Les ministres du Niger, de l’Algérie et du Nigéria réunis à Adrar ...
Le rêve d’un corridor gazier reliant le Nigeria à l’Europe à travers le Niger et l’Algérie est en train de prendre forme. En effet, les ministres en charge du Pétrole et des hydrocarbures du Niger, de l’Algérie et du Nigeria ont officiellement lancé le jeudi 04 juin 2026 dans la région d’Aoulef au cœur de la wilaya d’Adrar, les travaux de réalisation du tronçon algérien du Gazoduc Transsaharien (TSGP) marquant une étape historique dans la concrétisation de l’un des plus grands projets énergétiques du continent africain. Cette cérémonie présidée conjointement par le ministre d’État algérien des Hydrocarbures, M. Mohamed Arkab, le ministre nigérien du Pétrole, M. Hamadou Tini et le ministre d’État nigérian des Ressources pétrolières (Gaz), M. Ekperikpe Ekpo intervient au lendemain de la cinquième réunion ministérielle du Comité de pilotage du projet tenue à Alger.
Pour rappel, après plusieurs années d’études techniques, de négociations et de coordination entre les trois États, le projet entre désormais dans sa phase opérationnelle. Un tournant majeur qui traduit la volonté commune des dirigeants des trois pays de bâtir un partenariat énergétique solide au service du développement africain. « Une étape décisive pour l’intégration énergétique africaine », a déclaré M. Hamadou Tini. Pour lui, ce lancement constitue la démonstration que la coopération entre les trois pays dépasse désormais le stade des intentions. Il a ensuite salué le franchissement d’un cap décisif dans l’histoire du projet. « Le passage à la phase de réalisation représente une étape décisive dans le processus de concrétisation de l’un des plus grands projets énergétiques structurants à l’échelle continentale », a-t-il souligné.

M. Hamadou Tini devait appuyer que, le TSGP est bien plus qu’un gazoduc. Il constitue un instrument d’intégration régionale, de valorisation des ressources naturelles africaines et de transformation économique pour les générations futures. Selon lui, l’adoption des résultats de l’étude de faisabilité actualisée et l’entrée dans les phases exécutives traduisent la qualité des relations entre les trois États partenaires. C’est pourquoi, « l’avancement du projet témoigne du niveau de confiance, de coordination et d’engagement qui caractérise la coopération entre le Niger, l’Algérie et le Nigeria », a-t-il affirmé avant d’ajouter que le Niger, en tant que pays de transit stratégique jouera pleinement son rôle dans la réussite de cette infrastructure énergétique continentale.
Une vision africaine qui se matérialise
Pour le ministre algérien des Hydrocarbures, M. Mohamed Arkab, le lancement des travaux constitue l’illustration concrète d’une vision africaine portée depuis plusieurs années par les trois États. Devant les responsables de Sonatrach, de la NNPC nigériane, de la SONIDEP nigérienne, ainsi que de nombreux experts et cadres des trois pays, il a insisté sur la portée stratégique du projet. « Le TSGP incarne la volonté politique commune de l’Algérie, du Niger et du Nigeria de construire un partenariat énergétique africain exemplaire fondé sur l’intégration, la solidarité et les intérêts mutuels », a-t-il déclaré.
M. Mohamed Arkab a évoqué que le projet permettra non seulement d’acheminer le gaz naturel nigérian vers les marchés internationaux, mais également de renforcer les capacités de transport, de collecte et d’exportation du gaz produit dans les trois pays. Pour lui, le démarrage effectif des travaux constitue la meilleure preuve de la détermination des partenaires à faire aboutir ce chantier stratégique. « Aujourd’hui, nous passons des études et des projections à l’action concrète. Cette étape démontre que nos engagements communs se traduisent sur le terrain », a-t-il souligné.
Le ministre algérien a également mis en avant les importantes infrastructures gazières dont dispose l’Algérie, qui permettront d’assurer le transport, le traitement et l’exportation des volumes de gaz acheminés par le futur gazoduc.
Une nouvelle ère pour la coopération énergétique africaine
De son côté, le ministre nigérian des Ressources pétrolières (Gaz), M. Ekperikpe Ekpo a salué une avancée majeure pour le continent africain. Le ministre nigérian a dit que, le lancement des travaux confirme la pertinence de la vision partagée par les trois pays depuis plusieurs années. « L’adoption des conclusions de l’étude de faisabilité et le démarrage de la phase exécutive démontrent notre détermination commune à mener ce projet à son terme selon les meilleures normes techniques et économiques », a-t-il témoigné.
M. Ekperikpe Ekpo a souligné que le Nigeria dispose de l’une des plus importantes réserves gazières du continent et que le TSGP permettra de valoriser davantage ces ressources au bénéfice des économies africaines. Ainsi, le projet représente une opportunité exceptionnelle de renforcer la place de l’Afrique sur le marché mondial de l’énergie tout en créant des retombées économiques considérables pour les populations des trois pays partenaires.

Le Gazoduc Transsaharien est considéré comme l’un des plus grands projets énergétiques jamais conçus en Afrique. Il est Long de plus de 4 000 kilomètres, permettra de transporter entre 20 et 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel. Ce gaz pourra être exporté vers l’Europe et d’autres marchés internationaux grâce aux infrastructures de transport et aux terminaux déjà opérationnels.
Le projet permettra également de transporter les futures productions gazières développées au Niger ainsi que les volumes supplémentaires issus des bassins gaziers algériens, notamment celui d’Ahnet.
La coopération africaine peut produire des résultats
Au-delà de ses dimensions économiques et énergétiques, le lancement des travaux du tronçon algérien du TSGP porte une forte charge symbolique. Pendant longtemps, le projet a été perçu comme une ambition lointaine, freinée par les contraintes techniques, financières et géopolitiques. Aujourd’hui, la validation de l’étude de faisabilité, suivie du démarrage effectif des travaux, démontre que les trois pays ont réussi à transformer une vision commune en action concrète.
Les trois ministres ont unanimement insisté sur cette réalité que, le TSGP n’est plus un simple projet inscrit sur le papier. Il est désormais une infrastructure en cours de réalisation. Inscrit dans le cadre du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), le gazoduc devrait stimuler les investissements, créer des milliers d’emplois, renforcer la sécurité énergétique et accélérer l’intégration économique du continent.
A Aoulef dans le désert algérien, ce jeudi 04 juin 2026, ce n’est donc pas seulement un chantier qui a été lancé. C’est un message fort qui a été adressé à toute l’Afrique. Parce que, lorsque les États unissent leurs efforts autour d’une vision commune, les projets structurants peuvent devenir une réalité. Le Niger, l’Algérie et le Nigeria viennent ainsi d’apporter la preuve que la coopération africaine n’est pas un slogan, mais une force capable de bâtir des infrastructures stratégiques au service du développement du continent.
Seini Seydou Zakaria (ONEP)
