Mme Aminatou Baldé Boubacar
De nos jours, la restauration est devenue une activité génératrice de revenus dans laquelle les femmes nigériennes s’investissent de plus en plus, contribuant à leur autonomisation économique. Nombreuses en effet sont les femmes qui exercent cette activité à Niamey, notamment lors des cérémonies de mariage ou des grands événements.
Mme Aminatou Baldé Boubacar, promotrice du « Groupe FOMI », est une femme active et inspirante qui a su transformer son amour pour l’organisation événementielle en une véritable rampe de succès. Âgée de 51 ans, mère de trois (3) enfants et titulaire d’un diplôme en gestion hôtelière, Mme Aminatou Baldé Boubacar allie bien responsabilités familiales et professionnelles. D’abord secrétaire de direction, elle est aujourd’hui directrice générale du « Groupe FOMI », une entreprise qui a ouvert ses portes depuis 1998. « Après plusieurs années de recherche d’emploi sans succès, j’ai décidé de me lancer dans diverses activités génératrices de revenus afin de subvenir à mes besoins », a-t-elle confié.
Sa passion pour l’entrepreneuriat a fait qu’elle s’est très vite lancée dans le domaine avec le soutien de sa famille, surtout celui de son mari. Elle s’est investie corps et âme pour faire de son rêve une réalité. « Depuis toute petite, j’étais dans les affaires. J’ai commencé avec les friandises et les biscuits. Après mon mariage, mon mari m’a proposé d’entreprendre dans ce domaine, d’où l’idée de la création de cette entreprise spécialisée dans la restauration », souligne-t-elle. Lors des cérémonies, les organisateurs font appel aux services de FOMI pour les collations et autres plats. Elle prépare aussi des plats à vendre et assure même la livraison à domicile.

La création de cette entreprise a non seulement répondu à un besoin croissant des clients, mais aussi à son désir d’innover. Elle a débuté son activité avec une seule femme qui l’aidait dans les tâches. Aujourd’hui, l’entreprise FOMI compte à son actif 40 employées, dont 4 permanentes et 36 interviennent à l’occasion des grands événements. « Chacun a son rôle à jouer. Nos menus sont préparés selon des normes d’hygiène et livrés à temps », assure-t-elle.
Pour la rémunération, elle a fait savoir que le paiement des employées se fait en fonction du chiffre d’affaires. Elle est parfois assistée par les voisines et leurs enfants lorsque la tâche devient importante. Cette diversification témoigne de sa capacité à s’adapter aux besoins de la clientèle. S’agissant de cette dernière, la promotrice du Groupe FOMI s’est dite confiante. « Par la grâce d’Allah, nous n’avons jamais eu de reproches. Je reçois des retours positifs de mes clients et nous restons ouvertes à toute critique en cas d’insatisfaction », a-t-elle déclaré. Cependant, comme dans tout métier, le parcours de Mme Aminatou Baldé Boubacar n’a pas été un long fleuve tranquille. Comme le dit un adage, « tout début est difficile », mais avec le temps, l’on s’y adapte. « Qui dit entrepreneuriat dit beaucoup de choses. Quand les difficultés sont là, on assume. Comme dans n’importe quelle activité, il y a des hauts et des bas. On accepte tout ce qui vient à bras ouverts. J’ai rencontré beaucoup de difficultés, mais cela ne m’a pas découragée », a-t-elle confié.
Déterminée, elle continue de se battre afin de satisfaire sa clientèle. « J’ai beaucoup persévéré dans cette activité. Mon amour pour la cuisine est ma plus grande motivation. J’ai été bien encadrée dans ce domaine. J’ai aussi participé plusieurs fois à des conférences à l’intérieur du pays. Nous gérons même des commandes venant de l’intérieur du pays. S’il s’agit de pâtisserie, je coordonne avec une boulangerie de la place, mais si c’est la cuisine, nous nous déplaçons. Même en mon absence, les employées peuvent assurer le travail, surtout qu’avec l’âge, ce n’est pas du tout facile », a-t-elle confié, le sourire aux lèvres.
Une autre entreprise, « Océan des Saveurs », a été créée en 2020 par une jeune promotrice dénommée Mme Mounira Maizama Issa, titulaire d’une licence en comptabilité-finance et en gestion-management. Cette jeune entreprise est spécialisée dans la restauration, le service traiteur, l’événementiel, la planification des mariages, des baptêmes, des séminaires, les petits déjeuners ainsi que les grillades.
La jeune entrepreneure a débuté avec de petites recettes qu’elle essayait à la maison et faisait goûter à sa famille. Elle a ensuite ouvert un petit restaurant afin de mettre son talent au service de la population.
Cette entreprise dispose d’une équipe de quinze (15) à vingt (20) personnes. « Je suis soutenue par mon grand frère qui est mon partenaire. Il y a aussi ma maman qui m’aide dans certaines tâches. Nous travaillons sur commande. Et, pour le service traiteur, nous le gérons sur rendez-vous. Nous avons également un livreur qui se charge des commandes des clients. Pour les heures de travail, il nous arrive parfois de rentrer tard la nuit et de sortir très tôt le matin », a-t-elle expliqué.
Selon Mme Mounira Maizama Issa, le prix des prestations dépend de la nature du travail demandé ainsi que du volume des commandes reçues. Certaines prestations peuvent atteindre 50 000 FCFA et au-delà. Néanmoins, les revenus restent très variables selon les périodes d’activité. « Parfois, on ne gagne rien. Et des fois, on peut gagner entre 300 000 et 1 million de FCFA », a-t-elle confié.
Pour ce qui est de la rémunération des employés, elle est calculée en fonction des services effectués. « Chaque travailleur peut percevoir entre 10 000 et 30 000 FCFA par jour, selon les tâches accomplies », a-t-elle souligné.
Fortes de leurs expériences, ces femmes entrepreneures exhortent leurs sœurs à se battre corps et âme pour leur autonomisation, subvenir à leurs besoins et éviter de tendre la main à tout moment.
Par Rabi I. Guero (ONEP)
