Ceux qui, sous l’instigation des services américains et israéliens, voulaient la démocratie en Iran se cherchent aujourd’hui sous une pluie de bombes qui ne font pas de distinguo entre les pro-démocratie manipulés et les anti-régime des Mollahs.
L’Administration américaine et son allié israélien ne se soucient guerre des destructions et certainement pas des morts qu’ils provoquent. A ce jour plus 2 000 cibles seraient touchées par les frappes américano-israéliennes. Ces frappes ciblent à la fois des sites militaires et infrastructures stratégiques, mais aussi des bâtiments civils dont une école, la télévision publique iranienne et un hôpital. Toutes ces infrastructures ne sont pas inoccupées. Des iraniens y travaillent, certains y résident, d’autres y étaient allées solliciter un service au moment des frappes. A cela, il faut ajouter l’élimination systématique des élites politiques, militaires et intellectuelles iraniennes.
Cette stratégie du chaos ne vise ni plus ni moins qu’à créer les conditions pour installer au pouvoir ceux qui ont vendu leur âme à l’Oncle Sam. Il reste à savoir combien de temps cette guerre va prendre. Ce qui est sûr, c’est que l’Iran défendra jusqu’au bout ses terres, son histoire et sa dignité.
Trump, qui a dû confondre la guerre au spectacle du MMA, fait face à la triste réalité de la guerre. L’armada qu’il se plaisait à exhiber en spectacle médiatique n’a pas empêché à l’Iran d’infliger de lourds dégâts aux USA. Des intérêts américains dans le Golfe arabo-persique sont frappés par l’Iran : bases militaires, navales et aériennes, systèmes de communication, ambassades et consulats dans plusieurs pays du Golfe ont subi d’énormes dégâts, sans compter la mort de (06) soldats américains. Une situation qui a obligé les Etats Unis à évacuer des bases, à fermer des ambassades et consulats. Mieux encore, face aux incertitudes sur l’issue de cette guerre qu’ils ont déclenchée, les USA ont demandé à leurs ressortissants vivant dans une quinzaine des pays du Moyen Orient de les quitter. Comme à leurs habitudes, les Américains créent et installent le chaos et l’anarchie chez leurs alliés et n’hésitent à les abandonner dans ‘’la merde’’ (NDLR : terme emprunté à Trump, lorsqu’il qualifiait les pays africains de ‘’pays de merde’’). La Somalie, l’Afghanistan, et la Libye pour ne citer ceux-là, sont là pour témoigner de cette triste réputation des Etats Unis.
Comme si le chaos semé ne suffisait pas, Américains et Israéliens continuent d’inciter la population ‘’à prendre le pouvoir’’. Mais face à la témérité du régime iranien, les exportateurs de la démocratie par les bombes n’ont pas encore trouvé l’oiseau rare pour prendre le pouvoir sur les ruines du pays. Les gesticulations de quelques renégats entretenus par l’Occident comme Palavi ne convainquent pas Trump.
Quelle que soit l’issue de cette guerre, il est évident que l’Iran a fait tomber le mythe de l’invincibilité américaine vendu au monde entier par Hollywood. Des scénarios gravés dans la mémoire collective où les Yankees viennent en justiciers pour tout casser et repartir triomphalement victorieux. L’aventure au pays des Mollahs ne sera pas une promenade de santé à la vénézuélienne. Il faut d’ailleurs préciser que l’Iran ne se bat pas à arme égale. La République Islamique fait face à une coalition de deux puissances militaires et toute une galaxie de pays inféodés aux USA. Malgré cela, l’opération ‘’Epic fury’’ risque de se solder en ‘’Epic disillusionment’’.
En définitive, le cas iranien vient une fois encore démontrer que la démocratie ne peut jamais être décrétée ou imposée par les armes, fut-il par la plus grande armée du monde. Il faut que le peuple visé croie à cet idéal et que cet idéal soit en adéquation avec les valeurs du pays. Une leçon pour les nervis tropicaux du néocoloniasme français qui étaient tentés, on ne sait sous l’effet de quelle drogue, de ‘’rétablir par la force la démocratie’’ au Niger, selon leur expression.
Siradji Sanda (ONEP)
