il y a également le colonel Seydina qui m’a écrit un message pour me demander s’il y avait encore des gens qui tenaient et qui avaient besoin d’un appui. En dernier, j’ai reçu un message du chef d’état-major de l’armée de l’air du Tchad qui assurait qu’ils allaient faire une intervention. C’est la totalité des appels que j’ai reçus et les faits que je viens de citer ont fait de ma part l’objet d’un compte rendu à ma hiérarchie ».
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