Le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, M. Adji Ali Salatou, et le président de l’Observatoire National de la Communication, M. Ibrahim Manzo Diallo ont rencontré le mercredi 2 septembre 2026 à Niamey les promoteurs des médias et responsables des médias publics et privés. L’objectif est de partager les conclusions d’un monitoring réalisé par l’ONC à la suite des événements survenus dans la nuit du 28 au 29 août 2026 à Niamey.
Lors de cette rencontre, le ministre Adji, a d’abord planté le décor en rappelant à la responsabilité des médias en période de crise. Après les événements qui se sont déroulés du 28 au 29 août 2026 à Niamey où la gestion de l’information était un défi au moment des faits. « Dans la gestion de la communication et l’information ces derniers jours, il y a eu des pratiques qui nécessitent de situer des responsabilités », a déclaré le ministre en charge de la Communication.
Le président de l’ONC, M. Ibrahim Manzo Diallo a précisé que cette rencontr,e n’a pas pour objet de faire le procès des médias ni de se substituer aux autorités compétentes chargées d’établir les faits. Il s’agit simplement d’un devoir institutionnel qui consiste à observer, analyser et contribuer avec impartialité à l’amélioration de l’écosystème national de l’information. En ce sens, l’ONC a procédé du 28 août au 1er septembre 2026 à un suivi des contenus diffusés par les médias traditionnels, les médias en ligne et les principales plateformes numériques.
Ainsi, le président de l’ONC a présenté les principaux enseignements de ce monitoring regroupé en plusieurs constats à savoir une intensité informationnelle exceptionnelle dans les heures ayant suivi les tirs et explosions signalés aux abords de la base aérienne 101 de l’aéroport international Diori Hamani et de plusieurs secteurs sensibles de Niamey, les effets du vide informationnel, une divergence dans la qualification des faits, et le rôle des réseaux sociaux comme accélérateurs à la fois de l’information et de la désinformation, avec la circulation d’images anciennes ou de vidéos hors contexte présentées comme liées aux événements de Niamey. « Dans un contexte marqué par l’incertitude et la rareté d’informations officiellement confirmées, l’espace médiatique a été rapidement occupé par des interprétations, des témoignages fragmentaires et des rumeurs. Si la communication officielle a parlé de ‘’mouvement d’humeur’’ tout en affirmant que la situation était maîtrisée, plusieurs médias internationaux ont évoqué une ‘’mutinerie’’ ou une ‘’tentative de coup d’État’’. Pour l’ONC, un tel écart de vocabulaire influence la perception de l’événement et l’image du pays », a notifié le président de l’ONC.
Evoquant les principes fondamentaux du secteur des médias, le président de l’ONC a réaffirmé que la liberté de la presse demeure un pilier essentiel. Selon lui, le rôle du régulateur n’est pas d’imposer un récit unique mais de veiller à ce que l’information mise à la disposition du public soit fiable, vérifiée et équilibrée.
Sur la base de ces constats issus du monitoring, l’ONC a formulé des recommandations à l’intention des médias et pouvoir publics. Pour les médias, l’ONC les exhorte à vérifier et recouper les informations avant de publier, authentifier les images et vidéos, traiter avec prudence les informations sensibles. Aux pouvoirs publics, l’ONC recommande de mettre en place un mécanisme permanent de communication de crise, de réduire le vide informationnel, d’assurer une communication factuelle et cohérente, de renforcer la présence de l’État sur les plateformes numériques et développer une capacité de vérification et de réponse rapide pour contrecarrer la désinformation.
Ainsi, l’ONC a proposé de procéder à une élaboration concertée d’un cadre national de référence pour la couverture médiatique et la communication en période de crise, dans le respect de la liberté de la presse et du droit à l’information. Le président de l’ONC a enfin réaffirmé la volonté de l’ONC de poursuivre le dialogue avec les professionnels des médias, en privilégiant la prévention, la sensibilisation et la formation.
Abdoul-Aziz Ibrahim (ONEP)
