Femmes artistes et la journée du 8 mars : «Dans le domaine du cinéma, les femmes doivent être des fonceuses et ne pas avoir peur de l’échec car, l’échec fait partie de la réussite», soutient réalisatrice Samira Seyni Djingo

Culture
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De nos jours les femmes excellent dans presque tous les domaines d’activités. Et le milieu artistique et culturel ne fait pas exception. Les stéréotypes commencent à tomber, elles investissent bien ce domaine et arrivent à laisser des empreintes. A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes célébrée chaque année le 8 mars, les filles passionnées de l’art se prononcent sur la journée, sur l’exercice de leurs métiers et donnent des conseils à leurs jeunes sœurs qui veulent  embrasser la carrière. Aujourd’hui nous allons à la découverte de Samira Seyni Djingo, Réalisatrice et Promotrice de la boîte de production audiovisuelle Niger Wood.

«La Journée de la femme est une occasion spéciale qui nous permet de dialoguer, chaque année à travers le monde, autour d’importantes questions sociétales dont la place et le rôle de la femme dans nos différentes communautés. La célébration de cette journée remet ces questions au centre des grands sujets débattus au plus haut niveau des décisions» souligne Samira Seyni Djingo. Aussi, salue-t-elle toutes ces braves femmes qui font des actions salvatrices en faveur de la promotion de la femme. Pour Samira, la femme doit avoir les mêmes chances que les hommes et travailler dur pour s’affirmer au même titre que les hommes.

Elle revient sur son parcours et sa perception de l’égalité homme- femme notamment dans le domaine cinématographique. «Ici, c’est le travail bien fait qui est mis en valeur. Que tu sois homme et ou femme, l’important c’est de t’appliquer et de respecter ce que tu fais. Il faut juste avoir la compétence et montrer ce qu’on peut bien faire. Il faut aussi savoir ce que l’on veut et se donner les moyens de réussir», dit-elle. Pour Samira le métier de cinéaste et celui de réalisateur ne sont pas différents des autres métiers. Les hommes et les femmes se battent pour donner le meilleur d’eux même. «Un bon film, une belle œuvre demande beaucoup de don de soi, de ténacité et surtout d’efficacité», précise-t-elle.

La jeune réalisatrice se réjouit de voir les performances réalisées par certaines femmes dans le domaine. A titre illustratif, elle se réfère à la première génération de femmes comédiennes (Zalika Souley, Kara da kiachi, Sourougna) et les Cantatrices (Dalweize, Zabaya Houssey, Zabaya Mariama Kallou ) qui ont pu s’imposer et réussir sur ce plan. «Et pourquoi pas nous ! Nous suivons leurs traces et grâce à nos talents et à notre travail remarquable, nous pouvons y arriver. Aujourd’hui, nous la nouvelle génération, nous sommes en train de nous professionnaliser et mieux, d’exporter l’art et la culture nigériens à travers le cinéma, la musique, etc. Le Niger regorge de talents, de femmes battantes et valeureuses qui ont fait leurs preuves en leur temps et c’est tout à l’honneur du pays. Et surtout que quelque part, elles constituent des références, des modèles à copier», déclare Samira Seyni Djingo.

Ce nouvel élan, explique-t-elle, augure un bel avenir pour les femmes qui jouent de plus en plus les rôles de premier plan dans le 7ème art. Dans ce domaine Samira confie qu’elle est devenue beaucoup plus endurante et mature. «Quand on gère une équipe, peu importe si t’es la plus jeune, le rôle de la maman te revient. Aujourd’hui dans ma vie de tous les jours, je gère mieux mes émotions ; ma gestion des conflits s’est nettement améliorée aussi», estime la Promotrice de la boîte de production audiovisuelle Niger Wood. 

Samira Seyni Djingo conseille aux femmes qui veulent évoluer dans le domaine culturel de faire preuve de ‘’tetutesse’’. «C’est un domaine où seules les têtues réussissent, elles doivent être des fonceuses, et ne pas avoir peur de l’échec car, l’échec fait partie de la réussite», dit-elle.

  Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)