Exposition photo au CCFN : Le journaliste Pascal Maitre partage son expérience et son séjour dans le Sahel

Société
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Le Centre Culturel Franco-Nigérien (CCFN) Jean-Rouch de Niamey a servi de cadre, le 19 novembre à la cérémonie de vernissage d’une exposition photo. Il s’agit des œuvres de M. Pascal Maitre, un journaliste qui a été invité à partager l’expérience de ses séjours en Afrique, notamment dans le Sahel. A travers cette exposition, l’on s’informe sur la situation et les réalités qui caractérisent le Grand Sahel actuellement. La vie des communautés, la guerre contre le terrorisme, les différentes opérations des armées, la migration, le climat et bien d’autres aspects photographiés sont exposés dans le hall de la bibliothèque du CCFN. Du Niger et du Mali, le journaliste n’a rien laissé lui échapper. «Depuis le début des années quatre-vingt-dix, j’ai travaillé dans cette zone plus particulièrement, au nord du Niger et au nord et au centre du Mali, l’épicentre de la crise actuelle qui secoue cette Zone», dit-t-il.

C’est l’mbassadeur de France au Niger qui a lancé cette exposition photo, en présence notamment de plusieurs diplomates et fonctionnaires des ambassades des pays européens au Niger. Le sujet d’une grande portée a attiré l’attention de plusieurs personnalités qui ont fait le déplacement du CCFN pour découvrir le travail de ce grand journaliste.

Intitulée «Sahel Proche», cette exposition a suscité l’intérêt de plusieurs personnes d’où cette importante mobilisation. S’expliquant sur ce travail, M. Pascal Maître  a souligné que cet espace, le Sahel, c’est une ligne de partage qui sépare les sables du Sahara des forêts tropicales d’Afrique. C’est un passage entre arabes et noirs, musulmans et chrétiens, pasteurs nomades et paysans sédentaires. Il a souligné que c’est dans cet espace que vivent 125 millions d’habitants parmi les plus démunis et vulnérables de la planète, parce affectés par plusieurs défis. «La désertification ne cesse d’avancer sous les effets conjugués du réchauffement climatique, du déboisement et de la démographie galopante. Les décennies à venir sont celles de tous les dangers avec une situation ou l’absence d’Etat dans les zones rurales, le recul de l’agriculture, l’avancée du désert, l’infiltration des djihadistes au sein des populations, et les nombreux conflits actuels», a-t-il précisé.

En 2002 et 2006, il a eu la chance de voyager depuis Tombouctou au Mali, jusqu’aux mines de sel de Taoudéni à 750 km plus au nord. «Dans cet immense espace du nord Mali de 1000 km sur 1000 km, il n’y avait plus d’Etat, plus d’armée, plus aucun contrôle. C’était un immense no man’s land où l’on pouvait croiser les membres du groupe islamiste du GSPC (Groupement Salafiste pour la Prédication et le Combat) qui deviendra AQMI, des gens du Polisario dont AL Sahrawi qui fut à la tête de l’EIGS, des rebelles touarègues. Mais ce no mans land, c’était aussi celui de tous les trafics, armes, otages, migrants et surtout la drogue (En Octobre 2009 un Boeing 727 venant du Venezuela rempli de cocaïne se posa dans le désert dans la région de Gao, des dizaines de véhicules 4X4 prennent la cargaison et l’avion est incendié», a-t-il rappelé.

La crise actuelle au Sahel, a précisé M. Pascal, a été accélérée avec la liquidation de Kadhafi et la chute de son régime en Libye. Cette situation a occasionné le retour dans leurs pays respectifs, au Niger et au Mali surtout, de plus d’un millier de Touaregs de l’armée libyenne. «Le Niger est encerclé par différentes menaces à ses frontières : les groupes armés maliens islamistes au nord-ouest, les milices Toubous à l’est, les groupes islamistes basés en Libye au nord-est, Boko Haram au sud-est», a expliqué Pascal Maître .

A travers cette exposition l’auteur partage les expériences de ses multiples voyages, terrestres et aériens, mais aussi les expériences de ses rencontres avec les communautés et ses découvertes sur le terrain.

 Ali Maman(onep)