La table de séance à l’ouverture des échanges
La journée mondiale contre la peine de mort, célébrée le 10 octobre de chaque année, mobilise la société civile pour soutenir l’appel à l’abolition universelle de la peine capitale. Dans ce sens, la Coalition nigérienne contre la peine de mort (CONICOPEM) a organisé une semaine de communication sur la sacralité de la personne humaine. Il s’agit aussi d’entretenir les participants sur les enjeux de l’abolition à travers l’adoption du nouveau projet de Code pénal et du Code de procédure pénale du Niger et sur les grandes lignes du rapport alternatif du Niger sur la peine de mort et la torture, à l’occasion du passage du Niger au 4è cycle d’Examen Périodique Universel 2026.
A l’ouverture de la séance d’information, le président de la Coalition nigérienne contre la peine de mort (CONICOPEM Niger), M. Garba Illou Almoctar, a, de prime abord, rappelé ce qu’est la peine de mort. Il a par la suite évoqué les efforts et initiatives entrepris par la coalition pour l’abolition de la peine de mort au Niger. Le président de la CONICOPEM s’est ensuite appesanti sur les avancées du Niger dans le processus de l’abolition de la peine de mort et de la torture. M. Garba Illou Almoctar d’affirmer que le Niger ayant ratifié l’ensemble des organes de traités des Nations Unies, continue de respecter les engagements nationaux et internationaux auxquels il a souscrit, malgré les soubresauts et tentatives de déstabilisation permanentes et hostiles au développement du pays. « Le Niger n’a procédé à aucune exécution depuis 1976, il n’a ni aboli la peine de mort, ni instauré de moratoire sur les exécutions », a-t-il souligné.
M. Garba Illou Almoctar a, par ailleurs, estimé qu’il est du devoir de la Coalition d’inciter les autorités actuelles à ratifier le deuxième protocole facultatif se rapportant au pacte international relatif aux droits civils et politiques visant à abolir la peine de mort. Le président de la CONICOPEM devait, par la suite, signaler qu’en 2025, les assises criminelles du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey ont prononcé six (6) condamnations à mort. Cette statistique, a-t-il dit, s’ajoute aux huit condamnés à mort de 2024. Face à cette situation inquiétante s’ajoutant au terrorisme, il a encouragé le pays à ne céder à aucune tentation de déstabilisation. M. Garba Illou Almoctar a également saisi l’opportunité pour demander au ministre de la justice de permettre aux OSC intervenant en milieu carcéral de reprendre leurs activités.
Outre cette demande, le président du CONICOPEM a également sollicité l’accès équitable à la justice et l’équité au bonheur du justiciable et du peuple nigérien. Le président de la CONICOPEM a rappelé ici que la « peine de mort ne protège personne ». Il a insisté sur la nécessité d’abolir cette sanction qui ne rime pas avec les réalités nigériennes. « Nous osons ainsi faire le plaidoyer auprès des autorités afin d’accélérer l’adoption des deux codes, à savoir le Code pénal et le Code de procédure pénale et la mise en place de l’Observatoire national des droits de l’homme et des libertés fondamentales », a-t-il martelé. Le président de la CONICOPEM a exhorté les participants à suivre avec attention les différentes communications afin de bien comprendre la portée et l’enjeu de la question.
Des communications animées par le substitut du procureur près le TGI Hors Classe de Niamey et le Directeur Général des Droits de l’Homme du Ministère de la Justice ont ainsi édifié les participants sur la nécessité de faire un bon plaidoyer afin d’accélérer l’adoption des deux codes et la mise en place de l’Observatoire national des droits de l’homme et des libertés fondamentales afin d’abolir définitivement la peine capitale au Niger.
Rahila Tagou (ONEP)
