Foire culturelle de Belbédji : A la découverte des facettes culturelles de la zone

Culture
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Les événements culturels se multiplient ces dernières années dans notre pays. Les initiatives pour valoriser la culture nigérienne dans sa diversité sont souvent l’œuvre de l’Etat, des associations nationales ou encore des structures locales. En effet, il est quasi fréquent dans chaque région ou commune du Niger de voir ou entendre la tenue des activités culturelles. Belbedji, un département de la région de Zinder, a accueilli le samedi 2 avril 2022, une foire dédiée au savoir-faire local avec au menu des expositions artisanales, l’art culinaire traditionnel, ainsi que l’organisation de danses et chants reflétant typiquement les us et coutumes du terroir. Cette activité est une initiative de l’ONG Educaf Niger, une structure culturelle qui œuvre pour la promotion de la culture nigérienne et au-delà la culture africaine. 

Cette rencontre culturelle est centrée autour du thème ‘’ la culture au service du développement ’’. Le promoteur de ce rendez-vous culturel est M. Ahaman Amar Tarka, un fils du terroir. Cet évènement vise essentiellement à donner de la visibilité aux artisans locaux et surtout à les encourager à promouvoir davantage le savoir-faire endogène dans un esprit de créativité.

C’est ainsi que lors de cette messe culturelle, une panoplie d’activités a eu lieu allant de l’exposition artisanale, aux prestations des artistes en passant par une démonstration de l’art culinaire traditionnel avec en toile de fond une diversité de mets. Les participants à cette rencontre ont eu droit à une foire gastronomique qui a porté sur la production locale notamment le mil. Ce qui leur a permis d’apprendre différentes recettes sur le mil.  L’évènement a été aussi ouvert à d’autres goûts. Les amoureux des chants et des danses en ont eu aussi pour leur compte. A côté de ces fêtards se trouvaient selon le promoteur, les chameliers qui s’adonnaient à des compétitions. Des moments de joie et de plaisir pour de nombreux festivaliers. Ils ont eu l’occasion d’apprécier l’harnachement des chameaux et chevaux ainsi que la manière dont ces animaux sont apprivoisés avant ce genre de rendez-vous culturel.

En plus, les passionnés de musique et de chants traditionnels ont savouré durant toute une journée, l’art des instrumentistes qui ont su mettre en valeur leurs créations. Les participants ont assisté aux différents spectacles et plusieurs acteurs de scènes ont offert des saynètes en plein air pour le bonheur des fêtards. Ils ont voulu aussi attirer l’attention des spectateurs sur la richesse artistique et touristique de cette zone et son savoir-faire local.

Pour Ahaman Ahmed Tarka, la culture est l’ensemble des valeurs communes à une communauté, ces valeurs sont d’ordre moral tel le ‘’Gaya’’ en milieu Haoussa, le ‘’Achaq’’ pour les touareg ou le ‘’Habanaye’’ des peulhs. Ces valeurs communes  peuvent être l’habitat, l’accoutrement, la cuisine, les soins de beauté, de santé et les comportements culturels, etc.

Cet espace de rencontres, d’échanges, de partage et de divertissement autour de l’art et la culture de façon générale. Cette foire culturelle, selon son initiateur  se veut un cadre qui va se démarquer des autres sur la scène culturelle. En outre, cette foire a regroupé des artistes et artisans dévoués au développement culturel  et ce dans tous les secteurs d’activités  que ce soit les bijoux, la poterie, les produits à partir des matériaux recyclés, la sculpture, la forge, les produits de beauté artisanaux  et des technicités mixtes.

