La vente des moustiquaires et des produits anti-moustiques à Niamey :  Un business florissant pour les jeunes en cette période d’éclosion des larves

Société

Le paludisme est une maladie qui fait ravage dans notre pays surtout en ce mois d’Août où les pluies sont régulières.  La fréquence des patients dans les formations sanitaires montre à quel point le paludisme est un problème de santé publique. Bref, cette maladie sévit beaucoup sur le continent africain en général et surtout dans les pays  d’Afrique subsaharienne. Face à l’ampleur de la maladie, les politiques et l’organisation mondiale de la santé conseillent aux populations l’usage régulier des moustiquaires pour éviter au maximum d’être piqué spar les moustiques qui inoculent les parasites.

Les moustiquaires sont aujourd’hui à la portée de tout le monde parce qu’elles sont distribuées gratuitement dans les établissements sanitaires et en vente à vil prix dans quasiment tous les grands centres commerciaux.  A Niamey, les alentours du petit marché et le grand marché sont les endroits privilégiés par les vendeurs ambulants des moustiquaires imprégnées et autres produits de lutte contre les moustiques.  C’est un véritable business pour les vendeurs de ce moyen de protection. A longueur de la journée, il est fréquent d’observer aussi bien des bras valides ; des jeunes garçons que des hommes moyennement âgés qui arpentent la chaussée du goudron reliant les deux centres commerciaux (petit marché et grand marché) pour proposer aux passants des moustiquaires imprégnées et autres insecticides. Elhadj  Moussa, un vendeur grossiste de moustiquaires imprégnées  au grand marché, dispose d’une machine qui lui permet de confectionner les moustiquaires avant  leur mise en vente sur le marché. « J’ai développé ma propre entreprise dans ce domaine parce que je n’aime pas avoir des problèmes avec l’Etat. Beaucoup des gens pensent que ce sont les moustiquaires imprégnées que, l’Etat distribue gratuitement qui se retrouvent au marché. Je lance ma commande de la matière première (le tissu) à partir de l’extérieur pour procéder à la confection des moustiquaires », a-t-il martelé. Chez Elhadj Moussa, les moustiquaires sont vendues en gros, soit la douzaine à 9.500 F à 10.000 F.

M. Bello Issa,  un élève en classe de 1ère  D, profite chaque année des grandes vacances pour vendre des moustiquaires afin de préparer la nouvelle rentrée. L’activité lui permet d’acheter des habits et des fournitures scolaires. « J’achète les moustiquaires en gros chez les commerçants du Grand marché.  La douzaine de moustiquaires nous coûte 9500 F ou 10.000 F. Ce prix peut varier surtout lorsqu’on rentre dans la période du pic du paludisme. Je revends en détail à 750  ou 1000 F l’unité. En une journée, je peux vendre 3 à 4 douzaines surtout en cette période pluvieuse » a affirme Bello Issa.

« Notre seul problème reste le soupçon qui pèse sur cette activité.  Beaucoup des gens pensent que ce sont les moustiquaires imprégnées qu’on distribue gratuitement dans les formations sanitaires qui sont subtilisées pour se retrouver  en vente sur le marché. Les clients nous posent cfrémquemment la question », a relevé le jeune Bello avec un air de déception. 

Il lance  tout de même un appel aux élèves comme lui en particulier et à tous les jeunes en général de ne pas rester les bras croisés.  Le travail constitue le seul moyen pour un homme d’arracher sa liberté.

Les autres produits de lutte contre les moustiques sont aussi proposés à la population de Niamey. M. Habibou Zakari  est un vendeur  ambulant des insecticides aux alentours de l’ex petit marché de Niamey. Il commande ses produits du Nigeria. Parmi la panoplie de ces produits, on trouve de la pommade ; les liquides appelés en langue locale « pia pia » ; Rhaké (un produit anti-moustique dans une boite verte très efficace) et les parfums en tige. Les prix de cette gamme de produits varient  de 500 F à 1500 F.

 Mourtala Alhassane (Stagiaire)