Front social : La CDTN s’inquiète de la remise en cause de certains acquis et demande à ses membres de se mobiliser

Société
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Réunie à la bourse du travail Ibrahim Mayaki, la Confédération démocratique des travailleurs du Niger (CDTN) a rendu publique, le samedi 31 juillet dernier, une déclaration suivie d’une conférence de presse. Dans cette sortie médiatique qui intervient deux (2) ans après les élections professionnelles du 31 juillet 2019 qui lui a permis de prendre la tête du mouvement syndical au Niger en tant que centrale la plus représentative, la CDTN dénonce les agissements de certains ministres qu’elle juge contraires aux promesses faites par le Gouvernement et, dans la foulée appelle ses membres à la mobilisation générale. La CDTN s’inquiète ainsi, selon elle, de la remise en question de plusieurs acquis obtenus par les travailleurs nigériens au cours des derniers mois de gouvernance du précédent gouvernement.

Dans sa déclaration rendue publique, la Confédération démocratique des travailleurs du Niger rappelle que malgré l’absence de négociations autour de sa plateforme revendicative remise au gouvernement le 1er mai dernier, certains des douze (12) points qu’elle défendait ont connu des avancées significatives sous l’ancien gouvernement. Elle pointe du doigt certains ministres qu’elle juge personnellement responsables du gel actuel de plusieurs promesses  gouvernementales que la centrale syndicale considérait comme étant des acquis.

Pour illustrer son constat, la CDTN donne l’exemple des incidences financières dont, soutient-elle, le traitement et le paiement sont en souffrance avec l’arrêt des travaux du comité chargé du dossier, de même que l’opération des quinze milles (15.000) parcelles viabilisées et clôturées destinées aux travailleurs qui tarde à commencer du fait de la non mise à disposition des fonds nécessaires au lancement des travaux. La confédération syndicale cite aussi le rehaussement de l’âge de la retraite à soixante-cinq (65) ans pour les travailleurs qui le désirent qui tarde à se matérialiser car, le comité interministériel chargé des négociations n’a pas été mis en place par la partie gouvernementale.

A travers sa déclaration, la CDTN «met en garde» le gouvernement contre toute remise en cause des acquis des travailleurs et demande «la convocation dans les plus brefs délais de l’atelier, tel que promis par le premier ministre pour prendre en compte les observations des organisations syndicales sur l’avant-projet du statut général de la fonction publique de l’Etat ». Elle demande aussi le déblocage immédiat de l’inscription budgétaire pour le démarrage de l’opération des quinze milles (15.000) parcelles clôturées destinées aux travailleurs, la

reprise des travaux d’apurement des incidences financières et la poursuite du paiement «conformément aux différents protocoles d’accord signés avec les partenaires sociaux», de même que la convocation du comité interministériel chargé des négociations pour débattre des doléances soumises à l’occasion de la commémoration de la fête du travail le 1er mai dernier.

Après la déclaration, le secrétaire général de la Confédération démocratique des travailleurs du Niger, M. Idrissa Djibrilla a répondu aux questions des journalistes. Les échanges ont essentiellement porté sur le ton adopté dans la déclaration, sur le rehaussement de l’âge de la retraite à 65 ans et sur le climat syndical au Niger qui laisse croire à une guerre de tranchée entre centrales syndicales afin de s’assurer du leadership du mouvement. Le SG de la CDTN a balayé du revers de la main le constat qui voudrait que les centrales syndicales soient en confrontation. Il a expliqué que la lutte syndicale n’est pas menée contre un quelconque gouvernement ou syndicat. « La mission des syndicats est de lutter contre l’injustice et la précarité », a-t-il dit.

Sur la question du rehaussement de l’âge de la retraite pour les fonctionnaires qui le souhaitent, M. Idrissa Djibrilla a précisé que c’est une recommandation qui découle des conclusions du forum sur le travail. Cette demande, poursuit-il, permet d’harmoniser les différents statuts au sein la fonction publique du Niger. Une fois adopté et loin des idées reçues, a fait savoir le responsable syndical, il stimulera le recrutement des jeunes, maintiendra un personnel expérimenté pour l’encadrement et résoudra le sentiment d’injustice sociale né des différents départs à la retraite qui créent une inégalité parmi les citoyens.

Souleymane Yahaya(onep)