Ils étaient venus de toute part avec leurs belles créations qui reflètent cet attachement, cet amour pour la culture nomade ‘’, a relaté le promoteur de ce rendez-vous culturel, M. Ahmed Tarka

En effet, ces valeurs constituent l’épine dorsale de chaque société où elle puise les éléments vitaux de son épanouissement. Chaque communauté a ses traits, ses caractéristiques et ses habitudes qui la distinguent d’autres communautés. L’idée d’organiser cette foire qui est une tribune d’expression, a expliqué le promoteur, ‘’vient du constat de la richesse culturelle de notre pays en général et de notre zone de Belbedji en matière de produits artistiques, culturels et socio-économique. C’est un potentiel qui mérite d’être non seulement valorisé et aussi promu à travers ce genre de rencontres’’.

Les produits et services proposés

La foire se compose de six (6) stands notamment des habitations Touaregs, dans lesquelles il y a le lit touareg avec toutes ses composantes : les ‘’igaydans out’’ l’armoire touareg avec tous ses compartiments. Selon le promoteur, ‘’Chez nous, nous ne pouvions point parler de nomades sans pour autant évoquer leur goût prononcé pour la décoration des habitats et autres montures faites pour les déplacements.

Au niveau de la cuisine, plusieurs variétés de mets étaient servis à savoir  les différents repas à base de mil  ou nous avions su montrer les talents de nos mamans, épouses et sœurs de la région. Une manière d’exposer les assiettes, les cuillères en bois, en cuir, des marmites en terre cuite, des mortiers, des  pilons en bois, des calebasses peulhs et touaregs.

Les festivaliers ont pu découvrir de ‘’Tessayte’’, un ancien récipient pour rendre en farine le mil, les jarres en terre cuite ou ‘’Tijikante ‘’, un grand sac où les femmes déposent leur bagage.

L’habillement ou accoutrement était aussi de la partie notamment avec des vêtements touaregs pour homme et femme, des vêtements  peulhs pour femme, des chaussures touarègues , des chaussures peulh ‘’takuruga’’, des chapeaux hausa et peulh.

Pour ce qui est des parures, sur les stands, a ajouté M. Ahmed Tarka, ‘’ nous avions pu faire connaitre les grosses  bagues et bracelets pour apprendre aux filles Touaregs comment bien marcher’’. Au titre des expositions, les participants ont pu apprécier la qualité des différentes catégories de sacs touaregs : Achaqwa ; Ibewoune ; Aghrig. Les mobiliers ont aussi attiré l’attention comme la chaise touarègue ; la selle chameau ; la selle cheval avec des ‘’Akala’’ bien ornés.

Pour se développer, chaque société doit puiser dans ses valeurs culturelles qu’elle maitrise bien afin de les améliorer  et de les adapter au moment. La culture n’est pas figée, elle est évolutive en fonction de la conjoncture et des contextes.

Des stands réservés uniquement pour les plantes à base thérapeutique étaient aussi exposés ; on pouvait trouver des plantes très efficaces pour guérir beaucoup de maladies à savoir le ‘’Mananade’’, le  ‘’Gharounful ‘’, le ‘’Yezaragade’’ et la plante ‘’Anza ‘’dont les racines sont plongées dans de l’eau de marigot  pour la purifier. ‘’Nous avions pris attache avec les structures tutelles et partenaires pour voir dans quelle mesure nous pouvions mettre en pratique ce projet et Dieu merci, nous avions pu faire quelque chose avec l’appui de notre ONG et de certaines bonnes volontés.  Nous saluons au passage le patronage des autorités coutumières et administratives qui ont su apporter une touche particulière et crédible à ce projet. Nos remerciements à tous ces artisans qui ont bien voulu nous accompagner malgré certaines difficultés financières. Ils ont su témoigner leur confiance  en participant à cette foire  et nous nous engageons à donner le meilleur de nous-mêmes afin de leur offrir dans le futur les meilleures prestations possibles’’, a confié M. Ahmed Tarka.

Il pense enfin que toute communauté qui copie ou qui s’inspire  entièrement de la culture des autres est une société asservie mentalement et culturellement et ne peut rien  penser  pour panser ses lacunes, pour avancer vers un développement harmonieux.

Par  Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)