Installation du comité d’étude de l’Agence nationale d’enregistrement et d’identification des personnes (ANEI) : Vers la mise en place d’un système intégré de gestion de l’identification des personnes

Société
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Le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation M. Alkache Alhada a procédé hier matin à l’installation officielle du comité de suivi de l’étude de faisabilité de l’Agence Nationale d’Enregistrement et d’Identification (ANEI). Ce comité de suivi a pour mission de tenir des réunions périodiques de travail, suivre, évaluer et encadrer le travail qui sera effectué par le cabinet de consultants, recenser la documentation disponible et la mettre à la disposition des consultants, lire et amender les documents produits et soumis à leur appréciation dans les délais requis, participer aux différentes étapes de l’élaboration des documents, rendre compte de l’évolution des travaux et enfin remettre officiellement le rapport général de l’étude et les projets de textes au ministre de l’Intérieur et de la décentralisation. Ce processus est mené en collaboration avec le projet d’appui aux réfugiés et aux communautés d’accueil (PARCA).

Procédant à l’installation du Comité, M. Alkache Alhada a affirmé que l’identification formelle des personnes constitue un immense défi pour de nombreux pays en développement qui n’ont pas de système efficace leur permettant d’identifier l’ensemble de leur population. Or, elle est de nos jours une condition préalable au développement socioéconomique d’un pays. Sur le plan social, l’identification et l’enregistrement visent à établir l’identité propre de chaque personne physique afin de disposer d’information permettant la fourniture de services publics, sociaux et commerciaux avec le plus de facilités et le moins de marge d’erreurs possible. Et son intérêt dans la protection et l’assistance des plus vulnérables, a-t-il dit, n’est plus à démontrer dans le contexte d’insécurité de certaines zones du Niger. Sur le plan sécuritaire, a-t-il poursuivi, la mise en place d’un bon système d’identification et d’enregistrement, facilitera une gestion unique et concertée des identités et donc une lutte implacable contre la fraude documentaire, source de beaucoup de forfaiture.

Aussi, a ajouté le ministre Alhada, le développement de l’administration en ligne, la promotion de l’innovation dans les services publics et privés en ligne demeurent parmi les meilleurs produits à attendre de la mise en place d’un bon système d’identification. Pour le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, l’absence d’un tel système entrave la planification efficace des ressources publiques et la mise en œuvre de politiques et programmes pour l’inclusion et le bien-être sociale. Au Niger, l’analyse des sources d’identification a fait ressortir selon le ministre un manque d’interopérabilité de ces sources d’identification, aucune source n’a pu enregistrer toutes les personnes sur le territoire national, un ancrage institutionnel diversité de ces sources, la sécurité de stockage et la protection de ces données ne sont toujours pas garantie ; l’insuffisance et la multitude des textes juridiques qui encadrent ces enregistrements, la collecte manuelle de données. C’est pourquoi l’ensemble des intervenants dans l’identification et l’enregistrement des personnes au Niger, s’accordent sur l’intérêt de mettre en place un système intégré de gestion de l’identification des personnes. 

L’objectif principal de l’étude ainsi initiée par le gouvernement du Niger, a déclaré M. Alkache Alhada, est de définir une vision partagée pour l’enregistrement à l’état civil et l’identification des personnes physiques en lien avec la prestation d’une gamme de services. Il s’agit aussi de proposer des instruments juridiques ainsi qu’un arrangement institutionnel appropriés pour la création et la mise en place d’une agence dédiée qui s’inscrit dans la vision définie, de définir une méthodologie claire de conduite de la mission de cette agence assortie d’instruments techniques opérationnels appropriés, de proposer optionnellement des textes pour le fonctionnement de l’agence dédiée et un plan d’actions sur cinq ans et enfin proposer une stratégie de l’agence. Il a donc exhorté les membres à une participation active afin de permettre au Niger de se doter d’une Agence adaptée au contexte actuel dans le pays.

Intervenant à son tour, le coordonnateur adjoint du projet d’appui aux réfugiés et aux communautés d’accueils (PARCA) M. Sanoussi Malan Saidou a indiqué que la présente cérémonie est inscrite dans la composante 3 «Appui aux institutions nationales du projet PARCA». «L’importance que nous accordons à cette activité, nous a permis de conduire ce processus qui a duré longtemps et dont l’aboutissement aujourd’hui nous réjouit» a dit M. Sanoussi. En effet, il a expliqué que le PARCA appuie la mise en œuvre de l’ANEI. M. Sanoussi a enfin rassuré le ministre quant à l’engagement du PARCA à veiller à la mise en œuvre de ce projet.

 Rahila Tagou(onep)